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  • : Xiberoland - ex CLP64
  • Xiberoland - ex CLP64
  • : Ce blog est celui d'un ex-correspondant local de presse des Pyrénées Atlantiques vivant en Soule, écrivaillon, gribouilleur et web-addict à ses heures. Mais surtout très casse-pieds...
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Un peu de pub perso...

 l'infection

"L'infection T1 : Contage",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

EN SOLDE! 9 euros, 378 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Patrice est tombé amoureux de Mathilde, une jeune femme qui vient d'arriver en Soule. Lui est tout sauf un Don Juan, mais il a plus d'un tour dans son sac, malgré les apparences...
Il va contourner ses défauts rédhibitoires grâce à Internet. Mais il va vite apprendre que tout se paie, en ce bas- monde.
Rencontré dans un monde virtuel en trois dimensions, un génie digital exauceur de voeux va se charger de le lui rappeler, en l'entraînant dans une spirale cauchemardesque sans fin...


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 mauvais-berger

"Mauvais berger!",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

10 euros, 90 pages, format A5

Le blog officiel du livre


Genre : tranche de vie

 

Résumé : Afin de s'installer en tant que berger, Etienne suit une formation agricole qui le conduit à effectuer des stages dans l'exploitation d'un berger éleveur en estives, dans les Pyrénées.
Mais petit à petit, le rêve de notre héros "néo-rural" s'émiette : les conditions de vie dans la bergerie sans confort sont difficiles, et le travail harassant est nullement reconnu.
Mais tout ceci ne serait rien sans les brimades de... la bergère!

 

Ce qu'en dit la presse :

 

Journal du Pays Basque, 12 avril 2008 : "(...) le style descriptif et le langage parfois cru donnent un ton réaliste à ce récit sans concession".

SudOuest, le 17 avril 2008 : "(...) un texte illustré par l'auteur lui-même, plein d'humour et d'autodérision (...)".

 

La Rébublique des Pyrénées, le 24 avril 2008 : "Une tranche de vie où toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant existés n'est pas fortuite..."

Magazine Vent d'Oc, septembre 2008 : "Une lecture qui se fait à la vitesse de la lumière, tant l'on veut savoir à quelle sauce sera mangé ce néo-rural!!!"


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DARK XIBEROA

 

18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 13:30

Si vous ne connaissez pas encore Thomas Ponté, retenez bien ce nom, car un jour, il sera célèbre. Thomas est venu aux éditions Astobelarra il y a trois ans avec son premier manuscrit intitulé "Les parties honteuses". Dès que je l'ai lu, j'ai su que cette histoire trash à souhait se déroulant à "Mon-Con-Sur-Glissière", nous allions la publier.
C'est bien simple : c'est le livre que j'aurais dû écrire, si j'avais eu du talent. 

Aujourd'hui, Thomas revient avec "Essences ordinaires", un nouveau roman avec une histoire sensiblement différente du premier opus, mais dans laquelle on reconnait bien la patte et l'humour noir de son auteur.

Cette fois-ci, exit la violence, le sang et les morts : on suit les tribulations d'un pauvre type qui se laisse flotter sur les eaux glauques de la désespérance jusqu'à ce qu'il finisse, dans les toutes dernières pages, par trouver sa rédemption.

(Merde, je vous ai spoilé! Mais non, je rigooOole!)

Ici, on oscille entre le road-trip et le récit introspectif psychédélique (sous influence de substances diverses) où l'ironie et la dérision sont toujours omniprésentes, mais avec cette fois-ci un happy ending inespéré qui fait qu'on se surprend à trouver que la vie est belle, finalement. Un chef d'oeuvre, je vous dis ! 

Figurez-vous qu'Astobelarra est une maison d'édition sympa ! Jusqu'à la date de sa sortie officielle (le 28 septembre 2016), elle vous propose d'acquérir ce grand roman en souscription à 11€ au lieu de 14€ (Si vous préférez envoyer un chèque, imprimez, remplissez et renvoyez-nous le bon de souscription ci-dessous).

Si j'étais vous, je profiterais de cette affaire... Ce faisant, non-seulement vous allez encourager l'auteur à poursuivre sa carrière d'écrivain, mais en plus, vous allez aider notre association a obtenir les finances nécessaires pour sortir cette merveille (et les suivantes) dans les meilleures conditions.
Donc merci à vous, et en attendant d'avoir enfin ce livre entre vos mains, je vous souhaite de bonnes vacances d'été ^^ 

 

 

 

Published by E.H.BOYER - dans COUP DE CHAPEAU!
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 10:50

Je vais vous raconter une petite histoire, qui date du début des anneés 90. A cette époque, j'étais gendarme auxiliaire à Saujon, en Charente Maritime, dans le cadre de mon service militaire obligatoire (voir ici et ici et ). J'aurais plein d'autres anecdotes à raconter sur cette période, tellement elle a été un tournant dans ma vie. Mais bon, ce sera pour une autre fois.

Cet épisode s'est déroulé un soir d'automne. J'étais affecté de patrouille de nuit avec le MDL-chef (Maréchal-Des-Logis-chef) Bertrand X. (affectueusement surnommé "Trambert" par les collègues). C'était une de ces nuits de pleine lune où on dirait que le commun des français moyens se donne le mot pour faire connerie sur connerie. C'était généralement lors de ces nuits qu'on avait une recrudescence d'appels pour viols, agressions et autres crises de paranoïa. C'est d'ailleurs depuis cette période que je suis intimement persuadé que la lune a un effet sur le comportement humain, qu'il soit physique ou entièrement psychologique...

Bref, ce soir-là, nous avions eu un certain nombre d'appels de civils et nous avions dû intervenir à plusieurs reprises. Nous étions fatigués. Or, le Centre Opérationnel de Gendarmerie (COG) nous a contacté une ultime fois aux alentours de minuit afin que nous nous rendions en pleine campagne, au secours d'une famille en plein divorce et dont le père, visiblement en crise de nerfs avait quitté le domicile à grands bruits, menaçant de revenir faire un carnage avec son fusil. J'avais 23 ans. La perspective de me retrouver face à un forcené armé en plein milieu de la nuit ne m'enchantait guère, mais bon... J'avais une mission. 

Nous sommes donc partis avec le Renault Trafic, "Trambert" et moi. Il nous a fallu une quarantaine de minutes pour arriver à destination. La maison de famille était située à une centaine de mètres au bout d'un chemin boueux à souhait, sur lequel mon chef n'avait pas eu coeur de s'engager. Il ne pleuvait pas, mais la couverture nuageuse épaisse, assortie du manque cruel de luminaires à cet endroit rendait l'atmosphère encore plus noire et poisseuse. Trambert avait coupé le moteur de la camionnette. Seules les diodes du tableau de bord éclairaient l'habitacle. Au fond du chemin, on distinguait une minuscule fenêtre éclairée.

Bon, Boyer, vous ne bougez pas d'ici, je vais voir sur place. J'emmène la radio. Au moindre problème, vous m'appelez.

Euh... OK chef...

ça va aller ? Ne vous inquiétez pas, il ne va rien se passer. 

J'ai esquissé un sourire en coin, gêné qu'il ait pu suspecter un début de trouille dans mon hésitation, et puis il est parti. Du coup, j'ai éteint le tableau de bord. Pas la peine de servir de cible si le fou revenait en douce. J'ai remonté les vitres assez haut, histoire de laisser passer un petit filet d'air dans l'habitacle sans trop m'exposer à une attaque surprise.

La silhouette de Trambert ne mit pas longtemps à être engloutie par la nuit. Je voyais à peine le faisceau de sa lampe se balancer au milieu du chemin. Il devait bien s'amuser à éviter les ornières et les flaques, dans ses petites chaussures basses en cuir réglementaires. Eh oui, car à l'époque, l'uniforme des gendarmes était tout sauf fonctionnel, comme celui qu'ils portent aujourd'hui. Finalement, je m'estimais chanceux de pouvoir rester tranquillement à l'abri dans le Trafic. Mais l'ennui de tarda pas. L'envie de fumer non plus. Un petit regard à droite, un petit regard à gauche, derrière aussi au cas où, et je me suis risqué à ouvrir ma porte, puis à descendre du véhicule... Il régnait un silence incroyable dans cette cambrouse charentaise. Pas un oiseau, pas un criquet, pas un seul battement d'aile de chauve-souris. De là où j'étais, il était impossible d'entendre le moindre son provenant de la maison. Trambert se serait fait trucider  à la petite cuiller que je ne l'aurais jamais su. Je tirais une cigarette de mon paquet de "Phimorons" et l'allumais. Le bruit de la braise que j'aspirais goulument me tirait du néant et me redonnait confiance.

Au bout de quelques minutes, j'entendis distinctement un bruit de pas lourd s'approcher sur le côté, suivi d'un long souffle fatigué. Il y avait aussi un genre de grincement sinistre, une genre de "groumpf-groumpf". Le mégot tomba de mes lèvres entrouvertes. Je sentais comme une main glacée autour de ma colonne vertébrale. J'avais la raie des fesses en sueur. Les mains tremblantes, je déclipsais mon Beretta et le sortis de son étui. J'enclenchais la culasse et mettais l'arme en joue vers le vide, là d'où semblait provenir le bruit qui se rapprochait inéxorablement. Je me voyais déjà égorgé dans ce cul de basse-fosse, les tripes à l'air. Un son que je ne reconnus pas sortit de mon gosier enrayé : 

Pas de geste brusque, c'est la gendarmerie. Montrez-vous, doucement !

Ridicule : on aurait dit un ado en mue. L'autre, imperturbable, continuait d'avancer. Je l'entendais souffler de plus en plus près. Le grincement m'évoquait le bruit de bottes en caoutchouc d'un paysan alcoolique s'enfonçant dans la gadoue à chaque pas. La panique m'étreignit. J'avais comme un réacteur nucléaire en surchauffe dans l'abdomen. 

Halte ou je fais feu ! (La phrase réglementaire à prononcer en sommation d'usage. On est censés le faire deux fois avant de tirer...). Le type n'obtempérait toujours pas.

Bordel ! 

Je gardais mon interlocuteur invisible en joue de ma bonne main, balayant l'air à droite et à gauche tout en tentant d'attraper, de la main gauche, la torche Maglite posée sur le tableau de bord du trafic. Je me disais que le forcené allait profiter de l'aubaine pour me sauter dessus avec son fusil de chasse et qu'il allait me faire deux beaux trous à la place des yeux... Je finis par saisir la lampe que je braquais illico dans la direction d'où venait le bruit, maintenant à quelques mètres de moi. Lorsque la lumière jaillit enfin, je découvris le monstre sanguinaire à quelques centimètres du fil de fer barbelé qui nous séparait. Il me regardait placidement, ruminant pour la énième fois je ne sais quel monceau d'herbe baveux et puant. Le flash de ma lampe se reflétait au fond de ses yeux vides, leur donnant un éclat verdâtre de cauchemar. Ma vessie faillit lâcher tout ce qu'elle contenait, mais tint bon, contre toute attente. Mon doigt ne se crispa pas sur la gachette. Seules mes lèvres se remirent à fonctionner :

Putain de saloperie de merde, j'ai eu la trouille de ma vie ! Espèce de connasse !

Soulagé, je respirais un grand coup. Je retirais mon index du pontet de l'automatique et appuyais frénétiquement sur la manette qui permettait d'escamotter le percuteur en toute sécurité. Puis je retirais le chargeur et actionnais la culasse de l'arme pour éjecter la cartouche logée dans le canon. Je le refis une deuxième fois, au cas où... (Sacro-saintes consignes de sécurité !)
J'avais failli coller un pruneau dans la tête d'un bovidé ! Bon sang mais quel idiot ! Un peu plus et je passais le restant de mon service militaire avec le doux sobriquet de "Mort aux vaches"...

Vexé de n'être qu'un petit froussard avec un pistolet, je remis tout en place puis rangeais le pétard dans son fourreau sur ma hanche droite et remontais dans le camion, que je pris soin de bien verrouiller, résolu à attendre le plus sereinement possible le retour de Trambert. 

Ce dernier revint d'un pas traînant un quart d'heure plus tard, clope au bec, sourire aux lèvres. 

Bon, tout va bien, ils se sont calmés... On peut aller se coucher. Tout s'est bien passé, ici ? 

Au poil, chef !

Je restais coi tout au long du trajet du retour. Je me suis évidemment bien gardé de lui raconter ce honteux épisode. D'ailleurs, personne à la brigade n'en a jamais rien su. On m'aurait retiré mon flingue illico et ça, il n'en était pas question.

Cela dit, cette petite histoire montre à quel point le fait de porter une arme peut être un poids, par moment... En fait, rétrospectivement, je m'aperçois que je n'aurais jamais pu être gendarme, justement à cause de ce poids. 

Published by E.H.BOYER - dans BITS OF MY LIFE
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22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 13:00

Depuis quelques temps, "sévit" en Soule une WebTV du nom de Xibero Telebista.

Xibero Telebista, c'est un peu l'aboutissement de ce que j'aurais voulu faire pour Euskobizia, il y a quelques années. Je suis très heureux que quelqu'un se soit donné les moyens d'aller au bout de l'idée.

Cela dit, en relisant certains articles de ce blog, je m'aperçois que cette chaîne est un peu son antithèse. Je veux dire par là que Philippe Etchegoyhen (photographe de la rue Victor Hugo à Mauléon et directeur de ce projet) s'attache à ne montrer essentiellement que les points positifs de la vallée, avec un oeil poétique, je dirais même presque "amoureux". Les reportages de son équipe (souvent axés sur la culture et le sport) sont très rafraichissants, souvent amusants et montrent une Soule vivante, pleine d'énergie et d'entrain. L'usage de la caméra sur drone permet par ailleurs de donner un point de vue inégalé sur les trésors extraordinaires de la vallée, ses villages encaissés, ses paysages magiques... Bref, rien à voir avec mon dossier photo "Dark Xiberoa", qui serait plutôt la poussière cachée sous le tapis de verdure par une femme de ménage pas très scrupuleuse... 

Mais moi aussi j'aime la Soule, à ma manière... Un peu comme un grand frère légèrement psychotique, adepte du comique de répétition et qui passerait son temps à cacher des mygales en plastique dans la chambre de sa petite soeur arachnophobe. Mais si : c'est une forme d'amour (un peu perverse, je vous l'accorde) ! ;-)

Alors oui, ça se sent bien que Philippe et son équipe aiment la Soule et veulent la porter vers le haut. Et c'est tout à leur honneur, car la Soule le mérite, vraiment. Je vous recommande donc chaudement leur chaîne sur Facebook, si vous avez besoin de baume au coeur, ou juste de prendre une décision concernant vos futures vacances.  

Le reportage suivant fait la part belle à Radio Mendililia, la radio souletine "francophone" qui fête ses 30 ans cet été. 

 

2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 22:23

Je viens de terminer la série Jordskott, qui passait ces dernières semaines sur Arte. Franchement, quand je lis les critiques des journalistes autorisés (c'est à dire les gens qui savent ce qui est bien pour vous), dès fois, je me dis qu'ils feraient mieux d'aller se faire enculer. Oui, je suis vulgaire et oui, si ça vous déplait, vous savez ce que vous avez à faire...

Jordskott, c'est cette série télévisée suédoise un peu barrée à base de policier et de fantastique qui parle d'enfants enlevés dans une forêt. Un mélange des genres subtil qui n'est pas sans me rappeler Twin Peaks. Vous avez remarqué? Je reviens toujours souvent à cette série... C'est comme qui dirait une obsession... Allez comprendre? 

En gros, c'est l'histoire d'Eva Thörnblad, une négociatrice de la police qui retourne dans son village d'origine pour enquêter sur la disparition d'un enfant, comme ce fut le cas pour sa fille 7 ans auparavant. Dès le premier épisode, on pense à l'oeuvre d'un psychopathe. Et puis très vite, des éléments fantastiques apparaissent. Joséphine, La fille d'Eva revient. Elle est mutique et semble atteinte d'une maladie étrange, inconnue. 

Au fur et à mesure des épisodes se greffent une galerie de personnages un peu bizarres, entre la rouquine douée d'une sorte de telékinésie, le gros flic aux yeux globuleux, dont on suppute qu'il sait des choses hors de la compréhension du commun des mortels, la vieille SDF et son caddie qui abrite des créatures hurlantes, le type louche qui semble obéir à des industriels locaux et qui tue... on ne sait quoi... on ne sait pourquoi...
Bref, On est bien dans un mystère dans lequel la forêt joue le rôle principal. 

Oui, car cette forêt suédoise dont les conifères craquent et dans laquelle flotte toujours un brouillard anxiogène assorti de nuées de moustiques semble abriter des créatures mythologiques en voie de disparition, qui luttent contre la destruction inéxorable de leur habitat naturel. Destruction orchestrée par l'homme cupide, qui a repéré un gisement d'argent dans le sous-sol caverneux et compte s'en mettre plein les poches, sans réfléchir aux conséquences de ses actes, comme d'habitude. 

Certains critiques de presse ont trouvé à y redire. Oui, il y a quelques longueurs. Oui, le mystère semble épais comme un litre d'huile de vidange usagée jusqu'aux 3 derniers épisodes (la série en compte 10). Oui on se demande souvent ce que foutent les personnages principaux. Oui on râle après des raccourcis scénaristiques un peu faciles... Mais à côté de ça, il y a les images, la musique, l'ambiance générale, et tout cela forme une entité unique et pourtant si proche de Twin Peaks, la série originelle par laquelle tout est venu. 

Vous l'avez compris : j'ai adoré ce feuilleton, malgré ses défauts, malgré ses incohérences, malgré les critiques. Pas seulement parce qu'il s'agit d'une métaphore écolo qui n'est pas sans me rappeller la mienne (ma trilogie L'infection), mais aussi parce qu'il me rappelle le pays où je vis depuis presque 20 an (Je viens de réaliser que dans quelques années, j'aurais vécu ici plus longtemps que dans ma terre natale) : la Soule. Cette saga m'a rappelé la forêt de des Arbailles et ses créatures mythologiques : Laminak, Basajaun et autres Tartalos (que je n'ai moi même jamais vus - et pour cause : elle n'existent pas!). Cela dit, on ressent quand même quelque chose en se baladant entre les arbres qui poussent sur la route d'Ahusky, pour moi, ça c'est indéniable. Je pense que ça n'a aucun rapport avec la magie ou les esprits mais plus avec la vie elle-même de ces arbres qui nous entourent. On ressent la vie dans les Arbailles...

Mais venant d'une "autre terre", je n'ai pas cette culture basque ancrée en moi. Je suis un étranger qui vient d'un pays qui a perdu ses légendes. En visionnant Jordskottj'ai revu ces hêtres rasés de frais pour le profit de l'industrie humaine. Et j'ai revu ses karst écrasés sans pitié par des machines tout-terrain obéissant au dieu du fric et du pétrole. Jordskott est une métaphore de ce qu'on vit en Soule. De ce qu'on vit tous, sans forcément en avoir conscience, peu importe où l'on habite sur cette merveilleuse planète... 

Regardez Jordskott... Ecoutez sa musique. Laissez-vous imprégner par son atmosphère. 

 

Published by E.H.BOYER
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 20:30

Les jeux sont faits! Enfin je ne crois pas qu'on puisse changer quoi que ce soit, maintenant (je parle de notre société). C'est du moins mon état d'esprit actuel. 

Je vais encore avoir l'air de râler, mais ça fait quand même des semaines qu'on nous casse les couilles avec l'arrivée de la télé HD et qu'on nous enfume avec des pubs et des reportages à foison : "han, si t'as pas le petit symbole HD quand tu vas sur Arte, ça veut dire que ton téléviseur n'est pas aux normes. Si tu veux continuer à recevoir la télévision, il faut que tu achètes un petit appareil qui va faire la conversion..."

Je n'aime pas ça : ça me donne l'impression de me trouver à l'horizon d'un trou noir, tandis que quelqu'un s'amuse à me pousser pour que je tombe dedans. Je trouve que ça ressemble un peu trop au dealer de crack qui t'offre (de force) ta première dose pour que tu deviennes un bon client, docile et dépendant. Dans les différents messages, on dirait qu'on ne nous laisse pas le choix : il TE FAUT la télé et TU DOIS mettre ton appareil en conformité. 

Or, à part quelques rares émissions dites "de découverte", je trouve que la programmation télévisuelle se rapproche de plus en plus du contenu malodorant d'une fosse septique bouchée.
J'ai déjà écrit mille fois (au moins) que ça m'insupportait de ne pas avoir vraiment la possibilité de choisir (étant donné qu'on paie la redevance télé). Mais les contenus se dégradent, et ça, c'est vérifiable, quantifiable. On nous abreuve d'émissions toutes plus médiocres et débilitantes les unes que les autres (Les marseillais, Les anges, The voice, Top chef, Retour au service militaire, L'amour est dans le pré, The bachelor, Pascal le grand frère... il y en a tant et tant que ça donne la nausée!!!), quant aux informations, elles sont le plus souvent vides et orientées (merci TF1, BFMTV, M6...). Et je ne parle pas des rediffusions de vieux films ou de téléfilms idiots qu'on a déjà vus et revus à s'en faire vomir ni des dangereux "documentaires" (dangereux car pris très au sérieux par Mr et Mme ToutLeMonde - si, si!) à la limite du complotisme sur les thèmes éculés des OVNIS, des météores géants ou des phénomènes paranormaux (sur RMC Découverte, entre autres)...

Notez bien que je n'ai rien contre les "divertissements", hein? Il y a quand même de bons trucs, parfois. Des séries originales, notamment. Mais globalement, la télé d'aujourd'hui n'éduque pas, n'enrichit pas. Elle fait tout le contraire et en "prime time" en plus : elle ment, elle abrutit, elle aliène, elle tue le dialogue et la famille. C'est une télé superficielle qui rend débile, raciste, sexiste, crédule. Une télé facile qui empêche de réfléchir, qui tue l'esprit critique et la volonté. Elle est le miroir d'une société désabusée en perdition, sans valeur, sans idéal et sans intérêt.
Et après, on se demande pourquoi rien ne va plus... La réponse, je vous la livre ici même : la télé d'aujourd'hui, C'EST DE LA MERDE EN TUBE (même plus cathodique, en plus!). J'ai pas d'autre mot.

Alors pourquoi essayer de nous refourguer la Haute Définition à tout prix? Comme dirait très justement @Francisdelo sur Twitter, la merde, qu'elle soit floue ou nette, ça reste de la bonne grosse matière fécale qui pue. 

Voilà pourquoi dans ma maison, il n'y a pas et il n'y aura pas - JAMAIS - de télévision.

EDIT 06/04/2016 : le plus drôle dans tout ça, vous savez, c'est qu'en passant toutes les chaînes en HD, le débit de celles qui l'étaient déjà a diminué, donc les images sont de moins bonnes qualité... CQFD

Published by E.H.BOYER
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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 19:45

J'aime la viande. Je l'ai toujours aimée. Toutes les viandes, même celle de cheval (que je ne mange plus depuis plus de 10 ans, parce qu'un cheval, c'est tellement plus que de la viande ^^ - marrant comme culturellement, on arrive à faire la différence entre un chien ou un chat ou un cochon d'inde, et un boeuf ou un poulet ou un putain de mouton).
On pourrait même dire que la viande sous toute ses formes fait partie intégrante de mon régime alimentaire. A tel point que mon ex-épouse - qui voulait réduire la consommation de viande de notre ménage et qui m'avait pour ce faire plus ou moins forcé à stopper le saucisson, le steak, le canard au profit de quinoa, boulgour et autres tofus répugnants - avait dû jeter l'éponge au bout de quelques mois. Car en vérité, il n'y a rien qui me fasse autant plaisir que d'aller déguster une bonne côte de boeuf de 500g bien juteuse chez Tintin (à Mauléon-Licharre, en Soule, province du Pays basque dans laquelle je rappelle à mes lecteurs que je vis), ou encore un méga steak tartare parfaitement assaisonné, préparé par le cuistot du Trinquet (à Oloron), le tout accompagné d'un gouleyant trois-quart de vin rouge.

Oui mais voilà. Pour faire une bonne viande, il faut d'abord tuer un animal. Et pour le tuer dans les règles d'hygiène imposées par les normes européennes et surtout le faire dans "le respect de l'animal" (les règles de l'art de tuer quoi), il faut un abattoir agréé. Et il faut des mecs payés à tuer et découper la bête, bien avant que les sucs poivrés qui s'écoulent de ce morceau d'onglet bien charnu revenu un aller-retour à la poêle ne viennent embaumer dans mon assiette. C'est comme ça : on ne fait pas d'omelette sans casser des œufs ; et la faim justifie les moyens...

Soyons honnêtes, pour une fois : que celui qui croyait que les tueurs en abattoir sont des gens délicats emplis de compassion envers les animaux (qui recommandent l'esprit de  chaque agneau au grand manitou avant de le saigner et qui l'étripent avec tendresse) aille se jeter immédiatement dans le gave. A commencer par Stéphane Le Foll, qui s'offusque et fait comme s'il ne savait pas... Il croyait quoi, le ministre de l'agriculture, sous son casque poivre et sel? Qu'un abattoir intercommunal, c'est mimi comme une agence matrimoniale? Et après, on traite les écologistes de bisounours? Mais même les gosses le savent, qu'un abattoir, c'est pas Disneyland!

Tuer, ce n'est JAMAIS propre. C'est un acte violent pour la bête qui se débat parce qu'elle sait, parce qu'elle sent qu'elle va crever dans d'atroces souffrances et violent pour l'homme qui l'égorge sans autre forme de procès. Et c'est JAMAIS facile, même si ça le devient techniquement parlant, avec le temps, avec l'expérience... Soyez sûrs que dans certains contextes, un honnête père de famille finit par banaliser la violence et perdre très vite son sens de la normalité et de la morale, ainsi que toute notion de respect pour la vie, toutes les vies. Croyez-en mon témoignage d'ancien ouvrier agricole!
J'ai l'air blasé quand j'écris ça, non? Mais en fait, je ne suis pas surpris. Quand les conditions sont réunies, quand l'exemple est montré, n'importe qui peut péter un câble et tomber dans l'extrême. Surtout quand en plus des caractéristiques déshumanisantes du job, la pression de l'encadrement et du rendement s'en mêlent... 

Ce qui m'amène à cette réflexion : clairement, là, les responsabilités sont partagées. Comment cela pourrait-il en être autrement? 
Car enfin, on ne me fera pas croire que dans cet abattoir (comme dans tous les autres qui ont été incriminés ces derniers mois), l'encadrement ne savait pas que le pistolet d'abattage ne permet pas de tuer l'animal sans le faire souffrir mais ne fait que l'étourdir, ce qui fait qu'il est égorgé vif et conscient de l'être. De même qu'on ne me fera pas croire que la direction ne savait pas que ses salariés entassaient plusieurs animaux paniqués dans une cage avant de les étourdir les uns à la suite des autres, pour aller encore plus vite. Les vidéos sont plus que parlantes sur ce point...
 Mais bon... Pas vu à la télé, pas pris!

BOURREAUX ET VICTIMES DANS LE MÊME PANIER

Mais la majorité des amateurs de viande cloisonne cet état de fait dans un coin de son cerveau. On se délecte de chair fondante et gouteuse à souhait tant qu'on ne voit pas les immondes images tournées en caméra cachée par L214. Or, la réalité, c'est celle-là, mec : avant, ton roti façon Orloff, c'était un petit veau qui caracolait joyeusement aux pieds de sa mère. Et ta tranche de gigot pascal bien saignante, ben c'était un agneau qui têtait vigoureusement et qui ne s'imaginait pas une seconde qu'on allait l'enlever, puis le malmener comme un sac à patates avant de l'écarteler vif. Car avant, c'était un être vivant, comme toi, comme moi. Oh, pas une lumière, hein? Peu de chances qu'il soit un jour capable d'inventer le fil à couper l'eau chaude, évidemment, mais enfin une vie quand même et qui ressentait des choses, fussent-elles très basiques. 

La sagesse populaire a coutume de dire qu'il n'y a pas de sot métier, mais il y a bien des boulots de merde. Je le sais : j'en ai commis ma part, en mon temps. Tuer en abattoir, ce n'est pas ce qu'on peut appeler une activité professionnelle épanouissante, sauf si on a autant de sensibilité que notre Francis Heaulme national, ce Dieu de l'opinel. Mais voilà : ça paie les factures. Et vue la demande (et l'offre) grandissante(s) de barbaque, il en FAUT un paquet de gens qui n'ont pas les moyens de se poser trop de questions d'éthique, pour exercer ce métier ingrat qui ne devrait être réservé qu'à des machines sans état d'âme...
La frontière entre l'être humain et le monstre est très ténue : il s'en faut de peu pour la traverser, parfois même sans en avoir réellement conscience... 

Reste que ce scandale, qui est du même niveau que celui de la viande de cheval dans les lasagnes au boeuf, constitue un coup dur pour la Soule. Si l'abattoir ferme, c'est une trentaine de personnes qui perdent leur job directement, mais aussi l'activité de centaines d'agriculteurs qui pâtira de sa disparition. Sans compter l'image négative que cette triste affaire va véhiculer dans l'inconscient collectif. Notre petite vallée enclavée n'avait vraiment pas besoin de ça...

Là, j'en vois plein qui se demandent où je veux en venir... 

Eh bien en fait, je ne sais pas trop moi même. Bien sûr que j'ai été choqué par les vidéos tournées dans l'abattoir de Mauléon-Licharre. Mais je ne suis pas dupe : c'est dans la nature humaine que de traiter les animaux (et très souvent ses semblables) comme quantité négligeable, comme du consommable, du corvéable à merci. Et les salariés qui se sont rendus coupables de ces maltraitances intolérables ne sont que les conséquences de notre société productiviste, le reflet négatif de ce que nous sommes tous plus ou moins, au fond : des hypocrites, des rois de la mauvaise foi, des sangsues qui transforment tout ce qu'elles touchent en cadavres et vident la terre qui les porte de ses ressources. Tout ça pour produire plus, faire plus de business et plus de pognon. C'est notre modèle socio-économique et nos habitudes qu'il faudrait revoir intégralement.
Si on voulait faire preuve d'humanité, pour une fois, nous qui nous croyons supérieurs au reste de la création, peut-être devrions-nous tout simplement arrêter de manger de la viande, et également arrêter d'esclavagiser des animaux et des hommes pour produire de l'Etorki ou des blousons en cuir en série... C'est pas comme si on ne savait pas remplacer les protéines animales par autre chose d'aussi nourrissant, ni comme si on n'avait pas la connaissance technologique suffisante pour créer une fibre synthétique capable de nous faire affronter les affres de l'hiver aussi bien que dans une doudoune en plumes d'oie, hein? 

Je dis ça alors que je ne sais même pas ce que je vais faire à manger ce soir... Tout ce boniment de branleur écolo alors qu'au frigo, il reste une bonne grosse part de ce succulent boeuf bourguignon cuisiné avec amour par ma compagne... Je vais quand même pas tout jeter parce que j'ai des scrupules, ce serait gâcher!

Mais demain j'arrête la viande...

Ou pas...

 

 

PS : pour vous montrer à quel point j'ai de la volonté, Après 6 mois d'abstinence, je reprends les commandes de mon compte Facebook! Et ça va envoyer du steak! ^^

4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 13:00

Peut-on vivre sans Facebook? Une question qui ne devrait même pas se poser mais qui fera sens pour ceux qui, comme moi, sont d'incorrigibles web-addicts
Depuis que je me suis créé mon profil (ce devait être en arrivant chez Immersive Lab, autour de septembre 2008), je n'ai eu de cesse que d'y publier, commenter, et batailler encore - en vain - sur mes sujets de prédilection ou tchatter avec des amis retrouvés, si bien que ma vie réelle ainsi que ma vie créative s'en sont trouvées diminuées. Logique : j'avais moins de temps et moins d'énergie à leur consacrer... 

En 2012, j'ai tenté un premier sevrage. Il n'aura duré qu'un mois, mais pendant ce mois-là, j'ai fait du sport, j'ai écrit, je suis sorti de devant mon écran, je me suis mieux occupé de mes enfants... Pourquoi juste un mois? Tout simplement parce que je venais de me faire larguer par mon ex et se fermer des portes - même virtuelles - n'était vraiment pas une bonne idée pour faciliter les rencontres. 
Fort de ce constat, je m'y suis remis et c'est plus ou moins grâce à Facebook que le premier contact a été pris avec ma compagne, presque un an plus tard. Donc tout n'est pas à jeter au feu avec Facebook... :-)

Cela dit, deux ans ont passé et j'ai l'impression d'avoir fait le tour de ce site-réseau. C'est vrai que c'est bien parce que ça permet de retrouver et garder le contact avec des amis qui vivent loin, c'est vrai que c'est parfois marrant de lire certaines publications (mais moins que certains comptes sur Twitter : Freud is alive, Jean Moundir, LANDEYves et Nain Portekoi en tête de mes favoris) et que c'est parfois un bon espace de travail collaboratif (notamment avec mes potes d'Astobelarra). Mais c'est aussi et surtout pénible (de lire tous ces commentaires décomplexés racistes, homophobes, sexistes ou les trois en même temps), envahissant (tous ces jeux à la con, ces images des Minions, ces citations de merde, ces pubs ciblées, ces tentatives de racolage, et toutes ces photos de gosses à faire saliver tous les pédophiles du net, etc.), chronophage (la timeline qui se renouvelle toutes les 10 secondes avec du nouveau contenu qu'il est TROP tentant de lire, évidemment...), et insupportable (de voir que dès qu'on "aime" un truc, toute la facebooksphere est au courant en temps réel, ou qu'une vieille photo oubliée revienne sur le devant de la scène juste parce qu'un ami l'a "likée", aussitôt "relikée" voire commentée par tous ceux qui ne l'avaient pas déjà vue)... Sans compter que Facebook est un instrument ultra efficace pour "stalker" (espionner, traquer, piéger, pourrir la vie de...) certains amis d'amis d'amis, qui ne sont pas forcément les nôtres. J'en connais qui sont passés maîtres en la matière... Je ne citerai pas de nom, mais ils se reconnaîtront.
Qu'ils aillent se faire enculer bien profond, d'ailleurs! <3 <3 <3

Bon, c'est un peu pareil avec Twitter, certes, mais l'avantage c'est que c'est sur 140 caractères seulement (enfin jusqu'à aujourd'hui...). Forcémment, on s'y dévoile moins!

Enfin voilà, le premier décembre dernier, j'ai décidé de fermer mon compte Facebook. Du moins l'ai-je mis en stand-by à durée indéterminée. J'ai quand même gardé ma page L'infection et ma page auteur (faut pas déconner, hein?) sur lesquelles je publie très sporadiquement. Une clôture temporaire qui fait marrer mes collègues puisqu'ils ont parié sur le temps que ça me prendrait de le réouvrir. Pour l'instant, après 3 mois et 4 jours, je tiens le choc, ne leur en déplaise. 

Aussi, puis-je le dire haut et fort : ON PEUT TOUT A FAIT VIVRE SANS FACEBOOK! Je suppose qu'on peut aussi survivre sans Twitter, sans LinkedIn, sans blog1 et blog2 et même sans connexion Internet, tout court, mais c'est plus compliqué, surtout quand on est rédacteur web de métier... ^^

Reste la question du jour à poser : combien d'années, de mois, de semaines, de jours Facebook durera-t-il encore? Quand on voit que la plupart des ados (dont les miens) sont actuellement en train de délaisser cette plateforme pour d'autres applicatifs comme Snapchat, il faut s'attendre à ne bientôt plus s'y retrouver qu'entre quadras, papis et mamies...
Un jour, Facebook risque d'être racheté par Badoo, si ça continue!

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 19:55

C'est amusant comme viennent les idées, parfois. Un rien suffit pour ouvrir les portes de la philosophie. Par exemple, récemment, j'ai cuisiné un poulet et des frites maison pour le dîner. Les trois gamins ont pris les blancs et une cuisse, et moi j'avais tellement la dalle que j'ai mangé tout le reste et même sucé la carcasse au cours du repas, devant leurs yeux incrédules.

- T'es un véritable Ogre, Etienne, m'a dit ma belle-fille, Alizée, écoeurée.

Oui, un "ogre", vous avez bien lu! Je suis en quelque sorte le Jeffrey Dahmer des gallinacées farcis aux gousses d'ail confites. Le Barb(ichett)e Bleue des Sot-l'y-Laisse bien juteux et tendres. Le Francis Heaulme des croupions croustillants et salés à point... C'est à peine si je ne casse pas les os (déjà complètement rongés - cartilage et tiraille inclus) avec mes dents pour en sucer la moelle, comme le cadavre zombifié de Rick Grimes (même s'il est encore vivant à l'heure où j'écris ces lignes - mais personne n'est dupe : sans spoiler, il finira forcément comme tous les autres à un moment donné)!

- Oui, tu sais, en certaines circonstances, je pense que je pourrais vous bouffer tous les trois! Et sans scrupule, en plus, surtout s'il s'agit de survivre.

Yeux ronds, échange de regards faussement semi-effrayés, incrédulité grandissante...
Jodie se lève de table, replace ses écouteurs sur ses oreilles et regagne sa chambre en secouant la tête. Elle préfère essayer de déchiffrer les ânonnements de Sia une énième fois plutôt que d'écouter déblatérer son grand débile de père...

De mon côté, je continue à jouer le jeu, sourire gras aux lèvres :

- Vous connaissez l'histoire des "survivants de la Cordillère des Andes"?

- Nan, c'est quoi, ça?

- Dans les années 70, un avion contenant 45 passagers s'est écrasé au sommet d'une chaîne de montagnes en Amérique du sud. Il y a eu des morts, des blessés, mais aussi des gens qui ont survécu sans blessure. Ils sont restés deux mois perdus là-haut, dans la neige. Le reste du monde croyait qu'ils étaient morts. Pour survivre et jusqu'à ce qu'on les retrouve, ils ont dû avoir recours au cannibalisme...

Déglutitions bruyantes, torsions bucales dégoutées... La dernière frite au Ketchup a du mal à passer dans le tuyau. Mais j'ai encore quelques bonnes cartes à allonger : 

- A l'époque, cette histoire d'anthropophagie avait choqué la population mondiale. Pour autant, ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Du temps de la ruée vers l'or, un groupe de pionniers - l'expédition Donner - bloqué dans la Sierra Nevada avait dû faire la même chose pour survivre. Sans parler de certaines tribus de Nouvelle Guinée ou de l'Amazonie, dont c'était plus ou moins la tradition... Mais rassurez-vous. Moi je ne vous mangerai pas sans raison. Uniquement si c'est une question de survie, et uniquement si vous êtes déjà morts. 

- T'es dégueulasse! Pire que je pensais en fait!

- Mais non, voyons! C'est rien de personnel! C'est juste du pur instinct de survie. Tu comprends bien que si j'ai le choix entre "vous enterrer dignement et mourir comme un con après", ou "vous bouffer et avoir ne serait-ce qu'un mince espoir de m'en sortir", y'aura pas photo! Tu ferais pareil. Tout le monde ferait pareil. Qui sait ce dont on serait capables dans les cas les plus extrêmes? 

- Je suis sûre que je ne ferai jamais un truc pareil! 

- Si tu le dis... En attendant, j'ai encore un peu faim. Si j'étais toi, je fermerais la porte de ma chambre à clé cette nuit, juste au cas où... Finis-je, frottant la lame dentelée de mon couteau contre ma fourchette, encore luisante de gras de poulet divinement cuit et salé...

- Papa... Louis lève les yeux au ciel. Il en a assez entendu pour la soirée, lui aussi! Il sort de table et part sans un mot lire "Maus", d'Art Spiegelman dans son lit. 
Je me sens dur, comme père : c'est vrai que c'est un peu chaud à leur âge, la philo...

Et vous, jusqu'où seriez vous prêts à aller, s'il le fallait? Pourriez-vous manger vos proches? Je vais être plus précis : pourriez-vous manger votre bébé, votre pépé, ou l'insupportable voisin avec sa musique de merde? Est-ce que vous arriveriez à surmonter cet acte? Parce que quand on est capable de dévorer le cadavre de son gamin pour sa propre survie, de quoi est-on capable de plus odieux? Que reste t-il de notre supposée humanité? Et dans le cas où la situation s'améliorerait, pourrait-on redevenir "civilisé"? 

Voilà, c'était la minute philosophique du professeur Boyer. Vous pouvez éteindre votre ordinateur et retourner vous abrutir devant les "Princes de l'Amour", "Chasseurs d'apparts" ou "Pawn Stars"...

(Me ferais bien une petite côte de boeuf, là...)

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 19:30

Hier, j'ai à nouveau piqué une crise de barreaux de chaise. Il m'en faut peu pour m'énerver, remarquez.

Cette fois-ci, je pestais contre le nouveau système de collecte de déchets en Soule, instauré de manière un petit peu unilatérale par la communauté de communes Xiberoa

En effet, Il y a deux trois systèmes de collecte de déchets : 

1) si vous avez la chance d'habiter en plein centre d'une des 8 plus grosses communes souletines (dont Mauléon), on vous a distribué deux poubelles personnelles (une à couvercle jaune pour le recyclable, une à couvercle vert pour les autres déchets hormis le verre) qui sont collectées hebdomadairement à jour fixe. Vous payerez à chaque prélèvement (levée) de votre poubelle à couvercle vert.

2) si vous habitez dans un bled (Ordiarp, pour en nommer un au hasard), pas de collecte : on parle alors d'apport volontaire dans une borne spécialement dédiée.
Il y a trois bornes différentes : la jaune, pour les déchets recyclables que vous aurez triés au préalable, la verte pour le verre, et la grosse boite en métal pour le tout-venant.
Vous pouvez jeter autant de boites de préservatifs ou de bouteilles de bière vides que vous voulez, il n'y a pas de traçage de vos "apports". A moins d'analyser vos empreintes digitales ou d'éventuelles traces d'ADN, personne ne saura jamais que vous êtes un baiseur invétéré ou que vous êtes alcoolique.
Par contre, chaque fois que vous voulez jeter vos sacs poubelle contenant vos ordures ménagères, vous devez utiliser le badge qu'on vous a fourni pour pouvoir ouvrir la boite en métal. C'est comme ça que la Communauté de Communes de Soule-Xiberoa (CCSX) calculera (à partir de l'an prochain) le montant de votre taxe d'ordures ménagères. 

3) Reste l'apport volontaire à la déchetterie. Quand elle est ouverte. C'est à dire pendant vos heures de travail. Quand vous ne pouvez pas vous y rendre... Bref...

Je suis dans le second cas : je dois badger pour jeter mes merdes. Le principe n'est pas stupide à la base. Au lieu d'être "solidaire" (tout le monde payait la même chose avant, en fonction du nombre de personnes déclarées au domicile et peu importe la quantité ramassée dans les conteneurs communs), le système est maintenant plus "juste". Je paie pour ce que je jette, à moi de réfléchir à ce que j'achète en amont si je veux baisser ma facture, point.
Le but du nouveau système est parait-il de faire des économies, car le précédent était soi-disant déficitaire... Et puis il y aurait une obligation liée à la Loi dite Grenelle 1. Admettons. 

Cela dit, hier, je pestais pour au moins deux très bonnes raisons : 

1) mon badge ne fonctionne pas sur toutes les bornes (et je ne suis pas le seul à qui ça arrive). Notamment sur celle qui est la plus proche de mon domicile. Je suis donc obligé de prendre ma voiture pour aller jeter mes poubelles dans la borne suivante, située à 6km dans le village voisin... On m'objectera que je pourrais y aller en vélo, que ça me ferait du bien au gras, tout ça... Le fait est que la géographie des lieux m'empêche dy aller à vélo.
Donc voiture, et ça, c'est dans le cas où la seconde poubelle n'est pas en panne ou pleine, elle aussi. Car dans ce cas, il faut que j'avance jusqu'à la prochaine borne, et ainsi de suite... Donc re-voiture... Re-gasoil... Re-microparticules = dans ton cul l'agenda 21 si cher au maire de Mauléon!

2) Je tombe souvent sur des poubelles défectueuses : soit elles sont pleines à craquer, soit quelqu'un a déposé un sac poubelle trop gros pour l'ouverture de la poubelle, ce qui fait que j'arrive quand même à badger, j'arrive à faire coulisser le tambour de la poubelle, mais il se bloque à mi chemin. Résultat : l'ordinateur a noté mon badgeage (il me sera donc facturé lorsque le système sera en place) et j'ai toujours mon sac poubelle sur les bras... Grrrr!

Il est où, là, le système plus "juste", plus incitatif, plus écolo? Je ne sais pas combien ce nouveau système a coûté à la communauté (conteneurs, maçonnerie, camions spécifiques, formation des agents...), mais franchement, il y a des failles importantes...
Même si je n'approuve absolument pas le geste, je comprends pourquoi les gens, excédés, laissent leurs sacs poubelles à côté de la borne, à la merci des animaux errants, et ce au risque de prendre une mémorable douille gendarmique de 400€!

Quand faudra vraiment raquer, ça sent bien les dépôts sauvages, tout ça... On vivra dans "Poubelles la vie"! Remarquez, peut-être que ça va attirer les touristes?

Je vais finir sur une note optimiste : si la CCSX ne facture pas encore les usagers, c'est sûrement pour procéder aux divers réglages des bugs dont je parle plus haut. J'espère... ^^

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 12:25

Ai-je besoin de le préciser? Je suis un geek doublé d'un grand gosse. Il n'y a pas si longtemps, je découvrais au hasard de ma timeline Twitter l'existence de la société Budsies (merci @gatobazka), basée en Floride. C'est une entreprise qui se propose de transformer vos gribouillis en peluches. J'ai parcouru un peu leur site, et j'ai senti le désir enfler en moi. Oui, exactement comme vous vous l'imaginez...

J'ai tout de suite pensé à mon "Canard-Punisher" (lire ici et  pour ceux qui ne suivent pas) et je n'ai pas hésité une seconde à commander le truc en quelques clics, le 2 décembre 2015.

Voici la description (in english, please) que je leur avais transmise : "Yellow duck with orange beak and flippers and white sharkyish teeth and angry look, wearing a Punisher TS and holding a minigun. Do not reproduce the smoke nor the shells on the floor, neither the grey background. If you need more views ot my Duck, there are plenty others here : https://picasaweb.google.com/105183921330904215122/Dessins"

J'ai reçu ma peluche lundi 1er février, soit presque deux mois plus tard. En tout, j'ai payé 114$, soit 107.94€, frais de port inclus. Rien de très excessif, si on considère que c'est une peluche que je suis le seul au monde à avoir... Elle est collector. Et à ce titre, elle vaut bien plus que ça!

Je trouve le rendu excellent, qualitativement parlant. Budsies n'a pas été radin : elle fait 40 cm de haut, les tissus employés sont très doux (essentiellement de la maille polaire et de la feutrine - un bébé pourrait le suçoter pendant des jours sans risque de s'étouffer), les finitions sont parfaites (le regard méchant, les dents du bec, etc.), même si c'est fabriqué en Chine (une petite pointe de honte m'envahit quand je pense aux petits enfants chinois - probablement abusés sexuellement par un contremaitre quinquagénaire pervers - qui ont assemblé le truc, mais elle s'est vite éclipsée par la joie de posséder cet incroyable doudou unique au monde) et même si le directeur artistique de Budsies n'a pas très bien interprété le logo du teeshirt ou la cartouchière de la mitrailleuse et qu'il a carrément oublié les plumes au cul du canard...

A sa décharge, je ne lui avais envoyé qu'une seule vue du personnage. Mais franchement, l'erreur est pardonnée. Je pense que pour un rendu encore plus réussi, il aurait fallu que je fournisse au moins 2 ou trois vues supplémentaires (en 3D), le profil droit et de dos, par exemple... Mais bon, aucun regret : mon "Duckisher", ou mon "Punishduck", comme vous voudrez, je le trouve très classe (surtout ne pas penser aux enfants chinois... surtout ne pas penser aux enfants chinois... Monde de merde... Là, ça y est : derniers scrupules cloisonnés)!
Il a rejoint Tooki sur mon bureau et fait presque des jaloux... Pas vrai David Castéra? 

Published by E.H.BOYER - dans COUP DE CHAPEAU!
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