Décidément, entre « monsieur » et « Cyclotor » qui me donnent accès à leurs bédéthèques respectives, j’ai de quoi lire en ce moment. Je viens à peine de terminer la saga de "Lone Wolf & Cub", que m’avait conseillé «
Pepelo Mirande » dans un billet précédent, mais il faudrait plusieurs jours pour décrire ce monument mieux et plus concis qu’il ne l’a fait lui même. Je vais donc faire ma feignasse et chroniquer
« Daredevil », qui dans un autre genre, est aussi une réussite.
Daredevil 14, « Le diable dans le block D ». Série « Marvel Knights », collection 100% Marvel, par Kevin Smith & Joe
Quesada, puis Brian Michale Bendis & Alex Maleev, puis divers auteurs, chez Panini Comics.
Genre : comic book plutôt pour adultes… 14 épisodes publiés en France à ce
jour.
Résumé : Matthew Murdock est avocat à la cour. Suite à un accident qu’il a eu
enfant, en voulant sauver d’un camion fou un vieillard qui traversait la rue, il est devenu aveugle. Une partie du contenu (radioactif) du camion évité de justesse s’est déversée dans ses yeux.
Matt ne voit plus, mais ses autres sens se sont développés au delà du naturel. Si bien qu’au final, il « voit » mieux -et plus- que ses concitoyens ! Dès lors, entraîné tel un gymnaste de haut
niveau, et rompu à toutes les techniques de combat rapproché, il a décidé de servir la justice sous ses deux facettes, celle de l’avocat respectable le jour, et celle -plus controversée- du
justicier masqué qui revêt son costume de diable rouge, la nuit venue…
Mais a New York, il est difficile de garder la tête sur les épaules lorsqu’on combat les caïds de la pègre et toute une panoplie de supervilains tous plus pourris les uns que les autres. Surtout
lorsque ceux-ci ont découvert votre secret, et l’utilisent pour mieux vous briser.
Après des années à lutter contre lui même, à essayer de se construire une vie entre le bien et le mal, voici que tout se détraque pour Matthew. Un méchant coup monté par un vilain de seconde zone
(mourant, mais désireux de finir en beauté) va le jeter subitement dans la fosse aux lions. Et au fil des 14 épisodes, le héros va tomber de Charybde en Scylla. A tel point qu’on se demande
quand, et comment il va bien pouvoir remonter la pente…
Le dernier épisode sorti en France à ce jour ne fait pas exception, puisque Matthew se retrouve enfermé à la super-prison de Riker’s Island, où il a envoyé la plupart de ses ennemis (dont Wilson
Fisk, Hammerhead, la tarentule noire, et le féroce Bullseye), pour une ultime épreuve en compagnie… Du Punisher !
Avis : Moi qui dans ma prime jeunesse, avait toujours considéré le «
Daredevil, l’intrépide » comme « Dard débile, gras du bide », il a bien fallu que je revienne sur mes préjugés, une fois de plus ! Globalement, la série originale des Marvel Knights éclaire les
héros de notre enfance sous un nouveau jour. C’est le cas pour le Punisher, qu’on a fait renaître de ses cendres pour l’occasion, mais aussi pour l'extraordinaire descente aux enfers de la tête à
corne aveugle de Hell’s Kitchen.
Scénarii et dessins sont plus matures que dans les comics des kiosques, même si on assiste comme toujours au sempiternel changement d’équipe créatrice au fil de ces épisodes, qui constituent
probablement la période la plus noire de la vie -pourtant habituellement assez sombre et dépressive- de Daredevil. On n’est jamais à court de rebondissements, de suspense, d’action, d’émotion, et
de psychologie.
Contrairement à la plupart des comics américains, Daredevil (sous le format Marvel Knights en particulier) est probablement un des seuls superhéros qui ne ressemble pas au final à un « abruti
immortel en collants ridicules », pour peu qu’on se prenne au jeu de ses aventures.
A redécouvrir, au moins pour rattrapper une image gâchée par l'un des plus mauvais films du style, avec "Batman et Robin", et "Spawn"!
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