L’accent : Dans une acception courante, l'accent est une particularité de diction d'un locuteur dans une langue donnée. Il est propre à
une région ou un milieu social et peut se caractériser par des altérations du débit, de la prononciation et de l'intonation. Il est aussi utilisé pour différencier des mots, des phrases et des
textes. (Source Wikipedia)
Depuis que j’ai quitté ma Charente natale, c’est à dire à mon arrivée à la fac de Bordeaux 3, en 1990, on ne cesse de me rabattre les
oreilles avec cette phrase sibylline : « Ah, t’es pas d’ici toi, ça s’entend ! ».
A noter : plus on descend vers le sud, et plus on aurait tendance à situer vos origines au nord du pays (d’ailleurs, d’une manière générale, tout ce qui est au nord de
Navarrenx, c’est le nord de la France pour les souletins…).
Ce qui est amusant, c’est que ni mon épouse ni moi même n’avons l’accent charentais (mais personne ne nous a jamais fait la remarque là bas...), et rien ne saurait trahir nos
origines, si ce n'est l’emploi occasionnel d’expressions typiques comme « être benaise », ou « passer la scince » (la serpillère, mais vu que –en ce qui me
concerne, du moins- je ne la passe pas souvent, je le dis pas souvent non plus !). Non, en réalité, nous n’avons pas d’accent particulier, si ce n’est celui qu’on entend à la télévision où à
la radio… On ne peut même pas nous accuser d’être parisiens (et pourtant…).
Ça fait déjà 10 ans révolus que nous somme en Soule. Et si l’on ajoute les 7 années à Bordeaux, on s’aperçoit que rien ne nous fera prendre l’accent chantant du Sud-Ouest. Jamais
nous ne roulerons les « rRr » à la souletine, jamais nous ne dirons « jeu vé cherché le paing ché mong voising » comme sur le "bassing d'Arcachong" (écriture phonétique).
Même le prof de Karaté de mon fils (qui a un humour très pince-sans-rire, que j'adore) a un jour osé un « je t’avais reconnu à ton accent pointu qui transparaît même dans
ton écriture » alors que je lui envoyais –incognito- un message sur msn messenger!
Pourtant, nos familles l’affirment à chaque fois que nous les voyons (c’est à dire pas souvent) : "vous prenez l’accent du coin !" Ce qui est certainement vrai
en ce qui concerne nos enfants, qui eux, prennent les tics de langage locaux à l’école ainsi qu’en classe bilingue (je pense que leur typique phrasé à l’envers vient de l’apprentissage de la
langue basque en grande partie).
Non, je ne serai pas de ceux qui affectent (mal en plus) un accent régional pour raisons d'intégration sociale! En ce qui me concerne, je le crie haut et fort : "Non ! Jamais !
Je veux garder mon autonomie, mon indépendance, mes racines ! Et si ça doit passer par mon accent plutôt que par ma culture ou ma langue, et bien ce sera comme ça ! "
Hasta siempre, no pasaran ! Y basta ya!
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