Mercredi 2 mai 2007, 21h00 : débat de l'entre deux tours entre les
deux candidats à la présidentielle. Je m'étais juré que je ne cèderai pas à l'envie de regarder ce réality show, mais finalement, ma véritable nature de français moyen avide de sensations
sordides a pris le dessus... J'ai regardé le débat! (sur TF1 en plus!) J'ai honte de le dire, mais la trash TV a eu raison de ma volonté! J'ai même poussé le vice jusqu'à commenter le
débat en direct (depuis la chambre 116 de l'hôtel Ibis dans la ZI Kergaradek, à deux pas de Brest), ci-dessous :
Nicolas Sarkozy commence gentiment. Ségolène Royal attaque sec dès le départ! On est loin de l'hystérie (presque suggérée par Nicolas Sarkozy en fin de débat), mais on a quand même une impression
d'agression caractérisée. "Qu'avez-vous fait pendant 5 ans?" : une question qui revient régulièrement au cours du duel organisé par les télévisions avides de rixes politichiennes. Pour
la candidate socialiste, avec Nicolas Sarkozy, "tout est possible, même le pire!" Et d'ailleurs, l'un de ses derniers traits confirmera cette pensée : "je crois qu'on vient
d'atteindre le summum de l'immoralité politique..." Elle joue d'impertinence, d'insolence, de féminisme exacerbé, et monopolise la parole. Mais son discours semble plein de bonnes
intentions sur tous les sujets.
Concernant l'environnement (sujet qui me parle au plus haut point), Ségolène Royal pense que le réchauffement planétaire causera le conflit mondial de demain. Elle veut faire de la France un pays
d'excellence écologique, favoriser "l'énergie propre", arrêter l'EPR. Elle trouve d'ailleurs -chiffres à l'appui- que Nicolas Sarkozy est très approximatif sur le sujet du Nucléaire.
Nicolas Sarkozy est comme son regard : de marbre. Il reste courtois, poli -voire galant- malgré les attaques, (en témoignent ces perles d'autodéfense pour la forme : "vous
n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante", et "c'est pas gentil de dire des choses comme ça", "ne me montrez pas du doigt comme ça!" La meilleure -bien cynique- pour la fin :
"Vous sortez de vos gonds avec une trop grande facilité madame. Président de la république est une métier avec de grosses responsabilités".), et ses justifications restent sinon
honnêtes, au moins assez crédibles. En surface du moins.
C'est un orateur né, il est fort, et il le sait. Il croît en ce qu'il dit (sur le moment du moins, c'est sûr!), même si l'on peut toujours douter qu'il fera tout ce qu'il annonce, si l'on tient
compte du bilan du gouvernement Chirac dans lequel il a officié à divers postes. Malgré son slogan "travailler plus pour gagner plus", il se paye le luxe de faire "dans le social"
de temps à autres, lui aussi. Malgré tout, on a tout de même une impression globale de favorisation des classes aisées dans le discours du chef de l'UMP. Bien tenté Nicolas, mais en ce qui me
concerne, c'est raté!
En tout cas, Ségolène Royal ne veut pas tomber dans le panneau, hausse le ton et ironise sur la "larme à l'oeil" employée par Nicolas
Sarkozy, lorsqu'il évoque le sujet de l'éducation des enfants handicapés.
La conclusion quasi-christique de l'ex-ministre de l'intérieur est tout
bonnement magnifique : à faire pleurer dans les chaumières! Ce type est un vrai killer. J'ai bien peur qu'il ne gagne les élections avec une telle couche de vernis dispensée avec un tel aplomb...
Celle de Ségolène Royal est aussi très bien préparée, mais un peu trop auto-flagellatoire et féminisante à mon goût. On le sait, Ségo, que t'es une femme qu'a des couilles! Même Sarko il le dit
(pas comme ça, mais ça y ressemble!)!
Au final, mon impression générale est que ce débat -de plus de deux heures et demi- est stérile (chacun s'arqueboutant sur ses positions, avec des attaques de personnes sans
véritable intérêt), exactement comme je pensais qu'il le serait avant qu'il ne commence. C'est juste un pugilat de plus, un jeu de "celui qui pissera le plus loin" qui va faire buzzer les
journalistes, et faire faire encore plus de pognon aux instituts de sondages.
Ma position est claire, c'est celle des Verts : je voterai Ségolène Royal, pas avec conviction, mais contre Nicolas Sarkozy. Et ceci sans aucune animosité envers Nicolas Sarkozy qui je le pense,
n'est pas le grand méchant loup potentiellement dangereux pour la France qu'on se complait à décrire à gauche. C'est juste un droitier de plus, sans surprises, fidèle à sa politique droitière en
décalage complet avec les aspirations du peuple, mais en tout cas -à mon sens- pas pire que les autres. Ce sera ma petite nuance personnelle par rapport à la ligne principale.
Par contre, Ségolène (si -par hasard- tu me lis), je te donne ma voix, mais si jamais tu parvenais à gagner, par pitié : garde ton drapeau tricolore! ça sera toujours ça d'économisé sur le
budget de la France!
Bienvenue, heureux lecteur de 




Ce matin, je suis allé distribuer le contrat écolo de Dominique Voynet et des Verts avec mon ami Laurent Caudine, au marché de Mauléon. Nous y avons rencontré Loulou Labadot et ses collègues qui eux, distribuaient pour Marie-Georges Buffet, la candidate antilibérale. Y'a pas à dire... Loulou, il sait y faire! Rares sont les gens qui osent lui refuser le tract en le regardant dans les yeux. Nous, on s'est pas mal fait rembarrer. Entre ceux qui nous ont sorti le poli "euh, non, non merci", ceux qui disaient "mouais, mais bof, ils sont tous pareils de toute façon" et ceux qui nous ont lancé un regard lourd comme un jour d'orage, on a préféré obter pour les essuie-glaces et les boites aux lettres, plutôt que pour l'affrontement direct!

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