A propos...

Bienvenue, heureux lecteur de correspondant-de-presse-64.over-blog.com. Plus qu'un simple CV détaillé, ce Blog vous permettra de pouvoir avoir accès à un large pannel d'articles et reportages en tout genre (écrits, radiophoniques, video...) ainsi que de dessins de presse réalisés par l'auteur (moi même, en l'occurence...), et publiés sur divers supports médias régionaux.  Une large section de ce blog comporte nombre de choses plus personnelles (illustrations, dessins, photo-montages, coup de gueules, expériences professionnelles, anecdotes, etc.) qui vous permettront de mieux cerner mon personnage, pour ceux que ça intéresse. 
Le but avoué de cet exercice de style : offrir mes services en Free-Lance, puisque je suis inscrit au registre des commerces (au départ bien malgré moi, il faut l'avouer) en tant que correspondant de presse, et/ou illustrateur. Autant profiter de l'aubaine!

Ce Blog a une autre fonction, celle de faire le point sur la profession (car ç'en est une), la condition et les réalités du Correspondant Local de Presse (CLP). Car bien trop souvent, le commun des mortels a la fâcheuse tendance à utiliser -à mauvais escient- le terme "journaliste", et à s'imaginer un salaire et des avantages mirifiques qui iraient avec!  
En outre, la vocation de ce blog, c'est d'essayer d'aider -toute personne désireuse de se lancer dans le monde des médias par la petite porte- à éviter les écueils inhérents à ce métier passionnant.

Bonne lecture et bon vent,

E.H.BOYER

Directeur de la publication de www.euskobizia.com, le webdo des basques d'ici et d'ailleurs...

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Mercredi 20 septembre 2006

Florence, une autre consoeur, m'avait envoyé le mail ci-dessous le 12 juillet dernier.

Je suis moi aussi CLP, et vient d'être contactée par L'URSSAF, je cherche donc des infos sur internet et 'tombe ' sur votre site - assez génial je dois le dire -, sur un autre je trouve 30.000 exploités ( pardon CLP en france ). S'il est vrai que ce ''travail? métier ? job? est sympa , même si difficile ( travail tard le soir, remplacement de journalites, pas de vacances, ni de weeks-ends car LA journaliste les prends tous!!) il est injuste de devoir être travailleur indépendant. Je viens de découvrir cela, car à aucun moment ( ni sur la pub du journal - recherche correspondants ) ni aprés il m'a été donné l'info (sinon je crois que j'aurai refusé ne sachant ou je mettais les pieds!!) j'ai dû achter un ordi (et me mettre à l'informatique) puis un appareil numérique aprés avoir acheté un argentique pour le boulot. Une simulation d'Urssaf me propose de payer 5200 euros pour l'an prochain avec un revenu déclaré de 5125 euros!!!!! je rêve ou j'me suis trompée !! je vous recontacte dés que j'ai un peu de temps. alors faut-il se syndiquer ?? bon courage.

 Je viens de recevoir la suite -édifiante- aujourd'hui! la voici sous vos yeux ébahis!

Je reviens vers vous aprés quelques péripéties que je vais vous conter. Coté Urssaf, c'est toujours un peu pareil , rien de neuf, j'ai fait un peu 'la morte' mais ils se réveillent de temps en temps. Coté journal, j'ai assuré tout le mois d'août le remplacement de la journaliste en place et début septembre, subitement, je faisait de moins en moins l'affaire......... La nouvelle journaliste se plaignant de ne pouvoir me joindre (lorsqu'elle est là je fais deux trois articles par semaine, je ne vais donc pas rester plantée à la maison dans l'attente d'un éventuel coup de fil)! Puis vendredi dernier vers 22h je reçois un MAIL du chef d'agence disant que je ne fais pas le maximum, et que de ce fait IL pense préférable que nous cessions toute collaboration!!! Depuis pas un coup de fil, ni autre mail, mais ce matin dans le journal "''ils"" recherchent une personne sachant écrire et prendre des photos, travail non salarié, mais rémunéré à la pige .... j'ai bien sûr consulté de nombreux sites internet (dans le passé) parlant de correspondants et de pigistes (ce qui ne semble pas être la même chose ) J'aimerais un avis - si je contacte le ministère ou l'inspection du travail ?? un avocat ??les organismes de télé?? Ou pourquoi pas courbet ?? (non, je vous en prie ne rigolez pas ) pensez vous que j'aille me jeter dans la gueule DES loups ?? qui tous se tiennent la main?? bon là j'avoue que je suis un peu dans l'expectative - qui est au courant de ce statut particulier qui est un peu hors la loi ?? embaucher des gens pour remplacer les congés maternité etc et les jeter quand on en as plus vraiment besoin, qui plus est sans jamais les avoir prévenu de ce statut un peu particulier (avant ils ne mettaient pas - non salarié - j'ai gardé tous mes articles et quelques recherche de correspondants , car ils en usent beaucoup..... en général au bout de six, sept ans comme moi, ils virent ............

Et voilà! Quand je vous dis que les sociétés de presse qui "emploient" des correspondants locaux de presse sont des grosses machines à pognon esclavagistes, je ne le dis pas en l'air! Ce mail est là pour le prouver. La réponse à Florence, maintenant : Je ne pense pas qu'un avocat réglera ton problème, dans le sens où la loi qui régit le statut du correspondant local de presse est tout ce qu'il y a de plus officielle et légale. Le CLP n'est en aucun cas lié à l'entreprise pour laquelle il pige. Il peut cesser d'écrire de lui même, comme le journal peut cesser de faire appel à ses services, sans qu'aucune poursuite ne puisse être engagée de part et d'autre. L'inspection du travail te riera au nez, quant à Julien Courbet, lui même étant journaliste professionnel, travaillant pour un organisme de presse télévisuel employant aussi des CLP, je doute sincèrement qu'il ait envie de mettre ce sujet tabou sur la table... M'enfin, qui ne tente rien n'a rien... Pour moi, la seule réponse à ton soucis c'est le syndicat. Si tous les CLP s'unissaient pour faire des actions d'éclat ponctuelles, ceci afin de renégocier ce statut d'intermittence de la presse, on pourrait peut-être espérer obtenir quelque chose...

La suite : un nouveau mail de Florence :

j'ai reçu hier matin, mon inscription d'office à l'Urssaf  et j'ai un joli numéro de siret  et un numéro de cotisant pour une profession de travailleur indépendant.

quelle profession, puisque je ne bosse plus ??
Je viens de regarder  de nouveau ton site, super et sans langue de bois ( Même  pas peur des représailles ?) et je vois que de nombreux CLP sont dans le même cas que moi. C'est vraiment dommage, car c'est un job sympa , trés trés trés peu payé bien sûr, mais sympa et qui au début conforte bien son égo.
 
Par contre il faut bien INFORMER les futurs CLP que ce travail est un travail indépendant, car personne, ni l'annonce presse, ni les dirigeants, à aucun moment ne le disent. Bon, maintenant avec Internet on peut s'informer, mais si l'on ne le sait pas on ne peut le deviner!!
 
je viens  donc ce matin alimenter ta rubrique, en t'annonçant que je suis taxée d'office et que je dois les charges sociales pour  les  années   2003- 2004-2005 et 2006   soit plus de 7.800 euros.
j'avoue que le moral est assez bas, et que je sais comment m'en sortir,  mes finances étant déjà bien basses avec les impôts de fin d'années.
j'avais pensé lancer un appel  au secours aux correspondants locaux, genre caisse noire qui pourrait servir aux uns et aux autres dans le bsoin et qui serait alimentée au gré de chacun CLP ou anciens moins dans le besoin. Mais c'est peut-être un peu compliqué à gérer pour toi!
bon je plaisante bien sûr, cela prouve que le moral n'est pas aussi bas que je le pense . Il est vrai qu' en général j'ai plutôt l'habitude de me battre  contre l'injustice pour les autres, alors je vais bien y arriver pour moi- non ?
a suivre

 

 

par E.H.BOYER publié dans : CLP : Correspondant Local de Presse
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Lundi 18 septembre 2006

Aujourd'hui, j'ai reçu un mail d'une consoeur qui énonce une vérité que j'aurais un peu tendance à oublier par ces temps de colère... La voici, histoire de remettre les pendules à l'heure!

Cela fait presque 2 mois que je suis CLP et me voilà héritière de 2 communes voisines de la mienne. Je trouve le boulot sympa dans le sens où il m'ouvre sur un tas de perspectives professionnelles qui ne se seraient pas présentées à moi sans ça.
Conclusion de ces 2 premiers mois : au lieu d'attendre quelque chose de l'ANPE les chômeurs qui en ont les moyens devraient postuler pour le canard du coin : le réseau, il n'y a que ça de vrai !
Pourvu que l'enthousiasme ne s'envole pas ;-)
A bientôt.

Chère consoeur. Je ne peux que m'incliner face à ta sagesse et ton positivisme, ceci sans ironie, cela va de soi... Il y a du vrai dans ce que tu dis, dans le sens où c'est le réseau qui te permet de rencontrer du monde et d'être connu. Voire reconnu... C'est grâce au réseau -que j'ai pénétré en 2001 par le biais de la radio locale francophone Mendililia- que j'ai accédé à ce poste de correspondant local de presse. Et c'est aussi grâce à ce job que je n'ai jamais été au chômage en Soule (ni de ma vie, d'ailleurs...). Et ça, pour quelqu'un qui n'a aucun diplôme (à part un vieux bac littéraire des familles), et qui ne sait rien faire de ses dix doigts ou presque, c'est carrément un exploit!
Là où je tique, c'est lorsque tu prétends que les chômeurs (qui sont capables d'écrire et de faire des photos s'entend) devraient postuler pour la PQR locale, histoire de sortir du marasme. D'abord parce que CLP, comme je me tue à le dire sur cet auguste blog, ça ne paie pas! C'est tout juste un appoint pour arrondir les fins de mois, mais cette profession seule n'est surtout pas à considérer comme un travail suffisament rémunérateur pour vivre, même pour une personne sans famille à nourrir, et qui n'est pas habituée à vivre dans "le luxe".  CLP, c'est surtout un job qu'on fait parce qu'on aime ça.
Alors un tremplin, oui, mais il faut aussi savoir se sortir les doigts du cul très vite, et chercher un autre travail plus motivant, pécunièrement parlant, quitte à se forcer à rabaisser son standing et à taper dans l'alimentaire. Je sais, c'est moche, mais j'en ai fait la triste expérience.

par E.H.BOYER publié dans : CLP : Correspondant Local de Presse
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Jeudi 7 septembre 2006

J'aime beaucoup Marcel Bedaxagar, mon collègue journaliste de Sud-Ouest. C'est un gars honnête, sérieux, travailleur (il ne compte pas ses heures), intelligent et sympathique. Mais, car il y a un mais... Comme tous les êtres humains, il lui arrive de partir en couille dans certains cas bien précis. Ce qu'il ne supporte pas, Marcel, c'est que la page Soule de l'édition 12 B du quotidien régional Sud-Ouest soit vide! Je le comprends, parce que ça m'énerve aussi. Mais bon. Je fais ce que je peux, je ne suis pas un boeuf!
Donc Marcel a pour point d'honneur de ne jamais laisser cette page vide. C'est vrai que la page Soule sans articles, c'est triste, et certains lecteurs ironiques ne manquent jamais de mettre le doigt sur nos manquements, que ce soit lorsque nous avons écorché la langue basque (ou la langue française, même si les coquilles ne sont pratiquement jamais faites par nous, mais par les journalistes qui recopient "bêtement" nos textes et échangent ou raccourcissent nos photos), ou que nous ayons écrit une connerie grosse comme nous (ça peut arriver...).

Bref, dans ces moments (quand même rares) où la page Soule est quasiment inexistante, Marcel enrage, et oublie (presque) que nous ne sommes, Christophe (de Prada) et moi... Que de pauvres petites sous-merdes de correspondants locaux de presse!

Voici (en bleu ci-dessous) un extrait du dernier mail que je lui ai envoyé aujourd'hui. Ce n'est pas après Marcel que j'en ai, mais plutôt après son employeur. Et aussi après les lecteurs qui râlent à demi mot, mais ne veulent surtout pas se mouiller en écrivant des lettres incendiaires -méritées- à la rédaction :

- C'est bien. Grâce au journal d'aujourd'hui, tu as pu avoir un petit aperçu de ce que j'affirme à longueur de temps : "pas de correspondant local, pas de journal!" On est plus nombreux que les journalistes d'active, c'est nous qui remplissons les colonnes, et les économies que le groupe Sud-Ouest (ou d'autres sociétés de presse) réalise(nt) en nous payant à la fronde servent à payer vos salaires qui sont déjà deux fois plus élevés que ce que je gagne à l'usine (et chez Sud-Ouest cumulé) en travaillant à la sueur de mon front. Tu trouves ça normal, toi? En tout cas, c'est loin d'être ma conception de la justice, de l'honnêteté et de l'égalité! 
 

Enfin, n'oublie pas que comme nous ne sommes pas salariés, nous ne pouvons être tenus pour "responsables" de la page Soule. Nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens du bords et le temps dont on dispose. Si ça ne plait pas aux lecteurs, qu'il se plaignent à la rédaction. Et s'ils ne le font pas, c'est que ça leur convient comme ça, et n'ont qu'à fermer leur grande gueule!

Entre parenthèses, la rédaction a bien su envoyer un étudiant-journaliste pour te remplacer l'an dernier en septembre, alors qu'on aurait très bien pu faire sans. Et cette année qu'il y aurait des besoins, faut qu'on se démerde! C'est un peu facile de nous responsabiliser sans nous donner (ou carrément en revoyant à la baisse) les moyens (financiers) qui vont avec.

Tout ça pour te dire que je ne ferai pas plus que ce que je ne fais déjà, et que ce serait même la tendance inverse qui se profile à l'horizon... ça va faire 5 ans en octobre que je trime pour ce journal qui ne fait aucun effort pour garder ses correspondants locaux, et cinq ans que je vois mes revenus, et ma vie de famille diminuer de mois en mois. Quand je pense que JJ Nicomette (rédacteur en chef de l'édition Béarn et soule, ndEHB) était venu me recruter avec de la monnaie de singe en 2001!!! Je ne les ai pas vus longtemps les 4500 balles par mois promis à Gilles Choury (ancien correspondant local de presse de Sud-Ouest qui a basculé du côté obscur de la force en quittant le sérail pour rejoindre l'ennemi : le Journal du Pays Basque, ndEHB) pour qu'il reste! Et je ne l'ai jamais vue, l'aide que PM Cortella (chef du service des correspondants à Bordeaux, ndEHB) m'a promise pour remonter mes finances suite à mes déboires avec l'Urssaf en 2003. Et dois-je te rappeler qu'en août 2002, je n'ai pas reçu l'intégralité de mes honoraires (de 16 000 francs, quand même) pour t'avoir remplacé en Soule et à Oloron en même temps pendant un mois? Tiens, c'est marrant, mais les 6000 francs qui manquaient m'auraient permis de payer l'Urssaf! Drôle de coïncidence...
"Hitza hitz", (La parole est la parole, ndEHB) un proverbe basque plein de sens que visiblement Sud Ouest ne comprend ni n'applique!
 
Le pompon : cette année, j'ai même été obligé de retourner bosser à plein temps à l'usine pour pouvoir payer les traites de ma maison. Ce n'aurait pas été le cas si SO avait joué le jeu. J'aurais pu rester chez Michel à faire un boulot moins crevant et plus gratifiant (moralement parlant), même si entre le PDG et moi, ce n'était pas le grand amour.

Ah, il ne faut pas que j'attende "grand chose" du journal? N'attendez plus "grand chose" de moi!
Désolé d'en venir à de telles extrêmités, mais dorénavant, entre Sud-Ouest et moi, ce sera donnant/donnant. Il m'a fallu 5 ans de foutage de gueule pour le comprendre.

Tu peux faire suivre ce message si tu veux. Tu as ma bénédiction. De toute façon, ça ne servira à rien. Ce que je dis ici avec plus de virulence que d'habitude, je l'ai déjà envoyé en long en large et en travers aux intéressés, et c'est resté lettre morte...

Voilà. J'avais treize ans lorsque j'ai visité les ateliers de Sud-Ouest, rue de Cheverus à Bordeaux. J'y suis retourné quand j'en avais 16, et j'ai rêvé de toute mes forces qu'un jour, j'écrirais pour ce canard. Le rêve a fini par devenir réalité (j'y suis entré par la toute petite porte), mais la réalité a fini par me ratrapper : et elle est drôlement moins belle que ce songe naïf de mon adolescence boutonneuse...
A méditer soigneusement!
par E.H.BOYER publié dans : CLP : Correspondant Local de Presse
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Jeudi 3 août 2006

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités", c'est la phrase fétiche de Peter Parker, alias Spiderman. En laissant partir un cambrioleur, alors qu'il avait les moyens de l'arrêter, il est devenu responsable de la mort de son oncle, et c'est ce qui a fait de lui le justicier qu'on connait...
Pourquoi cette introduction gâteuse? Pas parce que j'aime Spiderman (ce qui est un fait), mais parce que la maxime du super heros s'applique aussi à la profession de correspondant local de presse!
Je m'en suis rendu compte -pas plus tard que cette semaine- en discutant avec mon conseiller général bien aimé!

L'an dernier, nous avons lancé le dessin de la semaine sur Euskobizia. A l'image de presque tous les supports médiatiques papier, c'est le petit moment de dérision mettant en scène l'actualité locale et ses protagonnistes. Pour une majorité de nos lecteurs et nous même, c'est une franche rigolade, et nous avons constaté que le nombre de connexions augmentait de façon exponentielle à chaque nouvelle publication. A tel point qu'à la fin de l'année, nous avons décidé d'en faire un cédérom qui s'est assez bien vendu!
Bref, ça plait, mais pas à tout le monde, visiblement... L'humour, c'est très subjectif : ce qui fait rire les uns n'est pas forcément rigolo dans l'absolu! Mon conseiller général (qu'on n'a pas raté l'an dernier, voir ici, et ici aussi) me l'a assez rabaché lundi soir! Son discours allait dans ce sens :

- Moi je m'en fous, personnellement. Je ne vais plus sur ton site... Mes enfants, si! Alors tu sembles bien t'amuser, mais tu devrais réfléchir à ce que tu fais. J'accepte la critique, mais tu devrais penser à la famille des gens que tu croques! C'est eux que tu blesses! Et moi, si on touche à mon coccon familial, ça me rend méchant.

Oup's! Quelque part, il a raison le bougre! C'est vrai que lorsqu'on élabore le dessin de la semaine, on ne pense pas particulièrement à l'entourage, et ce même si on essaye de ne jamais être "trop méchant" avec les gens.
Il ne faut pas croire que les membres d'Euskobizia utilisent le dessin de la semaine pour régler leurs  comptes personnels. Nous savons dissocier notre vie privée de notre outil de travail, et faisons en sorte que chacun soit logé à la même enseigne. La secrétaire du PS de Soule, le conseiller juridique de la CGT, le député de la circonscription, les gendarmes, le sous-préfet, le président de la communauté de communes, le Rallye des Cimes, le maire de Mauléon, les industriels de Soule, les doux rêveurs locaux, ou nous même, tout le monde y passera un jour ou l'autre, sans favoritisme... Nos petites attaques suivent juste les faits d'actualité. 
D'un autre côté, le conseiller général du canton est un personnage publique, qui, même s'il n'est pas aussi célèbre que Jacques Chirac ou Ségolène Royal, s'expose -par ses actes et sa personnalité- à la critique, aussi petit soit son niveau dans l'échelle de la politique... Voici sa réponse à cet argument :

- Toi aussi tu es un personnage publique! Mets toi à ma place : imagine que je fasse un dessin de toi sur la passerelle d'Holzarte en écrivant "qu'avec un gros con pareil, c'est sûr que ça va craquer", comment le prendrais-tu? Est-ce que tu te remets en question, des fois?
Par ailleurs, je ne comprends pas comment tu peux ridiculiser ton patron alors que tu manges grâce à lui!
Tu dessines bien, mais votre truc est loin d'avoir le niveau du Canard Enchaîné!

- Bon, d'abord, je ne suis pas un personnage publique au sens propre du terme. Les 3/4 des gens qui me lisent et rient de mes oeuvres pseudo artistiques ne me connaissent pas, ni physiquement, ni moralement. Je suis un "anonyme" de la petite presse, rien de plus. 
- La différence entre l'exemple du conseiller général et nos dessins, c'est que si nous "flirtons avec la calomnie" (comme il me l'a affirmé auparavant), nous ne sommes jamais insultants, ni grossiers. Et puis, je précise qu'un dessin caricatural d'Euskobizia n'est pas calomniateur! C'est seulement une caricature, qui, même si elle n'a pas le niveau de celles d'Iturria ou des guignols de l'info, n'est qu'une satire du pouvoir en place, qu'il soit politique, industriel, culturel, ou sportif. Rien de plus.  Heureusement que Chirac ne porte pas plainte tous les jours contre Canal +!
- Non, la véritable différence entre les gros organismes de presse et nous, c'est que chez nous, en Soule, les gens ne sont pas habitués à dégringoler de leur piédestal en public. Mais si on regarde bien, la caricature, outre de faire de la pub, rend les gens qui en sont "victimes" plus humains, plus sympathiques que la perception qu'on pourrait avoir d'eux dans la vie réelle!

Deuxième argument : Oui, je me remet en question chaque jour que Dieu (ou quelque chose d'approchant) fait. Chaque minute, chaque seconde, je me demande si ce que je fais est bien. C'est très lourd à vivre. J'ai une conscience et un sens du tact démesurés... Je fais très attention au langage que j'emploie. Pas spécifiquement en cas de retombée judiciaire, mais tout simplement pour ménager les susceptibilités.
- Mon patron, il est aussi homme publique puisque politicien local. C'est dans ce cadre que je me permet de le caricaturer. Il ne faut pas tout mélanger! Je refuse qu'on m'amalgame comme ça! (lire ou relire cet article)
- Contrairement à certains, la critique ne me fait pas peur : j'ai des arguments pour me défendre, et je me fiche de savoir ce que les gens pensent de moi. Qu'ils continuent donc à me trouver gros, limité, ou sans intérêt si ça leur chante. J'ai dépassé le cap de la vexation pour si peu depuis euh... Le lycée, au moins! Par contre, si on m'insulte ou me menace (ma famille ou moi même) en privé comme en public, j'utiliserais les outils de la république pour que justice soit rendue et préjudice indemnisé. A mon humble avis, si les gens qui se sont sentis "harcelés" par mes pinceaux (et les petites phrases qui vont avec) ne l'ont pas fait eux même, ce n'est pas par pitié : c'est qu'il étaient sûrs de perdre...

Troisième et dernier argument : Non, on n'est pas au niveau du Canard Enchaîné, et on s'en félicite : de toute manière, on ne cherche pas à l'être, et Euskobizia n'a rien de commun avec ce journal satirique! Nous ne sommes pas Astapito non plus! Pourtant, ce fanzine underground souletin est mille fois plus provocateur et méchant que nos pauvres petites pichenettes!
- Nous, nous faisons de la micro locale, dans un style journalistique qui n'a rien à envier à celui de "Sud-Ouest", ou de "la République des Pyrénées" (et pour cause!). Les seuls moments où nous nous permettons de donner une opinion tranchée, c'est dans le cadre de l'édito, de la rubrique humeur "Batxugaitz", ou du dessin de la semaine!

Conclusion : Je m'excuse d'avoir "fait souffrir" la famille du conseiller général, et toutes celles des gens que j'ai croqués. Je m'efforcerai à l'avenir de prendre cette dimension en compte. Mais qu'on se rassure, dès que l'occasion le permettra, mon ami conseiller général y aura droit! C'est  dans la juste nature des choses, et surtout dans la mienne...
Sans rancune!

par E.H.BOYER publié dans : CLP : Correspondant Local de Presse
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Lundi 31 juillet 2006

Voici une correspondance que je viens d'avoir avec "Lili", qui va se jeter dans le petit monde des correspondant locaux de presse. Mon blog "briseur de rêves" l'a interpelée. Si cela me met mal à l'aise de passer pour un père fouettard, je suis quelque part satisfait de voir qu'il remplit sa besogne à la perfection... Beware, beware!

"Demain matin, je vais rendre les documents qui feront de moi un correspondant de presse pour un quotidien régional du sud de la France.
Armée de bonne volonté, je me suis mise à chercher sur le net des infos sur ce boulot. (qui me semblait parfait pour la maman au foyer que je suis !!!) Je suis tombée directement sur votre blog qui a transformé mon rêve de job idéal en un crapaud bien visqueux...

Où sont les avantages ???
Pourrais-je m'en sortir avec mon bébé ? Je dois rendre un article par jour, combien de temps cela va-t-il me prendre au niveau du déplacement ? (avec les frais de garde, il faut que je m'y retrouve !!!!!!!!)
Ce boulot est il vraiment aussi contraignant, mal payé, mal considéré ?
Au secours ! A la veille d'avoir ma carte de Presse, je panique : vais-je vraiment devenir une petite fourmi laborieuse travaillant comme une dingue pour une misère ?"


Ma réponse :
Ce boulot n'a pas que des inconvénients. Ceux qui aiment leur job s'y retrouvent fatalement, ne serait-ce qu'au niveau "reconnaissance sociale".
Je ne sais pas quelles sont vos autres ressources, mais ne comptez pas vivre de vos honoraires... Comme je l'explique dans mon blog, plus vous travaillerez, et plus vous serez soumis à cotisations sociales indues, sachant que de toute façon, les agences de presse fonctionnent avec un budget fixe. Vous ne toucherez pas plus que ce qu'elles auront décidé! Et logiquement : moins vous travaillerez, et moins vous serez payée.
Je suis désolé de vous mettre la pression, mais le job de Correspondant Local de Presse ne paie pas, et ne peut se considérer que comme un appoint. Demandez à la personne qui vous a recruté à quoi vous devez vous attendre. Précisez-lui votre situation de famille. Si elle est honnête, elle vous dira la même chose que moi...
La solution serait de s'inscrire dans un IUT de journalisme ou de faire une formation accélérée pour adultes. Avec le diplôme en poche, vous trouverez probablement une place en tant que journaliste salariée... Si vous êtes prête à quitter votre région et à repartir de zéro ailleurs!
Désolé d'avoir brisé vos espoirs. Mais si je ne veux pas me sentir responsable de l'échec ou carrément de la "faillitte personnelle" d'autres CLP, je me dois de le faire. Une homme (ou une femme) averti(e) en vaut deux!

Retour de mail :
"Cela a le mérite d'être clair et je vous en remercie. La personne qui m'a recruté a fait preuve de franchise ce matin quand je lui ai posé des questions.
La seule condition pour que je m'en sorte : la couverture de ma commune au lieu de filer à 6 km, ce n'est pas beaucoup mais avec un bébé en garde ... time is money !!! Bon maintenant, il faut que le vieux coucou qui écrit sur ma commune accepte de laisser sa place à une jeunette. Le directeur m'a dit "qu'il y avait bon espoir" : ça veut tout et rien dire, n'est ce pas ?

Pour l'IUT de journalisme c'est tentant mais pourquoi faut il quitter la région et repartir à zéro ? L'agence pour laquelle vous êtes CLP ne peut-elle rien vous proposer ? Cela ne "se fait pas" peut-être ..."

Deuxième réponse :

Je suis heureux que votre directeur ait été franc avec vous. C'était dans son intérêt, mais on ne sait jamais sur qui on tombe...
Concernant la deuxième partie de votre mail, le journalisme professionnel est une voie assez bouchée, et l'on ne trouve du travail fixe que dans des zones proches de la capitale, ou au nord est de la France. C'est pour ça que j'ai utilisé l'expression "repartir de zéro".
Quant à l'IUT de journalisme, C'est la seule façon, aujourd'hui, d'obtenir la carte de presse officielle délivrée par l'état et d'être salariée. Celle que vous allez recevoir en tant que correspondante locale de presse, n'est qu'un laisser passer délivré par votre journal. Il n'a de valeur que pour ceux qui ne connaissent pas les lois (heureusement, ils sont encore nombreux).

Vous avez choisi une voie difficile. Je vous souhaite beaucoup de courage, en espérant que vous soyez tombés sur des collaborateurs compréhensifs et honnêtes...

A suivre?!

par E.H.BOYER publié dans : CLP : Correspondant Local de Presse
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