Comme je l'ai déjà spécifié à plusieurs reprises tout au long de ce blog, "correspondant local de presse", c'est un vrai métier. Nombreux sont ceux qui pourraient prétendre à l'exercer (bardage de diplômes, aisance dans l'écriture et l'orthographe, utilisation de logiciels de bureautique, bonne pratique de la photo numérique, etc...). Mais avoir des outils et savoir s'en servir, ça n'est pas suffisant. Il faut aussi aimer ça au point d'accepter d'être payé à la fronde toute sa vie! Voici une liste non exhaustive et dans le désordre de ce que vous devrez (savoir ou apprendre à) faire si jamais vous deviez débuter dans la profession :
- Avoir le contact facile avec les gens, peu importe leur position dans l'échelle sociale ou leur appartenance politique. Je ne vous demande pas de vous renier, mais de savoir mettre de l'eau dans votre vin!
- Une qualité essentielle, c'est de ne pas avoir d'ennemis (ou feindre de ne pas en avoir), ni de préjugés. Si ça vous pose des problèmes de conscience, ou si vous ne pouvez pas vous astreindre à cette règle de base, vous ne tiendrez pas longtemps... Ou ce sera TRÈS difficile, car forcément, vous pourriez avoir affaire à votre ennemi un jour ou l'autre!!!
- Une autre qualité est de ne pas être timide! N'ayez pas peur d'aller poser des questions au Conseiller Général du canton, aussi imposant soit-il! Dites-vous qu'il ne vous fera pas de deuxième trou de balles, et lancez vous dans l'arène, que diable!
- Connaître votre "who's who"... (Qui est qui, que fait-il dans la vie, est-il dangereux, etc...)
- Être disponible 24h/24h ou presque. Si on rate un rendez-vous, il faut savoir rattraper le coup après.
- Savoir s'imposer et jouer des coudes (pour se placer idéalement pour les photos, par exemple), tout en n'oubliant pas de rester à sa place (ne pas s'insurger violemment contre les mesures -aussi injustes soient-elles- prises par les élus lors d'un conseil municipal, par exemple).
- Être prêt à affronter toutes les situations, même à patauger dans la bouillasse quand on a oublié de remettre les bottes dans la voiture et qu'on croyait qu'on allait assister à une banale réunion, au lieu d'un trek dans la gadoue... Et savoir rebondir, Même lorsqu'on vous interdit l'entrée à un spectacle (ou un meeting politique) que vous êtes sensés couvrir...
- S'intéresser à tout, même aux sujets tordus comme le compte rendu d'un match de rugby (alors qu'on déteste les sports collectifs depuis toujours), ou les conseils communautaires les plus rébarbatifs (alors qu'on n'y connaît rien de rien en politique).
- Savoir traiter tous les sujets, ou du moins en donner l'impression afin de se rendre incontournable, voire indispensable... La solution en cas de doute sur un thème mal maîtrisé : le papier d'ambiance agrémenté de citations (ou mini-interviews). ça marche à tous les coups!
- Ne pas se cantonner à une seule façon d'écrire un papier. Faire des beaux portraits, c'est bien, mais ça ne fait pas de vous un correspondant local de presse... Il existe des tas de recettes, et toutes fonctionnent plus ou moins bien. Pour trouver votre style et vous tenir au courant, je vous conseille de lire ÉNORMÉMENT la presse écrite. Pour ce faire, sachez qu'il existe de très bons sites web d'info gratuite en ligne!!! (Pas de prosélitisme ici!)
- Éviter (autant que possible) de dégommer systématiquement et "gratuitement" les gens et leurs actes. Soyons objectifs, plutôt que subjectifs! Respectons notre environnement en partant du principe "qu'il n'y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d'erreurs". Organiser un spectacle, ou proposer des choses neuves et concrètes, ce n'est pas évident, même si c'est voué à l'échec selon vous. Cela n'empêche nullement d'insuffler son opinion dans l'article... Le tout étant de ne pas trop "assaisonner!"
- Toujours vérifier ses sources. La calomnie ou la diffamation sont très vite arrivées. On serait parfois très vite tentés de balancer un pavé dans la mare, surtout quand des gens qu'on n'apprécie pas en sont partie prenante; mais il ne faut jamais occulter les éclaboussures. De même, lorsque votre interlocuteur n'est pas tendre avec une tierce personne, ne pas avoir peur d'aller voir cette dernière pour lui proposer un droit de réponse dans le même article.
- Ne pas avoir une ambition démesurée... Quelles que soient vos aptitudes, ou votre abnégation à effectuer votre travail, n'oubliez pas que vous n'êtes qu'un pauvre petit correspondant local de presse (de merde) et que vous ne serez JAMAIS embauché en tant que journaliste salarié dans votre journal! Les seuls élus sont ceux qui ont été formatés par une école de journalisme reconnue (diplôme à l'appui), ceux qui ont eu la chance d'être là lors du passage aux 35 heures, ou ceux qui ont de très sérieux appuis (fessiers?)...
- J'allais oublier la ponctualité! Débrouillez-vous pour être à l'heure à vos rendez-vous, sinon, vous y perdrez en crédibilité. N'oubliez jamais que si vous voulez passer pour un pro, il faut vous en donner les moyens...
Bien sûr, il y a bien d'autres règles à observer scrupuleusement, lorsqu'on veut être un "bon" correspondant local de presse, mais celles-ci me paraissent les plus importantes. Je complèterai au fur et à mesure... Bref, tout ça pour dire que ce n'est pas un métier facile, et qu'il faut pouvoir assumer un paquet de choses une fois qu'on s'est lancé, notamment les critiques acerbes des gens jaloux, les menaces (ça arrive parfois...), les amalgames, le mépris des gens de pouvoir et des professionnels du journalisme, le salaire de misère, et surtout la réduction (conséquente) du temps passé avec les proches...
Mais je ne me plains pas : Il y a un paquet d'avantages (que j'ai déjà plus ou moins énumérés par ailleurs), et puis j'aime ça! C'est un challenge pour qui s'en sent les tripes!
Bien sûr, tout ceci ne se rapporte absolument pas à ce blog perso pour lequel je n'observe quasiment aucune de ces règles! 
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