Je parlais hier après-midi avec mon confrère -et néanmoins ami Gilles Choury- du courrier officiel que j'ai reçu du service des correspondants locaux de presse de Sud-Ouest il y a quelques mois, concernant les élections municipales (et cantonales, je suppose...). Et voilà ce qui y était
écrit :
"Tel(le) ou tel (le) d'entre vous est parfois déjà un élu ou envisage de se présenter aux prochaines élections, parce qu'il est sollicité ou de son propre chef. Nous ne saurions critiquer les
ardeurs citoyennes mais la règle de base, nous concernant, est qu'il ne doit y avoir aucune confusion entre le journal dont vous êtes les représentants et la gestion de la vie
municipale.
Il en découle une conséquence simple : un correspondant doit faire un choix entre se porter candidat, et donc s'engager, et
continuer à assurer la chronique du journal.
Certes tous les engagements ne sont pas identiques et la situation peut, ici ou là,
s'apprécier localement. Mais il est indispensable que vous portiez à connaissance, le cas échéant, de votre chef d'agence départementale votre projet de vous présenter aux suffrages de vos
concitoyens."
Tu vois, Gilles, Sud-Ouest est un journal sérieux qui ne peut pas s'accommoder de CLP
élus du peuple, c'est une question d'éthique... Eh oui, presse et politique ne font pas bon ménage!
Sauf certaines exceptions qui confirment la règle, ou cas privilégiés, comme à Saint-Palais, par exemple...
J'ai beau me targuer d'avoir de l'imagination, il est un sujet sur lequel je sèche lamentablement! Celui de trouver une solution pour améliorer la condition des
CLP! Voici cependant mon analyse toute personnelle de la situation : pour moi, l'idéal serait sans doute de se grouper en syndicat pour faire poids
afin de faire modifier ce statut vers le haut. Mais le problème, c'est que les jeunes comme nous (je m'inclus d'office dans la catégorie...) sont moins nombreux -en pourcentage- que les
retraités. Ces derniers n'ont pas (ou plus) l'esprit combattif, ni l'envie de modifier quoi que ce soit. Et pour cause : ce statut leur convient parfaitement! Il leur permet de mettre du beurre
dans leurs épinards, et de copiner avec les élus locaux.
Et puis... Sans vouloir généraliser, les vieux, ils veulent "qu'on en chie pour y arriver, comme eux en ont chié en leur temps!" Ils ne veulent pas d'un
nivellement vers le haut. Donc on est seuls contre les magnats de la presse, une grande majorité de confrères, et les politiques (le nivellement vers le haut, c'est pas trop la tasse de thé de M.
Sarkozy et de son gouvernement, si j'ai bien compris le sens des grèves actuelles).
Conflit de générations?
Et les syndicats, me direz-vous? Ils sont complètement incompétents au sujet de notre statut! D'abord parce que nous ne faisons pas partie de l'entreprise à proprement
parler, et que nous sommes considérés comme des travailleurs indépendants. Les syndicats de journalistes savent bien quelle est notre situation (il n'y a qu'à lire les articles qui circulent sur
le Web à ce sujet), mais ils n'ont pas envie que de vulgaires CLP non diplômés prennent la place des vrais journalistes encartés. Et il n'existe pas
de syndicat de CLP pour les raisons que j'évoquais au début du premier paragraphe, mais aussi parce que nous sommes isolés, trop loins les uns des
autres pour pouvoir agir efficacement.
Organiser une grève une journée ne servira à rien. Les agences auront toujours assez d'infos en stock pour palier au problème, et je vous dis pas les représailles,
puisque nous sommes tous des éléments isolés! Vous n'imaginez pas tous ceux qui attendent, là, dehors, pour avoir une place qu'ils imaginent extraordinaire! Organiser une grève de plusieurs
jours, voire plusieurs semaines? Qui pourra la tenir? Pas ceux d'entre nous qui ne vivent que de leurs honoraires! Quant aux vieux, ils sauteront sur l'occasion pour nous montrer du
doigt une fois de plus, et se montrer indispensables auprès de leurs agences...
C'est sans espoir...
Non, à moins d'un miracle, (je n'ai jamais cru au père Noël) je ne vois pas comment nous pourrions changer les choses! Désolé si j'ai l'air cynique et désabusé, mais
après cinq années de piges, et trois années de vaines contestations, je me sens impuissant et inutile.
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