Les gens doutent vraiment de rien!Ce matin, à la débauche, je suis allé à la gare locale du TPR (Transports Palois Réunis) apporter ma traditionnelle enveloppe d'honoraires mensuels. J'étais content de moi parce que pour une fois, j'étais dans les temps! Depuis 6 ans que je suis CLP, j'ai toujours fait comme ça. C'est mon collègue Marcel Bedaxagar qui m'a dit d'utiliser les enveloppes hors-sac pour envoyer mes notes. Il suffit d'écrire en gros "Aux bons soins du chauffeur, merci", et le conducteur du bus prend en charge la précieuse enveloppe jusqu'à son arrivée à bon port à l'agence de Pau! Un système très pratique, et gratuit! Du moins jusqu'à ce matin!
A 6 heures du mat', le type du TPR était déjà dans son car, toutes lumières allumées.
"Très bien, ça, je vais pouvoir bavarder un peu...", me suis-je dit.
"Bonjour Monsieur", ai-je fait, avec un sourire affable (autant que faire se peut, après 24 heures sans dormir).
"Pouvez vous emporter ceci avec vous s'il vous plait?"
Il m'a pris l'enveloppe des mains, l'a retournée dans tous les sens en fronçant les narines, puis m'a lancé un regard offusqué :"Et où il est l'euro? "
"P-pardon?", ai-je péniblement articulé en reculant de surprise, les yeux soudains tout écarquillés de bon matin...
"Bin oui, l'euro pour le café! J'en ai rien à foutre de ça, là!" m'a t-il sorti tout de go, d'un ton aggressif, en tapotant d'un index impatient la mention "aux bons soins du chauffeur, merci" inscrite au stylo à bille sur l'enveloppe rose préimprimée.
"A-ah bon? c'est nouveau ça..." ai-je baragouiné, confus, encore plus attéré, et soudainement très fatigué!
"Eh mon gars, faudrait peut-être te mettre au courant, hein? Tes collègues d'Orthez, ils font ça depuis des années! Renseigne-toi!"
"... Euh, bon mais là, j'ai pas d'argent sur moi..." ai-je menti, en pensant à l'euro piqué dans le porte monnaie de mon épouse, et justement destiné à me payer le café (à moi) pour cette semaine de nuit à l'usine!
Dix secondes de pause. Le gars me jaugeait de haut en bas, testant sans doute ma sincérité. C'est vrai qu'avec son physique d 'ex-rugbyman quarantenaire sur le retour (ou plutôt d'erzatz de David Douillet grassouillet, mendiant sa pièce jaune), sa coupe en brosse luisant sous les néons blafards de l'autocar, et son air "sûr de son bon droit", il en imposait vraiment... J'ai dû lui paraître suffisamment pitoyable car il m'a lancé un superbe "bon, ce coup-ci je te la prends, mais la prochaine fois, tu scotcheras un euro pour le café sur ton enveloppe, compris?", lourd de menaces! Je me suis tout à coup retrouvé dans la peau d'un adolescent pris en faute... Et ça m'a remis en mémoire des remugles nauséeux du passé que j'aurais préféré garder oubliés.
"Bon... Oké, merci m'sieur, au revoir", ai-je chevrotté, en regagnant ma voiture, la queue entre les jambes... Je suis rentré chez moi encore tout retourné, et j'ai mis deux plombes à m'endormir... C'était la quatrième dimension tout à coup...
Le gars, il m'a carrément racketté comme au collège!!! J'y crois pas!
Aujourd'hui un euro, et demain... 5, ou 10? Imaginez s'il fait ça à tous les correspondants locaux de presse de l'édition Béarn et Soule! Il doit avoir des fins de mois bien arrondies celui-ci...
C'est comme si lorsqu'il y a une visite de client pour un audit, chez Emac, je forçais la main à Valéo ou Freudenberg pour qu'on me refile un pourboire, alors que je suis déjà payé pour le boulot que je fais (même si c'est jamais assez)! Il serait content Didier Chauffaille!
Ou imaginez que j'aille au conseil municipal de Mauléon, puis que je demande un euro "pour l'apéro" parce que j'ai fait le compte-rendu sur le journal (Alors qu'au contraire, je pousse même la gentillesse jusqu'à refiler mes photos GRATUITEMENT à la mairie pour l'élaboration du bulletin municipal)!
Franchement, c'est pas abuser, ça?
Cet aprem, je me suis donc levé, fermement décidé à éclaircir la situation. J'ai téléphoné à Sud-Ouest à Pau pour savoir si l'agence avait un contrat avec la société TPR pour le transport des enveloppes de presse hors-sac. La secrétaire m'a indiqué que l'agence de Pau n'avait apparemment pas de contrat avec le TPR, mais m'a confirmé que celle d'Orthez, oui.
"Mais alors, le mec du bus, il est bénévole, ou quoi?"
"Non, mais c'est un service qu'il rend... Il n'est pas obligé de le faire! D'où la mention "aux bons soins du chauffeur"!"
Ah ouais...
Bin le chauffeur du TPR, son euro pour le café, il pourra toujours se le carrer bien profond où je pense! Je suis pas contre le principe de rémunérer un service rendu, mais là, je suis choqué par les formes employées... Comme si c'était un dû, et que ça coulait de source qu 'on devait lui refiler un pourboire!!! Non mais où va la France? Décidément, je n'aurais jamais fini de raler contre l'américanisation à outrance que nous subissons...
Dorénavant, j'irai à la poste pour le dépenser en timbres, cet euro symbolique, ou mieux encore : je vais me le garder pour MON café, et j'enverrai ma note d'honoraires à Sud-Ouest par e-mail!
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Bienvenue, heureux lecteur de 



Ça y est, c'est déjà Noël (depuis
au moins quinze jours) dans les grandes surfaces! Y'a vraiment plus de saisons...
Les pages des petites filles sont
toujours en rose, et on y propose toujours autant de niaiseries superficielles qui formatent les corps et les esprits. Des poupées fashion parlantes (de plus en plus laides) qu'on habille et
déshabille à volonté, au chariot de ménage avec poudre à récurer incluse, en passant par les boites de maquillages à paillettes, la cuisinière high tech ou carrément le caddie plein de
marchandises, comme au vrai supermarché, le tout sponsorisé par les grandes marques (Téfal, Seb, Daucy, la Vache qui rit, Kellogg's...) tout est fait pour transformer la petite fille en parfaite ménagère aux petits soins pour sa famille.
Je suppose que vous écoutez la radio, lisez
les journaux, regardez les infos à la téloche (pour ceux qui ont cet outil de destruction de masse et des masses), ou même lisez des blogs d'informations. Comme tout un chacun quoi...

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