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  • : Xiberoland - ex CLP64
  • Xiberoland - ex CLP64
  • : Ce blog est celui d'un ex-correspondant local de presse des Pyrénées Atlantiques vivant en Soule, écrivaillon, gribouilleur et web-addict à ses heures. Mais surtout très casse-pieds...
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Un peu de pub perso...

 l'infection

"L'infection T1 : Contage",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

EN SOLDE! 9 euros, 378 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Patrice est tombé amoureux de Mathilde, une jeune femme qui vient d'arriver en Soule. Lui est tout sauf un Don Juan, mais il a plus d'un tour dans son sac, malgré les apparences...
Il va contourner ses défauts rédhibitoires grâce à Internet. Mais il va vite apprendre que tout se paie, en ce bas- monde.
Rencontré dans un monde virtuel en trois dimensions, un génie digital exauceur de voeux va se charger de le lui rappeler, en l'entraînant dans une spirale cauchemardesque sans fin...


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 mauvais-berger

"Mauvais berger!",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

10 euros, 90 pages, format A5

Le blog officiel du livre


Genre : tranche de vie

 

Résumé : Afin de s'installer en tant que berger, Etienne suit une formation agricole qui le conduit à effectuer des stages dans l'exploitation d'un berger éleveur en estives, dans les Pyrénées.
Mais petit à petit, le rêve de notre héros "néo-rural" s'émiette : les conditions de vie dans la bergerie sans confort sont difficiles, et le travail harassant est nullement reconnu.
Mais tout ceci ne serait rien sans les brimades de... la bergère!

 

Ce qu'en dit la presse :

 

Journal du Pays Basque, 12 avril 2008 : "(...) le style descriptif et le langage parfois cru donnent un ton réaliste à ce récit sans concession".

SudOuest, le 17 avril 2008 : "(...) un texte illustré par l'auteur lui-même, plein d'humour et d'autodérision (...)".

 

La Rébublique des Pyrénées, le 24 avril 2008 : "Une tranche de vie où toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant existés n'est pas fortuite..."

Magazine Vent d'Oc, septembre 2008 : "Une lecture qui se fait à la vitesse de la lumière, tant l'on veut savoir à quelle sauce sera mangé ce néo-rural!!!"


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DARK XIBEROA

 

19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 22:53

Les frais du CLP sont les sommes perçues dans le cadre de son travail en tant que frais de fonctionnement.
On compte dans ces frais le téléphone, l'abonnement Internet, les timbres, le kilométrage effectué dans le cadre du travail, éventuellement les fournitures de bureau, et même parfois le matériel informatique (et tout ce qui s'y rapporte), ou encore l'appareil photo, etc. (ceci sous réserve que la société qui vous emploie l'ait prévu au départ avec vous...).

On l'a vu en article "honoraire" Les émoluments perçus par le CLP sont peu élevés, il est donc normal qu'il soit défrayé pour toute dépense concernant son travail.
Il arrive que frais et honoraires soient comptés ensembles par l'agence qui vous emploie, mais c'est tout de même de plus en plus rare. Et ce n'est pas gênant pour un correspondant local de presse dont les revenus globaux sont faibles. En revanche, lorsque vous êtes un gros correspondant, ce serait même une façon de faire absolument illégale, voire criminelle. Je m'explique : Lors de la déclaration d'impôts, frais et honoraires sont ajoutés. 37% du montant total est ensuite déduit (montant qui est sensé correspondre au total des frais selon le Fisc). Reste un bénéfice non commercial net qui sera pris en compte pour votre imposition. Jusque là, tout est clair. Seulement si votre agence ne sépare pas les sommes lorsqu'elle les déclare à l'URSSAF (je rappelle qu'elle soumise à déclaration de par la loi si les honoraires du correspondant dépassent le plafond des 15% de la sécurité sociale, ce qui fait peu ou prou 2400 francs par mois) votre total d'honoraires sera beaucoup plus important qu'il ne devrait l'être. Or -et fort heureusement- les frais ne sont pas inclus dans le calcul des cotisation URSSAF, retraite, et maladie...

J'évoquais dans divers articles précédents le fait que certains CLP n'hésitaient pas à réduire leurs honoraires pour mieux gonfler leurs frais, et ainsi échapper aux cotisations. Ceci bien souvent avec la complicité des agences. Ne vous y risquez pas : c'est un mauvais calcul. Vous pourriez échapper à l'Urssaf, mais le Fisc verrait très vite la supercherie, et vous y perdririez au final. On est très vite aux 37%, pour peu que le territoire à couvrir soit large...

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 20:09

Si vous êtes tombés sur ce site, c'est que vous recherchiez de la documentation sur ce dur métier qu'est celui du correspondant local de presse. Vous remarquerez au passage combien il est difficile d'obtenir des renseignements dignes de ce nom à ce sujet sur Internet. Ni les professionnels de la comptabilité, ni les services de l'état -que vous serez peut-être amené à rencontrer- ni même vos employeurs ne seront capables de vous donner des précisions exactes quant à certains points d'ordre légaux, ou fiscaux. A croire que tout est fait pour laisser les gens croupir dans l'ignorance...

Correspondant local de presse, ça ne s'invente pas!
Lorsque vous aurez parcouru ce site (qui ne détient pas la vérité absolue , loin s'en faut, mais tend à s'en approcher tout de même au plus près), vous aurez une idée un peu plus nette de ce qu'est réellement cette profession (car ça en devient une à un certain niveau).

Que vous ayez planifié de devenir correspondant local de presse, ou que vous soyez simple lecteur de journaux, ce que vous trouverez dans cette rubrique vous aidera à comprendre ce qui vous attend si vous acceptez cette tâche (qui peut vite devenir ingrate), ainsi qu'à mieux cerner les difficultés rencontrées par ces hommes et ces femmes que l'on persiste à appeler "journalistes", alors qu'ils n'en sont pas aux yeux de la loi, encore moins à ceux de leurs employeurs...
Pour devenir correspondant local de presse, point n'est besoin de bagage universitaire ni même de QI démesuré. Un simple Baccalauréat (pas obligatoire, mais ça fait toujours bien de mentionner un diplôme général, même inutile...), de bonnes facultés d'expression écrite, une pincée de culture générale et une maîtrise sommaire de la photo numérique peuvent suffir. Si en plus vous avez déjà eu l'occasion de vous exprimer régulièrement dans le journal de l'école, ou celui de la paroisse locale, vous êtes l'homme (ou la femme) de la situation! Un book texte et photos peut également jouer en votre faveur.
Si votre profil réunit ces quelques qualités de base, alors vous pouvez répondre à l'annonce parue dans votre quotidien régional préféré. Ce dernier, quel qu'il soit (et paradoxalement en cette période de crise profonde de la presse écrite), peut aussi se montrer un peu plus exigeant en matière de recrutement. On a récemment vu un grand quotidien régional ajouter dans ses désidératas le fait de posséder un ordinateur, une connexion Internet, ainsi qu'un appareil photo numérique... Un bon ouvrier a toujours de bons outils, cela va de soi. Ou alors il est toujours temps d'investir!

 

Mais attendez... Le pire est à venir, comme le prouve la délicieuse annonce ci-dessous récoltée sur le site du journal Sud-Ouest le vendredi 27 août 2004 (Par ailleurs -et de manière absolument fortuite- le jour de mon anniversaire! Comme quoi, le destin....)

 "JEUNES REPORTERS. -- Vous avez envie de publier vos articles dans Sud-Ouest, permettant ainsi à vos camarades de recevoir gratuitement le journal dans lequel vos productions figurent ? Il vous suffit simplement de demander l'accord et le soutien d'un de vos professeurs et de nous envoyer vos écris.
Devenez "jeunes reporters"
Vous êtes collégiens ou lycéens ? Vous pouvez désormais publier vos articles dans le journal Sud-Ouest !
Pour cela, envoyez-nous vos productions à l'adresse suivante :
jp.spirlet@sudouest.com

N'oubliez pas de préciser :
Votre nom, votre prénom, l'adresse de votre établissement scolaire, ainsi que le nom du professeur ou documentaliste responsable".

Comme il le demande lui même, je vous engage fortement à envoyer vos commentaires à l'adresse indiquée par ce charmant bienfaiteur de l'humanité...

L'agence que vous allez contacter va vous délimiter un secteur à couvrir, correspondant à une certaine "voilure" de la pagination du journal. (Si vous avez une page complète à fournir chaque jour, -ce qui correspond à une assez grande voilure- cela sous entend que votre secteur, s'il n'est assez large géographiquement parlant, est une cible commerciale privilégiée pour votre agence.) C'est cette voilure qui déterminera votre importance stratégique au sein de la société. Car n'oubliez jamais que vous avez affaire à des sociétés de presse dont le but, outre d'écraser la concurrence, est de vendre, et donc de faire un maximum de profit...
Sachez enfin que la profession de correspondant local de presse ne peut en l'état actuel des choses absolument pas se concevoir comme un travail seul à temps plein : si vous écrivez peu, vous mangerez des nouilles à l'eau car la rémunération est extrêmement faible pour le temps passé (entre la collecte de l'information et sa rédaction). Si vous écrivez beaucoup, vous mangerez aussi des nouilles à l'eau car vous travaillerez comme un forcené (plus de 10 heures par jour), Il n'est même pas sûr que vous touchiez l'intégralité des honoraires facturées (puisque les rédactions n'ont qu'un budget correspondant très restreint), et pour finir, l'état vous reprendra 51% de vos gains par divers biais, sans compter les impôts sur le revenu! Vous constaterez vite que la quantité d'information que vous pourrez produire peut assez vite devenir l'instrument de votre perte.
Lorsque l'on est en âge de travailler, l'idéal est sans doute d'avoir à côté une profession à plein (ou 3/4) temps, et de couvrir un petit secteur. Le retraité, lui, aura en plus le temps de couvrir un secteur plus grand, et la possibilité matérielle de se montrer en tous lieux et toute circonstance. Sachez toutefois que point trop n'en faut : aussi plaisant soit ce métier, il ne faut jamais donner des habitudes aux gens, car tels des enfants gâtés, ils finissent invariablement par croire que tout leur est dû. Et puis, n'oubliez pas que Big Brother vous surveille...
Mais ne paniquez pas, l'avenir n'est pas si obscur. Vous en saurez plus en lisant les autres posts de cette rubrique!

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:20

Les honoraires du CLP sont les sommes perçues dans le cadre de son travail. Ces sommes constituent rémunération pour les articles (le prix de base varie en fonction de la taille et de l'importance de l'article*, mais aussi en fonction du journal pour lequel on travaille) et photos publiées (prix différent selon si la photo se trouve en page locale ou en page de Une), les alertes (lorsque le correspondant local de presse appelle un professionnel pour s'occuper d'un sujet qu'il juge trop "important" pour lui. Exemple : un gros fait divers avec mort d'homme), les collectes (rassemblement d'informations -souvent chiffrées- concernant un même sujet. Exemple : résultats sportifs, élections...) ou l'astreinte (qui consiste en un remplacement de salarié seul en poste. Attention, certains chefs d'agence précisent que l'astreinte n'est percevable que pour le cas d'un remplacement dans une agence... Tout l'art de jouer avec les mots...) Ces honoraires sont déclarées automatiquement à l'URSSAF et au Fisc par votre employeur. Ce dernier se doit de vous faire parvenir à partir du mois de juillet de l'année en cours un récapitulatif des sommes perçues (histoire que vous puissiez redresser la barre avant la fin de l'exercice en cas de dépassement...).

* Ci-contre, voici un ordre des prix pratiqué par mon quotidien. A savoir que parmi de nombreux autres journaux, mon employeur est bien connu dans la région des Pyréénes Atlantiques pour payer le mieux ses correspondants... (et ce n'est pas de l'ironie!)

Bénéfice, ou salaire?
A savoir aussi que de nombreux "gros correspondants" (qui ont au moins une page par jour à remplir) se retrouvent vite à un niveau d'honoraires situé au dessus du plafond de 15% de la sécurité sociale. Ce plafond équivaut à un revenu bénéficiaire (eh oui, c'est le terme employé par le Fisc) annuel de 4400 euros par an, soit à peine 2400 francs par mois...
Certains, afin d'éviter d'être appelés à cotiser- tout en effectuant leur tâche quotidienne à la même fréquence- se sont résolus à descendre d'eux même l'évaluation de leur travail.
Le résultat est certes réussi au niveau taxation, mais sur le plan social, il s'agit d'une régression qui, en plus de soulager le patron d'une réflexion de base à mener, et lui éviter de payer une poignée d'Euros de trop, montre un très mauvais exemple... La réponse que l'on m'a donnée pour justifier ce comportement simpliste ( la limite du suicidaire) est celle-ci : "Oui, mais j'ai d'autres compensations tout aussi appréciables. Je rentre partout gratuitement, je suis connu de tous, et mon utilité est reconnue." Certes, mais après ça, le chef d'agence aura beau jeu de dire aux autres CLP: "pourquoi vous payerai-je à ce prix là, alors que votre collègue fait le même job pour trois fois moins cher?" Dans ce cas précis, on peut fort bien arriver à une rémunération de 17 francs de l'heure, sans avoir à payer de taxes...

CLP, roi de la gruge malgré lui?
D'autres ont trouvé une astuce "audacieuse" et totalement illégale, afin d'échapper à la vigilance de l'URSSAF. En accord avec la direction de leur journal, ces derniers, qui ont encore un peu de fierté, font un échange de bon procédé. Au lieu de percevoir des honoraires pour le travail effectué, ils font passer ces sommes dans le poste "frais". Ces derniers, comme vous le constaterez dans la rubrique qui leurs est consacrée, n'entrent pas en compte dans le calcul des cotisations à l'URSSAF. Mais c'est reculer pour mieux sauter, dans le sens où dans ce cas là, c'est sur la déclaration sur le revenu que le problème se déplace.

L'astuce que l'état a trouvé afin de parer aux fraudeurs, est d'imposer un plafond de 37% de frais par rapport aux honoraires perçus. Si ce plafond est dépassé, vous y perdrez au final. On voit que le filet est sans faille...

Aucune réflexion n'est en cours afin réhabiliter la profession de correspondant local de presse. quoi de plus normal : le statu quo est bien pratique, et il y a tellement d'autres sujets plus préoccupants...

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:13

L'historique de la profession est remarquablement décrit dans cet article du journal alternatif Particule. Cet article, publié en février 2002, reste totalement d'actualité. Inutile, donc, que je m'évertue à faire mieux que son auteur, Yann Bureller:

Le petit statut de la grande proximité
9 (Février 2002)


Reconnue depuis une loi de 1993, la correspondance locale de presse est officiellement une activité complémentaire. Pour moins de trois cents euros par mois, certains correspondants estiment pourtant accomplir un véritable travail de journaliste. Des frustrations apparaissent, des revendications naissent.

Ouest-France se veut «  un journal enraciné dans son territoire  » selon Théo Le Diouron, directeur de l'information des 64 rédactions locales. L'objectif : «  permettre à chacun de se faire ses propres repères dans la vie de son quartier ou de sa commune. Pour cela, il est indispensable qu'Ouest-France soit le reflet de la vie des institutions, au sens large. Cela inclut notamment la vie des associations.  » D'après ce pilier de l'entreprise, «  il est fondamental que des patronymes apparaissent dans nos pages. Le nom de famille, c'est ce que les gens ont de plus précieux.  » Parmi les préoccupations du journal, également, «  recenser ce qui touche à la vie des familles et à l'école.  » Et pour ce faire, «  rien ne peut remplacer les personnes ancrées aux territoires que sont nos correspondants. Aucun journaliste ne pourrait avoir ce don d'ubiquité  » qui fait qu'Ouest-France est effectivement un peu partout.
La fonction de correspondant renvoie à des situations diverses, du retraité urbain qui arrondit ses fins de mois en couvrant des micro-événements du quartier à l'agriculteur qui relate le conseil municipal du village en passant par l'étudiant qui perçoit grâce à la couverture des activités universitaires une partie non négligeable de son revenu.
«  Si on faisait ça seulement pour l'argent, ça n'en vaudrait pas la peine, on est payé au lance-pierre ! Il faut vraiment aimer découvrir sans cesse de nouvelles activités, de nouveaux domaines, c'est presque une activité de loisir. Sans cette passion ça serait stupide  », confie Jean-Paul Coupé, correspondant depuis quatre ans sur le quartier Thabor-Saint-Hélier, et pour qui cette activité s'ajoute à un travail salarié. Programme d'une journée comme une autre : «  la galette des rois d'une association d'handicapés, une exposition d'œuvres picturales orientales, une réunion du bureau d'une asso du quartier. Etre correspondant me fait rencontrer plein de gens dans mon quartier.  »

Activité complémentaire ou journalisme sous-payé ?

Dès qu'on évoque le sujet, la direction des ressources humaines d'Ouest-France précise que «  les correspondants sont des informateurs, qui exercent cette activité en complément de leur activité principale.  » Tous ne sont pourtant pas dans cette situation. Certains touchent le chômage et comptent sur leurs honoraires de correspondant pour subvenir à leurs besoins. La réponse au téléphone du père d'un correspondant qui se consacre pleinement à Ouest-France en dit long sur le caractère théoriquement complémentaire de cette activité : «  Il n'est pas là, il est au travail…  »
La loi du 27 janvier 1993 fixe le cadre de la correspondance de presse. Sa principale innovation consiste en la non-taxation des honoraires jusqu'à 15% du plafond de la sécurité sociale. Ainsi, quand un correspondant touche moins de 4 233 euros par an, il n'est pas imposable et ne cotise pas.
Selon Théo Le Diouron, cette loi est valorisante parce qu'elle a reconnu que «  sans [les correspondants], la France serait sourde, muette et aveugle. Elle a reconnu qu'il n'était pas souhaitable de faire peser des taxes sur leur travail.  »

Parmi les 2 700 correspondants d'Ouest-France, 250 dépassent le seuil d'imposition ; 90% touchant donc moins de 353 euros par mois. Pour cette somme, «  les correspondants fournissent parfois autant de travail que des journalistes  », confient plusieurs d'entre eux, dont Anne Mathieu. Travaillant au tribunal de Nantes pour Ouest-France, elle a monté une association, Presse-papier, pour revendiquer une amélioration du statut des correspondants.
Sur la distinction du travail entre les correspondants et les journalistes, M. Le Diouron est formel : «  Tout ce que les correspondants produisent passe systématiquement par les mains d'un journaliste professionnel. Dans la plupart des cas, les correspondants n'ont pas les compétences pour réaliser un travail de journaliste.  » Pourtant, Paul, jeune correspondant rennais, s'est vu confier sur plusieurs jours la couverture d'un événement sportif d'un certain retentissement.
Alors qu'il estime faire souvent un travail similaire à celui d'un journaliste titulaire de la carte de presse, il ressent un certain manque de reconnaissance de son travail au sein de la rédaction de Rennes. Son parcours constitue en pratique un écart par rapport à la théorie d'Ouest-France selon laquelle le correspondant-simple-informateur est attaché à un territoire précis. Il explique : «  La rédaction en chef et certains journalistes nous considèrent comme des solutions de dépannage. En général, le téléphone sonne vers 10h et je suis envoyé sur des sujets qu'ils n'auront pas le temps de traiter.  » Ainsi, il se retrouve régulièrement, tel un journaliste professionnel, dans des quartiers qu'il ne connaît pas spécialement.

Dans le seul quotidien local de Rennes, les professionnels qui traitent les textes et les photos des correspondants sont des secrétaires d'édition. A leur sujet, Paul signale surtout que les textes sont parfois modifiés au point d'en être incohérents. Parfois, il a dû s'excuser auprès de personnes qu'il avait interviewées parce que leurs noms avaient été intervertis dans la légende de la photo. Plus souvent, on coupe tout un paragraphe qui lui tient à cœur.
«  La plupart des plaintes que je reçois de nos correspondants portent sur la non-publication de leurs articles, signale M. Le Diouron. Il faut leur faire comprendre que nous n'avons pas toujours l'espace pour tout placer.  » Selon lui, cela démontre l'attachement de ces collaborateurs à l'entreprise. Il semble ignorer l'existence d'autres mécontentements, et rappelle que beaucoup de gens cherchent à devenir correspondant, «  la plupart du temps, des personnes qui veulent que l'on parle de leur commune.  » Le journal prendrait alors la forme d'un support de publicité mieux que gratuit, car rétribué.
A la question de savoir s'il se satisfaisait ou non de l'activité de « simple informateur », un correspondant rennais qui cumule dix ans au service de la rédaction de la rue du Pré-Botté répond : «  Je ne pense pas qu'il y ait vraiment des correspondants satisfaits de si peu. En milieu rural, sans doute que si, puisque le boulot est plus simple, l'information plus facile à aller chercher. Mais en ville c'est plus dur.  » Il n'a pas voulu en dire plus parce qu'il était « en train de négocier le passage sous contrat » avec la rédaction.

«  Nous n'imposons rien  »

La paie au lance-pierre sur laquelle ironise M. Coupé — qui est très content de ce qu'il fait — est basée sur un barème qui donne le prix des différentes correspondances : alertes (le correspondant informe d'un événement les journalistes qui peuvent se saisir du sujet), brèves, infos-services, informations courantes et informations exceptionnelles. Lorsqu'il rédige son papier, un correspondant doit évaluer la place que les secrétaires d'édition donneront à son texte. «  Ecrire 70 lignes pour en avoir seulement 30 de publiées, et donc de payées  » est l'écueil à éviter. «  Pour couvrir une conférence d'une heure, compter en ville une demie-heure de trajet, non remboursé, plus une demie-heure d'écriture, pour une paye d'environ 10 euros.  »
A Rennes, l'article peut être écrit dans le local des correspondants, une petite pièce de la rédaction de la rue du Pré-Botté, dotée de quatre ordinateurs ; la rédaction ayant recours à une trentaine de correspondants. Pour envoyer leur texte de chez eux ils doivent payer Internet. Il leur faut se déplacer à la rue du Pré-Botté pour déposer leurs pellicules.
Depuis peu, Ouest-France les équipe d'ordinateurs et d'appareils photos numériques, mais les Rennais n'en bénéficient pas encore. L'association Presse-papier, qui milite pour la reconnaissance des compétences des correspondants, y voit d'ailleurs un élément montrant que le travail des correspondants devient de plus en plus technique.
Parfois des correspondants se disent pigistes or ceux-ci, également payés à la production, reçoivent un bulletin de salaire, cotisent pour leurs retraites et ont droit à des congés. Les correspondants doivent eux chaque mois découper tous leurs articles et les montrer au bureau de la paie. Ils sont exclus de tous les droits du salariat, puisque officiellement aucune relation ne les lie au journal.

Des correspondants salariés, cela s'avèrerait coûteux pour les entreprises de presse. La simple évocation de cette hypothèse donne le sourire à Théo Le Diouron : «  Vous n'imaginez tout de même pas que notre entreprise est capable de tripler sa masse salariale ! (…) Nous n'imposons rien aux gens qui sont correspondants pour nous. Respectez donc ceux qui souhaitent exercer cette activité-là !  »
D'autres types de rémunérations entrent en compte (lire ci-contre «  La sélection de la réalité  »). On pourrait penser que l'activité de correspondant serait un passage provisoire en attendant un statut de journaliste titulaire, mais ce type de recrutement est devenu très rare. «  Le journal embauche des personnes sorties des écoles de journalisme, d'environ 28 ans, et qui ont déjà fait leurs preuves dans la presse quotidienne, parfois qui ont fait un stage chez nous  », dit-on à la direction des ressources humaines. Parmi les rétributions hors argent, M. Le Diouron avance tour à tour la gratification morale de voir son texte publié «  dans cette tribune que le journal leur offre  » (sic), le côté notable local acquis par le correspondant dans son territoire, ou le fait que ce travail soit «  un bon entraînement à l'écriture.  » A voir. En guise de tribune, un correspondant titulaire d'une maîtrise souligne la raideur «  d'un certain moule Ouest-France : il faut que ce soit simple, concis et bien écrit mais surtout, il ne doit pas y avoir la moindre fioriture. On m'a déjà opposé que mes articles étaient trop intellectuels pour ce journal. A force, ça abêtit votre écriture.  » Tous ne se satisfont donc pas de l'honneur de voir leur prose publiée dans le-premier-quotidien-de-France, prose qui plus est aseptisée dès la moindre fioriture.
De plus la tribune peut se fermer à tout moment selon les volontés éditoriales de la rédaction. Un correspondant de Bruz a été remercié en septembre dernier après que trois de ses articles aient été publiés sans modification, dans Ouest-France. Ils mettaient en cause la municipalité parce qu'elle se refusait à mettre à disposition une salle de classe à une association qui travaille sur la langue bretonne. Le maire lui a remonté les bretelles. Quelques jours après, la rédaction lui signala que pour lui, la tribune était close.

« Le débat n'a pas lieu d'être »

Le milieu des journalistes est solidaire lorsqu'il s'agit de défendre l'abattement fiscal prévu par leur statut ; mais quand en réunion du personnel on évoque le cas des correspondants, selon un délégué CFDT d'Ouest-France «  on s'accorde systématiquement pour dire que le débat n'a pas lieu d'être puisque les correspondants ne sont pas salariés de l'entreprise.  » Pourtant, la relation entre un employeur et un salarié, qui s'appelle un contrat de travail, existe, même si aucun accord n'est écrit, dès lors qu'il y a un travail commandé par un employeur et effectué en lien de subordination. Ainsi, quand un journal commande un article, un dessin, une photo à quelqu'un qui doit le réaliser selon ses directives (longueur, style du journal) et à une date fixée, il y a bien un contrat de travail.
A partir du moment où les conditions de leur travail rendent évidente l'existence d'un contrat tacite, il semblerait que des correspondants soient en droit de revendiquer un statut de pigiste. Gagnant peu et ne maîtrisant ni la transformation ni la publication de ce qu'il écrit, le correspondant local de presse ressemble pour l'instant à un prolétaire de l'information.

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:05

Extraits du Code du travail

La définition du journaliste professionnel
(1935 et 1974)

Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée l'exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques ou dans une ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources.
Le correspondant, qu'il travaille sur le territoire français ou à l'étranger, est un journaliste professionnel s'il reçoit des appointements fixes et remplit les conditions prévues au paragraphe précédent.
Sont assimilés aux journalistes professionnels les collaborateurs directs de la rédaction: rédacteurs-traducteurs, sténographes-rédacteurs, rédacteurs-réviseurs, reporters-dessinateurs, reporters-photographes, à l'exclusion des agents de publicité et tous ceux qui n'apportent, à un titre quelconque, qu'une collaboration occasionnelle.
Toute convention par laquelle une entreprise de presse s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un journaliste professionnel au sens du premier alinéa du présent article est présumée être un contrat de travail. Cette présomption subsiste quels que soient le mode et le montant de la rémunération ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties.

Article L. 761-2 du Code du travail source SNJ

Le statut du correspondant local de presse
Le CLP fait partie des activité dites libérales, non réglementées. Pas comme le notaire, l'avocat, le géomètre-expert, ou le médecin, mais plutôt comme l'archéologue, la cartomancienne (eh oui...) ou l'oenologue. Pour vous donner une idée du statut de correspondant local de presse, voici ce que j'ai trouvé sur ce site, qui réunit toutes les professions libérales dans l'ordre alphabétique. Vous verrez, c'est effarant!

Autres professions libérales
Il n'existe pas de liste officielle des professions libérales dites “ non réglementées ”. Cette catégorie regroupe toutes les professions qui exercent une activité ni commerciale, ni artisanale, ni industrielle, ni agricole et qui n'entrent pas dans le domaine des professions libérales dites "réglementées". Pour l'administration fiscale, il s'agit des personnes qui pratiquent, en toute indépendance, une science ou un art et dont l'activité intellectuelle joue le principal rôle. Leurs recettes doivent représenter la rémunération d'un travail personnel.  Certaines de ces professions sont totalement libres (ex. : consultant, formateur).  D'autres doivent obtenir une autorisation d'exercice (ex. : exploitant d'auto-école). La liste du site, non exhaustive, n'est donnée qu'à titre indicatif. Elle ne peut constituer une référence.
Le correspondant local de presse est donc un travailleur indépendant soumis à ce régime. Seule contradiction : un travailleur indépendant "normal" propose ses propres tarifs à ses clients. Le CLP, lui, touche des honoraires et des frais en fonction de barèmes donnés par l'entreprise pour laquelle il travaille. Ces barèmes sont différents selon l'organisme de presse. Sachez toutefois que, en fonction de la charge de travail, et toute taxe déduite, le montant des honoraires s'élève à 17 francs de l'heure... Presque du bénévolat en somme!

Avantages et inconvénients de la profession...
Mais n'allons pas pleurer dans les chaumières, il y a tout de même quelques avantages à être CLP plutôt que journaliste professionnel. Tout d'abord, et pour peu que la rédaction n'oublie pas cette règle d'or essentielle : le CLP n'a pas de lien de subordination avec l'entreprise (puisqu'il n'est ni salarié, ni protégé socialement). Il a donc toute lattitude pour disserter sur les sujets qui lui font envie, quand il en a envie. Une semi liberté qui doit par contre s'accomoder de petits revers de médaille : les articles doivent systématiquement entrer dans des cadres très stricts demandés par l'entreprise.
Le fait de ne pas être reconnu comme "journaliste" par ses pairs peut aussi engendrer des désagréments dont on se passerait volontiers : les secrétaires d'éditions (SE) se croient trop souvent obligés de modifier les articles en fonction de ce cadre pré-établi, mais aussi en fonction de leur propre sensibilité sur le sujet.
Ainsi, il n'est pas rare de voir son titre, son accroche, ou sa légende photo modifiés. Ce qui n'est pas un problème si cela améliore la qualite de l'article, et ne change pas son sens global. Car parfois, ça peut aller bien plus loin : les SE sont assez souvent débordés par l'afflux d'informations qui tombe au quotidien. De relecture il n'y a plus. "La page a une grosse pub en quatre colonnes aujourd'hui, il faut écrire plus court..." L'article est trop long de 20 lignes? Pas le temps de réfléchir, ni d'appeler le correspondant : on tranche dans le lard. La photo est trop grande? On la tronque vite fait bien fait. On en arrive vite à certaines absurdités qui peuvent vite devenir fâcheuses. En effet, le lecteur ne comprend plus le sens de l'article, et les personnes qui y sont mentionnées (qui n'appellent jamais pour remercier lorsque l'article leur plaît) n'hésitent pas à téléphoner au correspondant pour lui dire qu'il ne fait pas son travail correctement, l'insulter, voire le menacer de tribunal (si, si)...
Non, CLP n'est pas un métier facile, et l'est encore moins lorsque la rédaction ne le soutient pas, ou mieux, discrédite son travail. Car finalement, les SE sont des salariés qui possèdent la très convoitée carte de presse, et travaillent bien au chaud dans leur bureau dans la grande ville. Ils ne vivent pas vraiment au coeur de l'évènement rural, ni des pressions des politiciens locaux, si ce n'est par procuration (pour ceux qui lisent les articles qu'ils publient). Ils ne sont pas directement confrontés aux remontrances des lecteurs. Et puis, l'article incriminé ne porte pas leur signature, après-tout!
Mais foin de cynisme, le CLP a aussi d'autres avantages : il est reconnu de tous comme celui qui écrit dans la presse, celui qui parle des autres, raconte son village... Une certaine aura qui lui permet -entre autre- d'entrer partout gratuitement, de fréquenter tous les milieux sociaux, et... De boire des coups à l'oeil! Une illusion de célébrité (du moins au plan local), en somme.

Le meilleur pour la fin : le statut du CLP tel qu'il est défini au Journal Officiel : Article 10, modifié par Loi 93-121 du 27 Janvier 1993 art 16 JORF du 30 janvier 1993.

I - Le correspondant local de la presse régionale ou départementale contribue, selon le déroulement de l'actualité, à la collecte de toute information de proximité relative à une zone géographique déterminée ou à une activité sociale particulière pour le compte d'une entreprise éditrice.
Cette contribution consiste en l'apport d'informations soumises avant une éventuelle publication à la vérification ou à la mise en forme préalable par un journaliste professionnel.
Le correspondant local de la presse régionale et départementale est un travailleur indépendant et ne relève pas au titre de cette activité du 16° de l'article L 311-3 du code de la sécurité sociale ni de l'article L 761-2 du code du travail.

II - Lorsque le revenu tiré de leur activité n'excède pas 15 p 100 du plafond annuel de la sécurité sociale au 1er juillet de l'année en cours, les correspondants locaux de la presse régionale et départementale visés au I ne sont affiliés aux régimes d'assurance maladie-maternité et d'assurance vieillesse des travailleurs non salariés que s'ils le demandent.

III - Lorsque le revenu tiré de leur activité reste inférieur à 25 p 100 du plafond mentionné au II, les correspondants locaux de la presse régionale et départementale visés au II bénéficient d'un abattement de 50 p 100 pris en charge par l'Etat sur leurs cotisations d'assurance maladie-maternité et d'assurance vieillesse.

Conclusion :
Finalement, en schématisant toutes ces données, la différence entre le journaliste professionnel et le correspondant local de presse est vraiment infime. Elle se restreint à la possession ou non d'une carte de presse, et au statut de salarié, ou à celui de travailleur indépendant. Comment mieux arnaquer des gens aux compétences similaires...

 

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 15:04

Bienvenue, heureux lecteur de correspondant-de-presse-64.over-blog.com. Plus qu'un simple CV détaillé, ce Blog vous permettra de pouvoir avoir accès à un large pannel d'articles et reportages en tout genre (écrits, radiophoniques, video...) ainsi que de dessins de presse réalisés par l'auteur (moi même, en l'occurence...), et publiés sur divers supports médias régionaux.  Le but avoué de cet exercice de style : offrir mes services en Free-Lance, puisque je suis inscrit au registre des commerces (au départ bien malgré moi, il faut l'avouer) en tant que correspondant de presse, ou dessinateur de presse. Autant profiter de l'aubaine!

Ce Blog a une autre fonction, celle de faire le point sur la profession (car ç'en est une), la condition et les réalités du Correspondant Local de Presse (CLP). Car bien trop souvent, le commun des mortels a la facheuse tendance à utiliser -à mauvais escient- le terme "journaliste", et à s'imaginer un salaire et des avantages mirifiques qui iraient avec!  
En outre, la vocation de ce blog, c'est d'essayer d'aider -toute personne désireuse de se lancer dans le monde des médias par la petite porte- à éviter les écueils inhérents à ce métier passionnant. 

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12 septembre 2004 7 12 /09 /septembre /2004 18:03

Un vieux PQ que j'ai rédigé en 2004 sur mon premier blog (Xiberoland), et que j'ai décidé de publier ici (sans les photos, que je ne retrouve pas, malheureusement), car la critique est toujours d'actualité en 2006. Et puis j'aime bien ce texte rock n' roll à souhait...

Aaaaah ! Mauléon… Capitale de la Soule… Une jolie petite bourgade en vérité, surtout depuis que l’on a refait la place des allées. C’est ce que doit se dire le premier touriste venu, tout en admirant le fronton grandiose, et les couleurs pastels typiques des façades. Seulement, le touriste, il vient de se taper 400 bornes pied au plancher, et ça fait bien deux heures qu’il a une furieuse envie d’uriner abondamment… Tiens, même qu’il déposerait bien l’étron, tant qu’à faire ! Et là, notre touriste, il cherche… Pas longtemps, parce qu’au bout de deux minutes, s’il n’a pas trouvé le panneau tout seul (à l'odeur), il va demander au premier passant qu’il voit. Les toilettes publiques de la place des allées, c’est tout un poème ! S’ils ne sont pas abominablement sales, ils sont d’une vétusté affligeante. Qui donc voudrait poser son séant sur pareil trône ?

Les mauvaises langues diront qu’il y a toujours moyen de faire ses besoins sans toucher la cuvette des WC, certes… Mais elles oublieront de donner la marche à suivre afin d’éviter que votre pantalon rabaissé sur vos chevilles n’éponge les litres de vieille pisse répandue sur l’infect carrelage. Elles ne vous diront pas non plus de vous tenir appuyé au mur constellé de chiures vieilles comme Hérode. Comble de l’horreur, ce n’est qu’après avoir soulagé sa panse que le touriste réalisera que les dérouleurs de PQ sont soit vides, soit maculés d’excréments (ou d’un autre type de fluide corporel)… Non, franchement, en fréquentant ces augustes lieux, on a plus envie de dégueuler que de chier!
Pour la petite commission masculine, ça passe encore si l’on est bien chaussé, car les traditionnelles espadrilles sont à bannir dans les goguenots des Allées. Quant aux pissotières, elles vous accueillent avec une haleine fétide qui soulève le coeur , et toujours ces immondes flaques putrides. Et encore, on est en hiver. Inutile de décrire ce que l’on peut y trouver en période de fêtes… Les pissotières publiques de la rue Labat ne font pas exception à la règle .Taguées de partout, elles exhalent de vieux relents ammoniaqués qui feraient vomir mon chien. Rajoutons que l’évacuation des « eaux » est souvent bouchée par de vieux mégots détrempés, d’où l’odeur. Il ne fait pas bon passer près de la BAMI en plein mois d’Août…

Pour autant, loin de moi l’idée d’accuser les services techniques de ne pas faire leur travail ! La preuve : le même jour, j’ai décidé de faire des clichés des WC de la haute ville, situés sous la halle. Et là, miracle de la vie ordinaire, ça sentait la javel fraîchement déversée à gros bouillons. Le sol venait visiblement d’être briqué, et la faïence brillait de l’éclat de Monsieur Propre. On voit bien que ce quartier de la ville est habité (et c’est un paradoxe) par de fameux emmerdeurs! Enfin, les quatrièmes commodités publiques de la ville se situent au centre multi-services, et sont gérées par la communauté des communes. Ce sont –en apparence- les plus propres du tout Mauléon. Mais ça, le touriste de base n’en a cure, et ne va certainement pas courir le labyrinthe afin d’évacuer sa vessie. A qui la faute? Bien sur, on pourra arguer que la critique est facile, et que ce n’est pas la faute des services techniques si la merde, ça pue. C’est vrai, rendons à César ce qui est à César. Et puis, les virgules sur les murs, ce n’est pas la femme de ménage qui les a faites ! Ce n’est pas elle non plus qui bouche les WC, ou qui urine sur le carrelage ! Mais si la faute ne revient pas au personnel de l’entretien, Qui donc est le coupable?
"Ce sont les usagers qui font une nouvelle fois preuve d’incivisme ! les gens ont vraiment manqué de coups de pieds au cul dans leur jeunesse !!!", clame t-on en haut lieux. Certes… Mais le rôle de la municipalité n’est il pas de faire fi de ces petits soucis du quotidien, et des caprices de ses administrés pour présenter des équipements propres et décents dans lesquels il ferait bon déféquer ? On va encore une fois m’accuser d’être un râleur de première (ce qui est un fait avéré, je l’avoue), mais je vais à nouveau devoir pointer du doigt nos élus… Logique, dans cette société où chaque acte négatif requiert son responsable.

Michel Etchebest, (dont on peut par ailleurs contester bien des arguments parfois) a bien raison sur ce point : c’est une honte pour la ville de Mauléon ! Je me permets de vous demander ce que vous diriez si votre magnifique épouse portait avec classe le tailleur Chanel et le brushing permanenté, mais ne se serait pas lavée depuis une semaine et arborait des vieux dessous troués datant de votre arrière grand mère?? Pourtant, la commune a de l’argent, elle qui n’hésite pas à dépenser des cent et des mille pour la rénovation d’un trinquet, alors que Garindein (à 3 kilomètres) fait de même de son côté. Sans oublier les vestiaires du foot, la place de Licharre… Mais il y a sans doutes des priorités, et puis, les WC seront certainement remis à neuf lorsque le chantier du quartier "cœur de ville" sera mis en branle (dans 2 ans…). Sans doute que, si l’argent n’a pas d’odeur, on préfère le jeter par la fenêtre plutôt que l’employer pour l’évacuation (dans de bonnes conditions) de la matière fécale humaine…
Je me demande si je ne vais pas me remettre à chier dans mon slip, tiens!

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