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  • : Xiberoland - ex CLP64
  • : Ce blog est celui d'un ex-correspondant local de presse des Pyrénées Atlantiques vivant en Soule, écrivaillon, gribouilleur et web-addict à ses heures. Mais surtout très casse-pieds...
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Un peu de pub perso...

 
 

"L'infection T2 : Pandémie",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

15 euros, 306 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Tandis que Patrice végète à l'hôpital psychiatrique, que Sébastien est tombé en disgrâce et que Pascal se morfond à Paris, Beau Smart revient de plus belle, causant de terribles dégâts sur toute la planète. 
Mais cette fois-ci, le président Obaba – à qui l’intelligence artificielle a eu la mauvaise idée de s’attaquer – est bien décidé à la traquer et la détruire coûte que coûte. Pendant ce temps, un autre tueur monstrueux et insaisissable est lui aussi entré en scène…

Cette fois-ci, exit les mondes virtuels en trois dimensions : le thriller fantastique écolo et nihiliste se déroule majoritairement aux États-Unis d’Amérique, en Soule et dans le monde réel !


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 l'infection

"L'infection T1 : Contage",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

16 euros, 378 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Patrice est tombé amoureux de Mathilde, une jeune femme qui vient d'arriver en Soule. Lui est tout sauf un Don Juan, mais il a plus d'un tour dans son sac, malgré les apparences...
Il va contourner ses défauts rédhibitoires grâce à Internet. Mais il va vite apprendre que tout se paie, en ce bas- monde.
Rencontré dans un monde virtuel en trois dimensions, un génie digital exauceur de voeux va se charger de le lui rappeler, en l'entraînant dans une spirale cauchemardesque sans fin...


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 mauvais-berger

"Mauvais berger!",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

10 euros, 90 pages, format A5

Le blog officiel du livre


Genre : tranche de vie

 

Résumé : Afin de s'installer en tant que berger, Etienne suit une formation agricole qui le conduit à effectuer des stages dans l'exploitation d'un berger éleveur en estives, dans les Pyrénées.
Mais petit à petit, le rêve de notre héros "néo-rural" s'émiette : les conditions de vie dans la bergerie sans confort sont difficiles, et le travail harassant est nullement reconnu.
Mais tout ceci ne serait rien sans les brimades de... la bergère!

 

Ce qu'en dit la presse :

 

Journal du Pays Basque, 12 avril 2008 : "(...) le style descriptif et le langage parfois cru donnent un ton réaliste à ce récit sans concession".

SudOuest, le 17 avril 2008 : "(...) un texte illustré par l'auteur lui-même, plein d'humour et d'autodérision (...)".

 

La Rébublique des Pyrénées, le 24 avril 2008 : "Une tranche de vie où toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant existés n'est pas fortuite..."

Magazine Vent d'Oc, septembre 2008 : "Une lecture qui se fait à la vitesse de la lumière, tant l'on veut savoir à quelle sauce sera mangé ce néo-rural!!!"


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DARK XIBEROA

 

5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 09:28

Aujourd'hui, on va rester dans le thème Prepper (mais sur un ton plus léger) avec cette petite anecdote rigolote. Je réalise que j'ai le virus du prepping depuis très longtemps sans le savoir, en fait. 

L'histoire que je m'apprête à vous conter date du début des années 80, c'était le bon temps des Goonies : je devais avoir entre 11 et 12 ans. A l'époque, j'étais au collège Elysée Mousnier, à Cognac. Je n'y étais pas heureux. A vrai dire, je n'ai jamais été heureux dans le milieu scolaire, que ce soit à la maternelle, à l'école primaire, au collège ou au lycée, ni même à la fac. J'ai toujours considéré le système scolaire tel qu'il a été pensé comme un moule rigide et froid fait pour formater l'esprit fantasque et spontané des enfants, afin d'en faire de bons citoyens dociles et endormis. L'école nous prépare depuis toujours à devenir de parfaits petit suppôts du macronisme !
Certains s'adaptent à la perfection à ces contraintes, beaucoup jouent le jeu pour survivre mais n'en pensent pas moins. Et puis il y a les autres, ceux qu'on appelle les "médiocres", les "paresseux", des qualificatifs moyennement sympathiques qui revenaient souvent dans les appréciations de mes bulletins de notes. 

Ces notes (mauvaises) qui ne servaient qu'à instaurer complètement ce système de compétition et qui m'écrasaient littéralement, m'ôtant toute envie de faire des efforts (le courage ne m'a jamais étouffé, faut dire)... Sans oublier les profs sectaires, ou élitistes, et/ou détestables (pas tous, heureusement)... Les cours de sports où, depuis le banc de touche sur lequel j'étais régulièrement consigné (la faute à mon incompétence et à mon rejet absolu des jeux collectifs), je devais regarder des heures durant deux équipes de couillons en short se disputer une pauvre baballe... Et puis la cour de récré, où il fallait se faufiler le plus discrètement possible afin d'éviter de tomber sur les "bandits" qui vous agressaient pour un jean acheté chez Leclerc au lieu de chez Carnaby (ou l'inverse) ou pour un bouton jaunâtre dans l'aile du nez qui ne leur revenait pas... Bref, Vous l'aurez compris, j'ai vécu l'école comme un long cauchemar (ce qui est relativement triste, pour un fils de profs...). 
L'école, c'est mon Vietnam à moi. Ça m'a tellement traumatisé que j'en rêve encore parfois la nuit, lorsque je suis habité par un grand stress. A ces occasions, je me retrouve à déambuler cul-nu (ou en pantoufles, si ce n'est les deux en même temps) parmi les autres élèves - tous habillés, eux -, dans la cour de récréation. J'essaye de planquer mon intimité comme je peux en tirant sur mon tee-shirt devant et derrière, même si ça n'a aucun sens puisque personne ne semble remarquer quoi que ce soit de ma situation délicate ! En général, je me réveille de ces rêves idiots avec un sentiment profond de honte et d'incompréhension. Je vous rassure : ça passe sous la douche... ^^

Et comme s'il fallait rajouter du stress au stress, le soir en rentrant, j'étais noyé de devoirs insipides et fatigants quand il ne fallait pas, en plus, que je ruse pour cacher mes mauvaises notes à mes parents. Pour ce faire, j'ai dû user (sans succès) d'à peu près tous les stratagèmes imaginables. A chaque fois, j'ai fini par me faire gauler ! Avoir des parents profs, ça peut être un avantage (ils ont la capacité - et le désir - de vous aider à progresser) mais aussi un inconvénient : ils connaissent tous vos trucs tordus et sont surtout très exigeants. Pour eux, votre échec scolaire n'est pas une option envisageable : vous DEVEZ réussir, point. Question d'honneur ou question d'époque ? Je ne saurai dire. 
Attention, je ne suis pas en train de leur reprocher quoi que ce soit, hein ? Je pense que mes parents ont fait ce qu'ils ont pu (avec les moyens du bord) pour mes frères comme pour moi. Ils l'ont fait avec amour et nous n'avons été privés de rien. Certes, ils étaient exigeants. Ça, je ne peux pas le leur enlever. Mais en même temps, comme dirait Macron (encore lui !?), sans leur investissement quotidien pour essayer de me sortir de ma médiocrité, sans leur insistance pour que je réussisse un minimum à l'école, qui sait ce que je ferais aujourd'hui ?  Sûrement pas écrire cette bafouille, j'en suis persuadé !

Longue introduction pour poser le décor... Mais revenons au début de ce billet !

🎼  PARTIR UN JOUR, SANS RETOUR (gnagnagna...), SANS SE RETOURNER, NE PAS REGRETTER...  🎤

Tout cela constituait beaucoup trop de pression pour mes frêles épaules de pauvre petit adolescent, qui commençait à être affolé par ses hormones, qui plus est. Quand je vous parlais de cauchemar tout à l'heure, je n'exagérais pas. Je le vivais vraiment comme tel et ne voyais pas d'autre échappatoire que la fugue. Fuir, plus pour faire prendre conscience de mon mal-être à mes parents que pour réellement disparaître de la surface du monde. Je ne nierai pas : comme tout ado en crise, il m'est arrivé de penser au suicide. Mais  le côté définitif de l'entreprise a quelque peu bloqué ma réflexion à chaque fois que j'ai été tenté. C'est pour cela que l'idée de la fugue a peu à peu germé dans mon esprit perturbé, et s'est fait de plus en plus précise. Un mercredi après-midi de grosse colère (ma mère, qui venait de découvrir ma dernière "caisse" en français, malhabilement supprimée de mon carnet à l'effaceur, m'avait puni en me consignant dans ma chambre) j'ai décider de sauter le pas : j'allais partir pour de bon !

Alors, tout en pleurnichant de rage, je me suis préparé au grand départ : j'ai trouvé un petit sac en toile simili cuir dans lequel j'ai placé mon canif multifonction fétiche, une carte routière obsolète, une boussole pas super fonctionnelle et un vieux K-way. J'ai attendu que ma mère parte faire des courses, j'ai attrapé mon balluchon, un bâton et je suis parti en ânonnant quelque gros mot à l'attention du monde des adultes, de l'école, de la vie elle-même. "Tu vas moins faire la maligne quand tu vas rentrer et que je ne serai plus là, c'est moi qui te le dis ! Je m'en vais pour toujours, voilà ! Adieu et je ne reviendrai jamais !", me rabâchais-je, soudain épris de cette liberté nouvelle et prometteuse. Je me revois en train de marcher d'un pas décidé en direction de Châteaubernard, les poings serrés, tout en me congratulant de mon courage et de ma volonté soudains. J'étais Etienne sans famille ! Huckleberry Boyer ! Alexander Supertramp (bien avant Chris McCandless - avez-vous noté la référence ultime et cette savoureuse rupture du continuum spatio-temporel ?) !
Au bout du lotissement, j'étais déjà en train de réfléchir à l'endroit où j'allais dormir, une fois la nuit venue. Pas grave : un pont quelconque serait mon abri de fortune. "C'est pas ça qui va arrêter un Boyer, c'est moi qui vous le dis !"
Et pour manger, eh bien je... Gulp !

Et c'est à ce moment-là, alors que j'arrivais au pont de Dizedon (à environ 400 mètres de chez moi) que j'ai réalisé que je n'avais pas pensé à prendre ni eau ni nourriture pour survivre à la grande aventure de ma vie en solitaire. Mon estomac a gargouillé en suivant, rien qu'à cette pensée. En un éclair, j'avais oublié les raisons de ma colère originelle.
J'ai regardé ma montre : 16h30. C'était l'heure du goûter, comme pour me narguer... J'ai stoppé mon périple au beau milieu du pont, et j'ai réfléchi une poignée de secondes...
Derrière moi : la maison, ma chambre, le confort de mon lit, le goûter succulent qui m'attendait (et tous les suivants)... Mais aussi l'école, les notes, les parents qui ne me lâcheraient pas. Et devant moi : les vignes charentaises à perte de vue, l'aventure, la vraie vie, l'inconnu... Mais aussi le froid, la bouillasse, la solitude, la crasse et surtout la faim... Et peut-être les flics ou la morgue en conclusion. Cruel dilemme...
Je vous avoue que je n'ai pas mis longtemps à me décider. J'ai soupiré de dépit et j'ai rebroussé chemin en traînant des pieds. Pour la peine, une fois bien calé à la table de la cuisine, je me suis servi une double ration de pain et de chocolat abondamment arrosés de jus d'orange. Eh quoi ? Il fallait bien que je me console de ma déception (de moi-même) et de ma lâcheté, non ?!
Enfin rassasié, je suis remonté dans ma chambre pour méditer sur le sens de la vie au lieu de faire mes devoirs, mais pendant très longtemps, j'ai gardé le balluchon tout prêt sous mon lit, au cas où cette fois-ci, je partirais vraiment pour de bon et pour toujours.

Le soir-même, j'ai commis l'erreur de raconter cette histoire à mon frangin (celui du milieu) qui s'est ensuite bien foutu de ma gueule pendant des années à cause de ce "petit sac" de fugueur raté...
Par contre, mes parents n'en ont jamais rien su. Enfin je crois... J'espère qu'ils ne se sentiront pas culpabilisés à la lecture de cette anecdote. Le but de cet exercice n'était évidemment pas de jouer les "enfances malheureuses" mais juste de raconter ce petit souvenir de ma crise d'adolescence avec cette tendresse et cette auto-dérision qui me caractérisent...

Papa, Maman, je vous aime et merci pour tout. 

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21 février 2019 4 21 /02 /février /2019 15:25

Je lisais l'autre jour un article sur le port/transport du couteau en France. C'est marrant parce que tout le monde a son opinion bien tranchée (=>lol) sur la question, mais personne n'est d'accord. D'ailleurs, c'est presque impossible de trouver un texte de Loi actualisé et surtout sans équivoque. 

Certains prétendent que le port du couteau est interdit, peu importe le type ou la longueur de la lame ; d'autres racontent à qui veut bien les croire que seules les lames qui se bloquent (un simple Leatherman ou un Opinel, par exemple) et les poignards sont interdits. L'argument qui revient le plus souvent dans les commentaires des "sachants", c'est que c'est "à la discrétion des forces de l'ordre". En gros, s'ils ont envie de te faire chier ou s'ils trouvent ton couteau à leur goût, les flics peuvent te le confisquer. Mais peu importe la Loi. De toute façon, elles sont toutes faites pour être transgressées selon le vieil adage du "pas vu, pas pris", propre à l'esprit français...

Comme vous le savez sûrement, puisque vous êtes un lecteur assidu de ce blog , je suis un amateur de couteaux et ce depuis toujours. Je n'ai pas une collection exhaustive ni luxueuse, mais je marche au coup de cœur. Je devais avoir 11 ou 12 ans quand ce correspondant allemand que j'avais à l'époque m'a filé le virus en me donnant son minuscule canif rectangulaire noir, comportant une mini lame style Bowie, une lime-cure ongles, une paire de ciseaux et un décapsuleur. La base...
J'ai chéri ce petit couteau jusqu'à ce que je le perde (ou que je me le fasse voler). Après ça, j'ai perdu de vue le côté strictement utilitaire de l'objet au quotidien : je fantasmais littéralement sur les "gros calibres" (Aitor Jungle King 2) inspirés par Rambo. Quelque chose à compenser, sans doute ?

Certes, on restait dans le trip prepper/survivaliste, mais bon... Difficile de justifier le fait de se trimbaler en ville avec un couteau de survie à la ceinture... Je l'ai eu fait, bien entendu, mais je m'étais arrangé pour que le fourreau n'apparaisse pas sur mon pantalon, mais reste bien caché entre mon slip et mon pantalon. (Malin le lapin, non !?)

Eh puis, avec le temps, je suis redevenu raisonnable : j'ai fini par arrêter de penser aux "gros machins", pas très pratiques à porter et surtout d'une utilité relative en milieu urbain. J'ai commencé à loucher sur des couteaux pliants plus classiques, qui tiennent dans la paume de la main. Que ce soient de simples canifs "traditionnels" à la pépé (St Joanis Arbost, Nontron, Sauveterre...) ou carrément des lames un peu plus tactiques et/ou "agressives" (Fox Forest, Spyderco Harpy, Coldsteel Pocket Bushman...), entre toutes, mon cœur balance. Mais on est vite "calculé" par les autres quand on sort ce genre de lame en public : les regards effarés qui s'échangent, les murmures à peine audibles "mais c'est quoi ce taré ? Il veut buter quelqu'un avec ça, ou quoi ?" 

Je précise que je n'ai JAMAIS tué personne en 47 ans d'existence... Un exploit, non ? laugh

Le choix de l'utilité, pour que ma passion des lames passe inaperçue...

Et plus le temps a continué de filer à l'anglaise, plus je me suis rendu compte qu'un canif - aussi beau soit-il - ne m'était pas d'une grande utilité dans ma vie de tous les jours (à part pour couper la viande, et encore...). Je me suis donc rabattu sur les couteaux de l'armée suisse Victorinox. Il n'y a pas à dire : rien ne vaut la qualité suisse et c'est valable pour les montres comme pour les couteaux. L'avantage de ces multitools c'est justement qu'ils comportent plein d'outils autres que la seule lame. Et ça va de la pince à la scie, en passant par le ciseau à bois, le cure-dents ou le stylo à billes. Certains ont même des porte-embouts Torx, Phillips et Allen, une lampe à led, une clé USB, un coupe-cigare et même un coupe ongles ! Il en faut pour tous les goûts, tous les usages... Je mets un point d'honneur à me servir du mien tous les jours, à la moindre occasion.
Une Leffe à déboucher ? COUTEAU SUISSE ! 
Un bout de saucisson coincé entre les dents ? COUTEAU SUISSE ! 
Un cuticule douloureux ? COUTEAU SUISSE ! 
Un poil de nez disgracieux à ôter ? COUTEAU SUISSE !
La branche de mes lunettes à revisser ? COUTEAU SUISSE ! 

Un bout de bois à scier ? COUTEAU SUISSE ! 
La Pink Lady de 10 heures à peler ? COUTEAU SUISSE !
Je peux continuer comme ça toute la journée, si vous voulez... Je suis un genre de McGyver du monde réel, mais sans le background scientifique ni le mulet. J'ai même intégré un groupe Facebook de passionnés, c'est vous dire si le sujet m'intéresse !

Autre avantage qui découle des Swiss Army Knives (SAK pour les initiés) : comme ils jouissent davantage d'une image "d'outil de gentleman" auprès du grand public que de celle d'un simple couteau, il me semble qu'ils éveillent moins les soupçons de la gent féminine, souvent prompte à voir le psychopathe qui sommeille en vous.

(Quoi "c'est sexiste" ? Non, c'est factuel et basé sur l'expérience !) 
Pour en revenir au début de ce billet, qui a l'air un peu décousu comme ça (mais qui ne l'est pas, bien entendu), il me semble que se faire contrôler par la police avec un Swisschamp (mon #EDC du moment) dans un étui est quand même moins suspect que de se faire toper avec un Harpy dans sa poche... Mais là encore, la tolérance ne s'applique que si l'on prend soin de s'adapter à son milieu. Moi je vis dans la campagne où ça ne choque pas grand monde, un type qui se trimbale avec un canif. Les anciens en ont tous un dans leur bleu de travail sans que ça ait jamais posé de problème.
Cela dit, je laisse évidemment mes joujoux au clou si je dois prendre l'avion ou aller à un concert en ville, ou dans une manif. 

Enfin, et sans renoncer à ce qui constitue ma personnalité, comme tout bon prepper, je fais également très attention à mon apparence. Inutile d'attirer l'attention sur moi en portant des vêtements ostensiblement voyants ou choquants. Le look casual inoffensif, c'est pratique et c'est aussi une sorte de camouflage dans notre société basée sur les artifices et l'apparence. La preuve : en 47 ans, je n'ai JAMAIS été contrôlé par la police. Pourtant, j'ai presque toujours un couteau sur moi et je ne vais pas changer mes habitudes par peur d'un hypothétique rappel à la Loi, c'est moi qui vous le dis... 

EDIT 6/3/19 : Depuis que j'ai publié cet article, j'ai eu la chance de tomber sur ce site : www.gouvernement.fr. Evidemment, lorsque le gouvernement lui-même encourage la population à s'équiper d'un kit de survie (et notamment d'un couteau multifonctions) pour le cas où elle devrait affronter une situation de crise, ça change pas mal de choses... 

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 15:25

Bonjour ! On peut dire que ça faisait un bail, hein ?
Bon, on va dire que pas mal de choses ont changé côté boulot, et du coup je ne sais plus trop où donner de la tête. Pas que je me touchais allègrement la nouille avant, hein ?  Mais bon... La découverte d'un nouveau métier, tout ça... Eh, ça va hein, c'est rien. C'est que du bon stress ! ^^

Bref, si je reviens aujourd'hui, c'est pour vous parler une fois de plus de ma marotte du moment : le survivalisme prepper. Rappelez-vous, j'ai déjà abordé le thème ici, et . C'est une doctrine qui consiste à se préparer pour s'en sortir,  le jour où ça va bien merder partout (de l'expression survivaliste When Shit Hits The Fan, ou WSHTF). Bref, En ce qui me concerne, je ne me prépare pas spécifiquement pour la fin du monde, mais juste pour les conneries de la vie qui arrivent parfois, qui sont stressantes et souvent complexes à gérer, si on n'a rien prévu. 

Par exemple, il y a quelques semaines, dans le cadre de mon nouveau job, j'avais un rendez-vous avec une équipe opérationnelle à Cambo-les bains. Je suis parti autour de 6h00 du matin de chez moi, en espérant arriver un peu avant 8h00. Ça me laissait une marge pour répondre à mes mails, facebooker une ou deux conneries... La routine habituelle, quoi. Eh bien croyez-le ou pas, je venais à peine de passer le rond-point de Larceveaux que je me suis aperçu que j'avais un pneu crevé. En pleine nuit, en pleine cambrousse, alors qu'il pleuvait à seaux. J'avais tout gagné ! 

J'ai commencé par m'arrêter quelque part le long de la départementale 933, histoire de constater les dégâts. Heureusement, j'avais eu la présence d'esprit de placer une lampe torche dans un compartiment de la voiture. Pneu droit crevé baignant dans la gadoue, le tout arrosé de trombes d'eau : impossible de changer la roue ici, ou il aurait fallu que je retourne chez moi pour me changer, après coup. J'avais besoin d'un abri. Pas d'autre choix que revenir jusqu'à Larceveau pour trouver quelque chose qui ferait l'affaire. Coup de bol, il était encore tôt et le parking de l'hôtel restaurant Espelle était vide. La bâtisse comporte un balcon sous lequel j'ai pu garer la voiture. J'avais déjà quasiment résolu quelques-uns de mes problèmes : l’étanchéité, un sol à peu près propre et une vague luminosité ambiante. 

Sauf que j'en avais créé un autre. J'avais haché mon pneu en roulant tout doucement (pourtant) sur les 2 kilomètres qui me séparaient du parking, si bien qu'il n'y avait plus aucun espoir de pouvoir le réparer... Du pain béni pour Euromaster ! ^^

Autre souci : je m'étais garé en dévers. Du coup il a fallu que je monte le cric à fond et que je pousse comme un âne pour poser la roue de secours. Il m'a fallu 45 minutes pour venir à bout du démontage et remontage de la roue, toujours dans la pénombre et l'humidité, mais j'ai fini par l'avoir, c'te garce ! J'étais plein de cambouis, mes pantalons et mes bottes étaient sales comme si je revenais de randonnée, mais je suis arrivé avec seulement 20 minutes de retard à mon rendez-vous. 

Un sac pour être toujours prêt mais, peut-on être prêt à tout ? 

Voilà la raison pour laquelle j'ai décidé de réactualiser mon what-if-bag (sac de "au cas où"). J'ai essayé de lister toutes les conneries qui pourraient m'arriver pendant un trajet ou au boulot, ou n'importe où en fait, et de trouver des solutions d'urgence en attendant mieux. Déjà, je voulais réduire ce sac à sa plus simple expression, et surtout faire en sorte qu'il n'attire pas l'attention. J'ai donc acheté un sac Eastpack noir en promo sur Amazon, et je me suis mis à cœur de ne le remplir qu'avec des choses utiles, ou susceptibles de le devenir, et pas forcément onéreuses. Voici ce que j'y ai rassemblé : 

- Dans la poche centrale, une tenue de rechange complète : un caleçon, une paire de chaussettes, un pantalon de tous les jours (gris avec des poches sur les côtés de chez Décathlon), une ceinture, un tee-shirt noir (levi's), un sous pull chaud gris (acheté chez Lidl), un pull en polaire noir (Décathlon), une paire de chaussures marron (Aigle Arizona), un shemagh kaki (TOE), une paire de gants fins gris (Lidl) et un poncho (Décathlon). Rien de trop cher ni de trop coloré. C'est vraiment le genre de fringues que je mets tous les jours.

- Dans la même poche, j'ai rajouté un sac à boire d'un litre (à remplir) et une couverture de survie (Decathlon). J'ai depuis rajouté 2 bandes cohésives (Lidl).

- Dans la poche frontale, j'ai pris du petit outillage divers : forcément un couteau suisse (Victorinox Tinker Deluxe, qui a la particularité d'avoir un tournevis cruciforme et une pince - en plus d'autres outils standards) et son étuis, une lampe de poche à dynamo et une lampe frontale à piles (Décathlon). On y trouve aussi une boite en fer de bonbons Altoïds (vide) dans laquelle je range un sifflet d'alerte (Décathlon), une clé USB plate de 2Go (marquée Immersive Lab - #Nostalgie) contenant divers fichiers cryptés que je considère comme importants (papiers d'identité, etc.) et trois piles AAA emballées dans du film alimentaire. Il y a aussi une clé à pipe avec 6 embouts (Victorinox), une boite en plastique contenant divers autre embouts pour la clé à pipe, un paquet de mouchoirs jetables et un carnet publicitaire avec son stylo, récupéré au boulot. Il y a également une boite en fer Seresto, dont je vous décris le contenu ci-après. 

- Dans la boite Seresto donc, j'ai placé essentiellement une mini trousse à pharmacie avec quatre pansements (deux tailles différentes), une lingette désinfectante, une pipette de désinfectant et une autre de sérum physiologique, le tout de la marque Mercurochrome. J'ai rajouté deux pansements seconde peau, un préservatif, une paire de bouchons d'oreille récupérés pendant un concert Metal, et une boite d'allumettes publicitaires d'un restaurant La Boucherie. Pour la partie strictement médicale, j'ai mis deux comprimés d'Advil, deux comprimés de Doliprane, trois pilules d'Imodium et quatre Zirtec. Scotchée au couvercle de la boite, on trouve une lame de rasoir. Enfin, pour éviter que la boite ne s'ouvre de façon intempestive mais aussi pour l'étanchéifier, je l'ai entourée de ruban adhésif électrique. 

J'aurais pu rajouter une ou deux barres de céréales à tout ce fourbi, mais ça se périme et comme j'ai des "réserves", je pense que je peux tenir au moins 24 heures sans manger... (pourvu que je n'aie pas à tester ça !!!) De temps en temps, il m'arrive de tomber sur un objet ou autre qui pourrait compléter le sac, mais comme je l'ai écrit plus haut, l'idée ce n'est pas de transporter sa baraque sur son dos mais uniquement le nécessaire, l'urgent. 

Vous voyez : il n'y a rien d'extraordinaire, somme toute, dans ce what-if-bag. Le but ici n'était pas de se préparer à l’Armageddon (ce sera l'objet d'un autre sac, peut-être, quand les Gilets Jaunes auront renversé Macron et la société ?), mais en tout cas, si jamais j'ai encore une crevaison ou n'importe quel autre ennui mécanique, me voilà paré ! 

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27 mars 2018 2 27 /03 /mars /2018 13:07

J'ai toujours été un type prévoyant. Ceux qui me connaissent bien savent que mon credo, c'est "prévoir le pire pour pouvoir apprécier le meilleur". De plus, j'ai toujours nourri une grande admiration pour ces mecs qui savent se sortir de n'importe quelle situation car ils y sont "prêts". Ces McGyver du monde réel <3 <3 <3

Et puis je rappelle que le thème principal du tome 3 de L'infection sera "la survie"... 

Et c'est ainsi que depuis quelques mois, j'ai décidé de mettre encore plus en pratique cette philosophie en rassemblant divers outils potentiellement utiles voire nécessaires à ma vie de tous les jours. On va dire que c'est un EDC amélioré, que je trimbale toujours avec moi. 

J'ai commencé par me documenter en achetant quelques livres généralistes sur le sujet (comme Aventures et survie de John "Lofty" Wiseman ou le guide de la survie extrême, de Bear Grylls), puis en regardant des vidéos de "preppers" sur Youtube. J'ai tout de suite été fasciné par le côté pratique de ces bonhommes "aware" (pas comme Jean-Claude Van Damme, mais presque). Les voir confectionner leurs boîtes à outils ultimes a quelque chose d'hypnotisant et de rassurant.

Alors je me suis dit que je pouvais moi aussi tenter l'exercice du mini kit de survie rangé dans une boite en métal Altoids. Et ce qui n'était au départ qu'une marotte, un jeu, un challenge est vite devenu indispensable à mon quotidien. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié lorsque je suis passionné, je me suis carrément constitué deux boîtes Altoids dans lesquelles j'ai réparti mon matériel (à usage essentiellement urbain) et une autre boite (une boîte Seresto qui conditionnait le collier anti-puces de mon chat - #recyclage) dans laquelle j'ai rangé une trousse à pharmacie compacte adaptée à mes besoins spécifiques.  

Parce que oui : il faut savoir que lorsqu'on monte son kit Altoids urbain, c'est comme pour l'EDC : on pense d'abord à soi. Il est donc composé d'ustensiles divers dont vous avez (ou aurez peut-être) besoin à titre personnel, mais qui ne conviendront pas forcément aux besoins d'une autre personne. A noter : il ne faut pas tenter de se fabriquer un kit de survie classique dans une de ces boîtes : c'est quasiment impossible de réunir les 3 fondamentaux du survivalisme (abri, feu, eau) dans un si petit espace. Alors y ajouter de la nourriture et un outil de survie en plus !? Bref... 

Ici, l'enjeu est de faire rentrer un maximum de gadgets (de qualité et utiles, récupérés ici-et-là ou achetés) dans un tout petit espace. Alors c'est sûr que j'aurais pu faire plus concis en virant tout ce qui est redondant ou que je n'utilise que très rarement (voire jamais). J'aurais aussi pu me contenter de mon couteau suisse de poche Victorinox Spartan car c'est l'EDC minimaliste parfait pour un petit gars du sud-ouest, comme moi. Mais bon... Je suis joueur.

Voici ce que contiennent mes boîtes, elles-même rangées dans une pochette tactique noire avec d'autres petits joujoux essentiels : 

Tin 1 : (les bords sont imperméabilisés au scotch électrique)

1 briquet Bic
1 nano-boussole
1 anneau d'attache
1 clé Allen standard (Ikea) avec gaffer tape (attachée à l'extérieur de la boîte)
1 tablette Readyman (pour la pêche)
4 circlips
1 mini boite en fer avec 5 allumettes emballées, 2 boutons, 2 dure-dents coupés en 1 trombones, 1 épingle à nourrice, 1 punaise.
1 miroir de survie
1 pince multitool Leatherman Micra
1 worktool card
2 élastiques à cheveux (pas pour mes cheveux - lol - mais pour attacher des choses ou maintenir les boites fermées)

Scotchés dans la tin : 
1 lame de rasoir
1 bistouri
3 aiguilles
6 pièces de 2 euros

 

Tin 2 : (les bords sont également imperméabilisés au scotch électrique)

2 tablettes Readyman (lock-picks)
1 nanolamp led
1 adaptateur carte microSD
1 pince à épiler
1 mini tube de superglue et son bouchon
1 bobine de fil kaki
1 cure oreilles
1 mini boite en fer avec 3 recharges stylo, 1 carte SD 32 Go (contenant des sauvegardes de toutes les données que je juge importantes : cartes d'identité, permis de conduire, carte vitale, carte grise, mes bouquins...)
1 stylo rétractable
2 élastiques à cheveux
5 feuilles de papier Rite in Rain
1 lingette nettoyante 2 en 1

Scotché dans la tin : 
1 liste des numéros (famille) à prévenir en cas d'urgence

Il me reste encore un peu de place pour rajouter du fil de pêche, des plombs... Mais là, on dépasse largement le kit urbain, même s'il y a un gave avec du poisson à Mauléon. En plus, je ne pêche même pas...
Vous êtes curieux de savoir ce que j'utilise le plus dans ce double kit ? Le coupe-ongles (presque tous les jours), la pince à épiler (pour ôter des poils de nez intempestifs) et les pièces de 2€ pour la machine à café du boulot... Le reste, c'est pour le fun et pour le cas où...

Voilà, ce sera tout pour aujourd'hui. J'espère au moins que ça vous aura bien fait marrer de voir à quel point je suis taré (pour ceux qui ne le savaient pas déjà).

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 20:00

C’est décidé : au risque d’attrister mes enfants ou de passer pour un pisse-froid « bien-pensant » (le mot est à la mode), je n’installerai PLUS JAMAIS de déco de Noël chez moi. Exit le sapin, les boules et les guirlandes. A dégager les grosses chaussettes colorées bourrées de chocolats et de sucres d’orge. Exit les illuminations nunuche bouffeuses d'énergie. Et adios les calendriers de l’avent Kinder. Quant à la crèche, c’est bien simple :  je n’en ai jamais eu.

Ça fait un moment que ça me trotte dans la tête, mais il était temps que je prenne une décision ferme à ce sujet. Je ne peux plus cautionner ce dégoulinage annuel de guimauve et de bons sentiments hypocrites, cette fête de la naissance d’un « fils de Dieu » qui n’existe pas.

Je peux encore moins supporter la version commerciale du truc : le petit Papa Noyel qui vient du nord de la Finlande avec ses rennes volants et ses cadeaux par milliers, fabriqués par les petites mains de ses petits lutins malins (et sodomites). Ce gros bonhomme rubicond et cocacolesque qui distribue des joujoux aux enfants sages en passant par la cheminée… Qui peut croire ça? 

J’en ai assez de ces chimères, de ces mensonges dont on nous gave avec complaisance depuis la plus petite enfance. Déjà, je n’ai jamais été de ces pères qui hurlent à la mort lorsqu’un adulte vend la mèche à son gamin. Je l’ai moi-même vendue, la mèche, à mes propres gosses, au grand dam de mon ex. Et je ne comprends pas comment on peut engueuler ses enfants lorsqu’ils sont pris en flagrant délit de mensonge, et dans le même temps raconter soi-même et sans scrupules des craques pareilles.

Pourtant, il va bien falloir que les gens ouvrent enfin les yeux un jour : le père Noël N’EXISTE PAS. Dieu N’EXISTE PAS. De ce fait, Noël n’a pas d’autre argument que purement mercantile. Cette fête justifie le travail des enfants en Asie, les travailleurs sous-payés, les marques (déjà pleines aux as) qui s’en foutent encore plus dans les poches en revendant à des gogos leur marchandise 20 fois le coût de sa production. Noël justifie le gavage des oies et des canards, la coupe de millions – de milliards – d’arbres qui n’ont rien demandé. Noël justifie les emballages superflus d’objets superficiels, sinon mauvais pour la santé ou sexistes. 

Alors oui, je sais que c’est une décision un peu bizarre voire un peu hypocrite, de se passer du sacro-saint « esprit de Noël », compte tenu du fait que je vais quand même continuer à offrir des cadeaux à droite et à gauche à mes proches tout comme je vais continuer à vous prendre la tête avec ma pub pour mes bouquins (même si je peste sans cesse contre la société de consommation), mais voilà : dans ma tête, je cloisonne bien les choses. Je sais que Noël a un sens pour la plupart des gens. Et même si ce n’est pas le cas, je sais qu’ils attendent les fêtes de fin d’année avec impatience, qu’ils apprécient le fait de recevoir des cadeaux, de faire bombance, de se retrouver en famille autour du feu de cheminée et d’une coupe de champagne… toutes ces petites réjouissances qui font que leur courte vie morne et absurde leur parait plus acceptable.

Je pense qu’on peut tout à fait faire la fête sans ce prétexte, sans pour autant donner du crédit à des histoires de curés. Le petit Jésus et la « vierge » Marie, ils ne mettront pas les pieds chez moi, même s’il fait -10° dehors. Et Santa (contrepèterie de Satan – amusant, non ?), qu’il sache bien que ma maison n’a pas de cheminée !  

Ceci dit, il y aura un poêle un jour. Mais je doute qu’il puisse passer par la tuyauterie. Par contre, l’inverse est toujours faisable…

A bon entendeur !

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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 19:30

Instant de pure nostalgie que cette petite anecdote métaphorique familiale...

Je vous ai sûrement déjà raconté comment "je m'endors au volant" régulièrement. En fait, je ne m'endors pas vraiment. C'est juste mon esprit qui vogue dans les méandres de mon passé, qui reconstruit ou réinvente son histoire (ou son futur, parfois), tandis que je conduis (au radar). 

L'autre jour, pendant un de ces fameux moments, je me remémorais un souvenir du temps où je jouais aux Big Jim / Action Joe avec mon petit frère. C'était avant la naissance de mon second frère, autant dire que j'avais moins de 11 ans (ce qui me donne une excuse valable pour mon comportement :D ).
Donc nous jouions avec nos bonshommes articulés. Forcément, comme j'étais l'aîné, j'étais le héros : Jim, le plus fort de tous les agents secrets, le tireur d'élite qui ne mourait jamais, même quand il se faisait tuer.
Ou alors j'étais Actarus, prince d'Euphor, ça dépendait de l'histoire. Et comme on gérait plusieurs personnages en même temps, j'étais aussi Grattus, le méchant et cruel Action Joe aux doigts mâchouillés et à l’œil crevé (on le lui avait colorié avec un crayon à papier).

Quant à mon frangin, il n'avait pas trop le choix et officiait souvent en tant que second rôle : celui du faire-valoir, tant chez les gentils que chez les méchants. Lui, il avait hérité du Professeur OBB (qu'il voulait utiliser comme un gentil - Hahaha, avec sa gueule de vieux vilain !), d'Alcor (also known as "le gros nullos avec sa soucoupe qu'on dirait un pot de chambre") et de "Zeyzza", une ridicule autant qu'affreuse petite poupée, toujours toute nue, avec sa touffe de cheveux hirsutes qu'on aurait dit fabriquée à partir des poils de cul de Chewbacca.
(On avait aussi un autre personnage qu'on avait appelé "Cacatutu", mais je vous en causerai une autre fois...)

Comme de bien entendu, la destinée du faire valoir est souvent de mourir sous les coups du méchant, pour donner le beau rôle au héros (qui le vengera par la suite - enfin normalement...). Et fatalement, cela arrivait au bout d'une heure (parfois moins). Cela coïncidait comme par hasard avec le moment où j'en avais marre de jouer avec mon frère. La vie est bien faite, quand même... 

Je m'évertuais donc régulièrement à tuer (de façon plus horrible à chaque fois - et ça ne m'a pas quitté puisque je continue à le faire dans mes romans) les personnages de mon frangin qui, au bord des larmes, accablé par mon immense sadisme, allait chercher son nounours (un chien en peluche géant portant un pantalon à carreaux, qu'il avait appelé "Jimmy" et qu'il avait appris à tenir toujours à portée de mains, au cas où) pour écraser mes personnages ou, selon l'humeur du moment, ressusciter les siens "magiquement".
En général, il ponctuait le geste par un frénétique : "mais non, parce que tout à coup, on aurait dit que Jimmy le gentil chien géant serait venu pour sauver Alcor !"
C'est qu'il incarnait parfaitement son personnage, le faisant marcher comme Godzilla, chaque pas faisant trembler le sol de la salle de jeux : Brouf ! brouf ! brouf ! 

Et là, gargarisé d'une mauvaise foi absolue, je prenais un plaisir malsain à lui expliquer que décidément : "non, c'est impossible : la magie ça n'existe pas pour de vrai" (à part dans les émissions de Garcimore ou de Gérard Majax). "Quand t'es mort, t'es mort, point. Tu t'appelles pas Jésus !".
Et, sans scrupule, je lui assénais le coup de grâce en le sermonnant sentencieusement : "il faut être réaliste dans la vie : les gentils chiens géants qui viennent vous sauver la mise au dernier moment, ça n'existe pas non plus, na !"
Quand ça ne marchait plus avec Jimmy, il invoquait un Dieu quelconque, qui finissait invariablement comme le gentil chien géant : vaporisé dans le néant du "ça s'peut pas". 

J'avoue, sur ce coup-là, j'étais vraiment un salaud de grand frère de merde, même si je romance un peu tout ça (déformation professionnelle) !

En général, tout cela se terminait en pugilat et j'avais souvent le dessus (privilège de l'âge). Suite à quoi mon pauvre frère, dépité et jurant ma perte, partait rager dans sa chambre.
Mais, ça, c'était uniquement les fois où mes parents ne venaient pas nous séparer en nous forçant à nous faire la bise, avant de nous renvoyer chacun dans nos chambres respectives, pleurant et rouges de colère. 

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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 13:50

Je l'ai déjà dit dans un article précédent, je ne suis pas un survivaliste. Porter un couteau de poche ne fait pas de vous un "prepper" et encore moins un serial killer. Je ne me prépare pas pour la fin du monde (quoi que... peut-être devrais-je m'y mettre ?) et suis plutôt un non-violent, même s'il m'arrive de piquer des colères homériques (généralement contre moi-même, d'ailleurs). Mais à titre d'info, les seules personnes que j'aie jamais blessées, tuées avec des objets tranchants (ou tabassées à mort) sont les personnages de mes romans. Heureusement, ce n'est pas encore illégal. ^^

Mon ex m'a souvent reproché (dans les derniers temps, surtout) de porter une lame sur moi en permanence ; mais pour moi, un couteau de poche, c'est juste un outil du quotidien, une extension de mes dents ou de mes ongles, rien de plus. Bon, j'avoue que quand j'étais ado, j'avais une fascination pour les poignards de survie (le Jungle King 2, de chez Aitor, restera mon plus grand regret d'achat manqué) et les sabres japonais. A priori, j'ai transmis ce virus à mon gamin (un jour, je vous exhiberai ma collec' de couteaux, promis !).
Mais en vieillissant, je me suis rendu compte que ce genre d'outil ne serait pas franchement utile ni discret dans la vie de tous les jours d'un citoyen vivant dans le monde occidental civilisé. Donc pas franchement en milieu hostile ni en situation de survie... 

Alors j'ai opté pour des couteaux dits "tactiques". Mais pour le coup, la tête inquiète des gens (mes collègues, mes potes, ou des personnes lambda qui me croisent, etc.) quand ils me voient sortir un Spyderco Harpy ou un RUI à ouverture assistée de ma poche n'est pas spécialement incitative. A chaque fois, je me sentais un peu obligé de préciser que je n'allais pas les égorger avec... Enfin pas tout de suite ! :D

Aujourd'hui, l'idée c'est de passer inaperçu et surtout d'avoir plus qu'une simple lame sur moi. Donc je préfère utiliser des "couteaux de gentleman pratique" comme le suisse Victorinox Pioneer Alox ou le Nontron Navette N° 38 multifonctions

D'ailleurs, à propos de ces deux couteaux, mon cœur balance. Comme je ne sais pas du tout lequel choisir, j'emporte le Pioneer dans ma poche et le Navette dans mon sac d'écrivaillon. Comme ça : pas de jaloux !
Il faut dire que ce sont tous les deux de chouettes petits canifs utilitaires multitools, mais simplifiés à l'extrême. Dans la vie urbaine de tous les jours, on n'a pas besoin de beaucoup de choses. Personnellement, j'ai juste besoin d'une lame simple, d'un décapsuleur et éventuellement d'un tire-bouchon. C'est tout ce que comporte le Navette et c'est amplement suffisant dans la majorité des cas. L'inconvénient principal du Nontron (de tous les Nontron), hormis qu'il peut vite devenir un objet de convoitise (parce qu'il est très beau et artisanal), c'est son prix assez dissuasif (dans les 80€). C'est presque "un bijou" et on a vraiment pas envie de le perdre ou de se le faire piquer.
Le Pioneer est plus fonctionnel : il comporte plus d'outils (comme un ouvre-boite, un poinçon, deux tournevis plats et une surface agrippante), est plus petit et plus plat que le précédent, pour un poids approximativement équivalent. Il coûte aussi moins cher (autour de 30€). Son principal défaut c'est qu'il n'a pas de tire-bouchon. Et ça, pour un petit gars du sud-ouest comme moi, c'est presque criminel ! Mais bon... Comme je ne bois pas du vin tous les jours (j'alterne avec la bière, le Rhum ou le Bourbon), ça peut passer. ^^

Sinon, lorsque je pars en randonnée, là je m'équipe un peu plus. En général, je troque le Pioneer pour un Huntsman (offert par mon ex - c'est ça qui est marrant !) ou équivalent, et j'embarque aussi une plus grosse lame (fixe si possible), comme ce MoraKniv Companion très sympa et pas cher du tout (moins de 20€). C'est sûr, il faut aimer les étuis rigides en plastique et le orange fluo...
Ah, et j'oubliais : parfois, j'emporte aussi (au fond du sac) un Leatherman Wingman. C'est une assez bonne marque de pinces multitools, et bon... On sait jamais ! Si je perdais le premier...

Mais à part ça, je ne suis pas un survivaliste !

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 13:30

Mes collègues ne perdent jamais une occasion pour se foutre de ma gueule (gentiment). En même temps, je leur tends beaucoup la perche. Si je voulais éviter ça, il me suffirait de ne jamais leur parler de ma vie privée, comme le font les autres, Yannick ou Henri, par exemple. Pette est un des premiers à m'avoir dit que je n'avais "pas de jardin secret" (ce qui est faux, bien entendu : je ne leur raconte pas tout - ni même dans ce blog - loin de là...).

Mais j'ai beaucoup trop d'anecdotes croustillantes pour les garder silencieuses et je sais que ça les fait rire. Si ça égaye leur journée, ça égaye la mienne ! Et puis en les racontant ou en les écrivant, je me libère de la mémoire pour autre chose. Enfin, je préfère que les gens sachent plutôt qu'ils ne découvrent par eux-même mes "honteux petits secrets". De fait, je suis toujours en train de me couper moi-même l'herbe sous les pieds. 

Il y a quelques temps, j'ai avoué à Simon (un autre de mes collègues de boulot) que j'avais en permanence dans mon coffre de voiture un sac contenant une tenue de rechange complète (en plus de tout un tas de petits trucs utiles comme une trousse de premiers secours, des ampoules neuves pour mes phares, des sacs de shopping, un rouleau de PQ, du paracétamol, etc.). Par complète, j'entends des sous-vêtements (caleçon et chaussettes), un pantalon, un tee-shirt, un sous-pull, un pull en polaire, une paire de chaussures et une chèche. Simon a ri. Il pense (et dit à qui veut l'entendre) que je suis un survivaliste. Mais je m'en défends carrément ! 

Même si le sujet m'intéresse (ne serait-ce que parce que ça peut me servir pour mes romans...), je ne suis pas un survivaliste. Il y a deux raisons principales à ce sac : 

1) ce sont des vêtements pratiques, confortables, secs et chauds qui pourraient se révéler utiles dans le cas où je rentrerai humide d'une randonnée, par exemple. Je sais, ça fait un bail que je ne suis pas allé marcher, mais je n'ai pas dit que j'y renonçais... Le fait que je les aie choisis dans des teintes plutôt kaki, terre ou sable ne tient pas du hasard. J'aime ces couleurs et en dehors du fait qu'elles ne sont pas spécialement remarquables dans la civilisation, elles sont aussi super efficaces pour passer inaperçu en pleine la nature. Bref, ce sont mes vêtements de tous les jours, mais en rab.

2) j'essaye d'être le plus autonome possible en cas de pépin. Et par "pépin", je ne veux pas dire - comme Francis Heaulme - que je compte massacrer de façon aléatoire des gens croisés sur ma route, avec cette possibilité de malencontreusement me salir avec leur sang et tripes. Je veux plutôt parler d'une de ces petites choses honteuses qui me sont déjà arrivées et qui font que la condition humaine est telle qu'elle est... (lire le 5ème paragraphe de ce billet). Comprenez-moi : je ne vis pas avec la peur absolue de me chier dessus à la suite d'un pet foireux. Mais comme c'est arrivé une fois (il y a 23 ans, certes), rien ne dit que ça n'arrivera pas une deuxième fois un jour. Un accident est si vite arrivé...

Ce n'est donc pas un sac de survie que j'ai dans ma voiture, ni un EDC (everyday carry - les objets qu'on porte tous les jours sur soi car ils sont utiles au quotidien, ou par simple croyance) ou un BOB (Bug Out Bag - sac d'évacuation en cas de catastrophe). Mon EDC, comme son nom l'indique, je l'ai en permanence sur moi, sauf le soir quand je rentre à la maison. Je vide tout dans un petit plat à gratin en grès qui trône sur l'îlot central de ma pièce à vivre. Mais sinon, chacun d'entre nous en porte un très personnel, et même Simon, ne l'en déplaise.

Les vêtements qu'on choisit font partie de l'EDC. Par exemple, moi, je porte des chaussures confortables pour la marche, généralement montantes. J'aime particulièrement les pantalons amples à poches (de type Cargo et pas forcément les treillis militaires ou les pantalons tactiques) parce que c'est confortable, ça laisse libre de ses mouvements et que ça permet d'y glisser le reste de mon EDC. Exit la banane ridicule que je portais au début des années 2000. Exit le baise-en-ville la sacoche qui ressemblait plus à un sac à main de femme (de par le bordel infâme qui y régnait) qu'à un véritable EDC. Aujourd'hui, tout cela est optimisé et loge dans mes poches.
Enfin, comme je suis un grand frileux, j'ai souvent, en plus de tout ça, une chèche et des gants à portée.

Qu'y a t-il d'autre, justement, dans mon EDC ? Il y a mes lunettes de vue, mes lunettes de soleil adaptées à ma myopie, ma montre, mon portefeuille avec mes moyens de paiement et mes pièces d'identité. Il y a aussi mon trousseau de clés diverses avec une clé USB (qui contient des sauvegardes - un truc de geek), un paquet de Fisherman's friend, un petit canif (avec de quoi ouvrir des bouteilles si besoin), mon smartphone et un carnet avec un stylo. Voilà pour les objets "utiles".
Ensuite, vient la partie "décorative" et/ou "superstitieuse", diront les mesquins. Je porte une chevalière en acier chirurgical qui représente l'emblème du crâne du Punisher (encore un truc de geek) et un collier porte bonheur tout simple (acheté à des indiens navajos sur le site de Monument Valley) avec un pendentif en os de buffle gravé représentant une pointe de flèche. 

Voilà. Vous voyez : pas de tarp, pas de machette Gator ni de katana, pas d'arbalète, pas de fusil à pompe, même pas un petit Jungle King 2 qui traîne... Pas de quoi faire un survivaliste, si ? 

Sinon, j'ai aussi un "EDC d'écrivaillon". Je vous le détaillerai dans un autre post sur l'autre blog, parce que là, c'est du lourd ^^

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 20:00

Shawn Coss - trouble de dépersonnalisationPlus j’avance, et plus je me rends compte que tout ce qui existe a un nom. On peut passer sa vie à essayer d’expliquer, de décrire une chose, mais si on n’a pas les bons mots, on ne peut pas la comprendre ni la faire comprendre aux autres.

Et donc hier, grâce à ce post qui n’arrête pas de tourner et retourner sur les réseaux sociaux, j’ai découvert que ces bizarreries que je vis de temps en temps ont aussi un nom. C’est même ce dessin de Shawn Coss (ci-contre) qui m’a ouvert les yeux, enfin… Ce que j’ai tenté plusieurs fois de vous expliquer dans ce blog en vous parlant de "mes absences" (au risque de passer pour un putain d’allumé du bulbe) s’appelle "troubles de dépersonnalisation" et "troubles de déréalisation". Les deux ont une définition très claire (pour le commun des mortels) dans Wikipédia.

Voici comment je les expérimente : le premier, trouble de dépersonnalisation, je le vis environ une à deux fois par mois. Il résulte généralement d’une période d’intense concentration (souvent quand j'écris), ou parfois d’un réveil difficile. Mais je ne contrôle absolument pas sa survenue. Je pose un œil sur mes mains, et tout à coup, il me semble que ce ne sont pas mes mains mais celles d’un mannequin, d'un pantin, d'un avatar, une enveloppe vide que mon esprit manipule à sa guise. C’est comme si j’étais hors de mon corps tout en y étant profondément accroché. Dans cette sorte d’état de transe, j’ai l’impression que rien de ce qui pourrait arriver dans le monde réel ne pourrait me toucher.

D’ordinaire, on a ce genre de vision pendant son sommeil, lorsqu’on rêve. Sauf que je suis bien réveillé et parfaitement conscient de l’être quand ça m’arrive. Le truc, c’est que c’est un instant très fugace. De l’ordre d’une fraction de seconde, puis c’est comme si j’étais aspiré dans la réalité, d’un seul coup. On est dans une espèce de mise en abîme tordue, dans laquelle je suis conscient d’être conscient et dans un état second à la fois. Et pile au moment où je constate que je me trouve dans cet état de grâce (oui, parce que même si ça fait un peu peur, on se sent super bien), je regagne mon corps et l’impression a disparu aussi vite qu’elle était venue, au point que je doute même de l’avoir vécue.

J’ai essayé à plusieurs reprises de me maintenir dans cette position pour voir jusqu’où je pourrais aller, mais impossible. Il y a toujours ce point de non-retour qui fait que je perds la sensation dès que j’en ai conscience. La seule fois où j’ai réussi à la faire durer plus longtemps, c’était au lycée, en cours de sport. Je m’étais isolé du groupe et mis en position du lotus, dans une des coursives du gymnase. J’étais en train d’inspirer et expirer profondément depuis quelques minutes, quand j’ai ressenti cet espèce de vide, de plénitude. La tête me tournait (l’afflux d’oxygène sûrement) et l’effet a duré quelques temps avant de se dissiper. Je n’ai jamais recommencé ce petit jeu depuis. Sans doute par peur de tomber dans les pommes, comme le concurrent japonais dans le Grand Bleu et de devoir expliquer à ceux qui me retrouveraient allongé et baignant dans ma bave à quel jeu stupide je jouais ?

Le second, qui s'apparente au trouble de déréalisation (mais qui dans mon cas est plus proche du premier), je l’expérimente TOUS LES JOURS en prenant la voiture pour aller au (ou rentrer du) travail. Je conduis et puis je laisse mes pensées voguer. En général, lorsque ça arrive, c’est que je suis coincé derrière un camion. Et alors c’est comme si je mettais mon corps en pause ou que mon esprit se désolidarisait de mon corps, que mon être physique et psychique se dissociaient. Je ne conduis plus : je roule. Je ne vois plus la route. Je sais qu’elle est là, quelque part, mais ce n’est pas elle que je regarde. Je vois des trucs qui me passent par la tête, mes propres histoires de vie, revues, parfois corrigées, des fantasmes, des projections d’avenir ou même des idées pour L'infection, mais pas le paysage qui défile. Et quand soudain "je me réveille", je me dis à chaque fois : "bon sang mais je suis déjà là !? J'ai rien vu passer !

Je sais, ça fait peur, hein ? Certains d’entre vous me croisent chaque matin et n’avaient jusqu’à maintenant jamais eu conscience de risquer leur vie, ce faisant… ^^
Si ça peut vous rassurer, cette transe ne m’a jamais causé un seul accident. Il semblerait que je sois quand même en état de veille dans ces moments-là, comme en pilote automatique. Je freine quand il faut, et je vois les obstacles, apparemment… D’ailleurs, quand je suis en "état dissocié", je ne fais rien de dangereux (genre doubler, ou me déporter sur le côté ou une autre voie…). Je suis, juste, celui qui est devant moi. Vous voilà rassurés, non ?

Ce trouble se manifeste également d’une façon un peu plus gênante pour moi (mais surtout pour les personnes qui me fréquentent) : on discute. Vous avez l’impression que je suis bien présent, que je vous écoute attentivement car j’acquiesce et je réponds aussi lorsque vous me posez des questions (jamais des réponses super développées, faudrait pas déconner non plus), mais en vrai, je ne suis pas là. Je suis un fil déroulé dans ma tête. Souvent à cause d’un mot que vous avez prononcé et qui m’a fait penser à un autre truc, puis à un autre, puis à un autre. Pourtant, mon regard n'a pas l'air fixe et vide... Vous avez l'impression que j'interagis, or c'est du bluff. Désolé... 
En fait, ce serait dû au stress de la vie quotidienne : une simple façon de s'extirper de la réalité, un twist du cerveau pour se protéger ou pour réparer des composantes abîmées ou mal ajustées. 

J’aime pas trop quand ça m’arrive, parce que d’abord, ça tendrait à prouver que je suis incapable de faire deux choses à la fois (le mal des mâles, paraît-il), et ensuite parce que j’ai peur d’être démasqué. Ma mère est experte à ce jeu. Elle sait tout de suite quand je suis aux abonnés absents. Ne vous méprenez pas : il ne s'agit pas d'irrespect ou de mépris pour mon vis-à-vis ou les sujets qu'il développe. C'est juste que mon taux de concentration est comment dire... quasi inexistant ou très limité en temps ? C'est un peu comme si une partie de mon cerveau prenait le reste de mon être en otage et l'enfermait dans une boite pendant quelques instants. Jamais très longtemps, heureusement. 

Bon, à part ça, ces deux troubles n’ont a priori rien d’extraordinaire. Ils ne font pas de moi un fou dangereux, ou un sociopathe potentiel. Beaucoup de gens les expérimenteraient à diverses fréquences. En vrai, c’est lorsque ça devient vraiment invivable (quand le trouble est compulsif, presque aussi fréquent - voire plus - que les moments de lucidité) que c’est dangereux. Ce n’est pas mon cas. J’arrive très bien à vivre avec ce qui s’apparente à de la distraction (très poussée). Et d’autant plus que je sais, maintenant, comment ça s’appelle réellement…

Alors pour ceux qui vivent avec moi au quotidien (qui me supportent), ceux avec lesquels je travaille, ceux que je côtoie souvent ou plus rarement, je vous remercie d’être indulgents avec moi.

Maintenant que vous savez, vous aussi ! ^^

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 10:50

Je vais vous raconter une petite histoire, qui date du début des anneés 90. A cette époque, j'étais gendarme auxiliaire à Saujon, en Charente Maritime, dans le cadre de mon service militaire obligatoire (voir ici et ici et ). J'aurais plein d'autres anecdotes à raconter sur cette période, tellement elle a été un tournant dans ma vie. Mais bon, ce sera pour une autre fois.

Cet épisode s'est déroulé un soir d'automne. J'étais affecté de patrouille de nuit avec le MDL-chef (Maréchal-Des-Logis-chef) Bertrand X. (affectueusement surnommé "Trambert" par les collègues). C'était une de ces nuits de pleine lune où on dirait que le commun des français moyens se donne le mot pour faire connerie sur connerie. C'était généralement lors de ces nuits qu'on avait une recrudescence d'appels pour viols, agressions et autres crises de paranoïa. C'est d'ailleurs depuis cette période que je suis intimement persuadé que la lune a un effet sur le comportement humain, qu'il soit physique ou entièrement psychologique...

Bref, ce soir-là, nous avions eu un certain nombre d'appels de civils et nous avions dû intervenir à plusieurs reprises. Nous étions fatigués. Or, le Centre Opérationnel de Gendarmerie (COG) nous a contacté une ultime fois aux alentours de minuit afin que nous nous rendions en pleine campagne, au secours d'une famille en plein divorce et dont le père, visiblement en crise de nerfs avait quitté le domicile à grands bruits, menaçant de revenir faire un carnage avec son fusil. J'avais 23 ans. La perspective de me retrouver face à un forcené armé en plein milieu de la nuit ne m'enchantait guère, mais bon... J'avais une mission. 

Nous sommes donc partis avec le Renault Trafic, "Trambert" et moi. Il nous a fallu une quarantaine de minutes pour arriver à destination. La maison de famille était située à une centaine de mètres au bout d'un chemin boueux à souhait, sur lequel mon chef n'avait pas eu coeur de s'engager. Il ne pleuvait pas, mais la couverture nuageuse épaisse, assortie du manque cruel de luminaires à cet endroit rendait l'atmosphère encore plus noire et poisseuse. Trambert avait coupé le moteur de la camionnette. Seules les diodes du tableau de bord éclairaient l'habitacle. Au fond du chemin, on distinguait une minuscule fenêtre éclairée.

Bon, Boyer, vous ne bougez pas d'ici, je vais voir sur place. J'emmène la radio. Au moindre problème, vous m'appelez.

Euh... OK chef...

ça va aller ? Ne vous inquiétez pas, il ne va rien se passer. 

J'ai esquissé un sourire en coin, gêné qu'il ait pu suspecter un début de trouille dans mon hésitation, et puis il est parti. Du coup, j'ai éteint le tableau de bord. Pas la peine de servir de cible si le fou revenait en douce. J'ai remonté les vitres assez haut, histoire de laisser passer un petit filet d'air dans l'habitacle sans trop m'exposer à une attaque surprise.

La silhouette de Trambert ne mit pas longtemps à être engloutie par la nuit. Je voyais à peine le faisceau de sa lampe se balancer au milieu du chemin. Il devait bien s'amuser à éviter les ornières et les flaques, dans ses petites chaussures basses en cuir réglementaires. Eh oui, car à l'époque, l'uniforme des gendarmes était tout sauf fonctionnel, comme celui qu'ils portent aujourd'hui. Finalement, je m'estimais chanceux de pouvoir rester tranquillement à l'abri dans le Trafic. Mais l'ennui de tarda pas. L'envie de fumer non plus. Un petit regard à droite, un petit regard à gauche, derrière aussi au cas où, et je me suis risqué à ouvrir ma porte, puis à descendre du véhicule... Il régnait un silence incroyable dans cette cambrouse charentaise. Pas un oiseau, pas un criquet, pas un seul battement d'aile de chauve-souris. De là où j'étais, il était impossible d'entendre le moindre son provenant de la maison. Trambert se serait fait trucider  à la petite cuiller que je ne l'aurais jamais su. Je tirais une cigarette de mon paquet de "Phimorons" et l'allumais. Le bruit de la braise que j'aspirais goulument me tirait du néant et me redonnait confiance.

Au bout de quelques minutes, j'entendis distinctement un bruit de pas lourd s'approcher sur le côté, suivi d'un long souffle fatigué. Il y avait aussi un genre de grincement sinistre, une genre de "groumpf-groumpf". Le mégot tomba de mes lèvres entrouvertes. Je sentais comme une main glacée autour de ma colonne vertébrale. J'avais la raie des fesses en sueur. Les mains tremblantes, je déclipsais mon Beretta et le sortis de son étui. J'enclenchais la culasse et mettais l'arme en joue vers le vide, là d'où semblait provenir le bruit qui se rapprochait inéxorablement. Je me voyais déjà égorgé dans ce cul de basse-fosse, les tripes à l'air. Un son que je ne reconnus pas sortit de mon gosier enrayé : 

Pas de geste brusque, c'est la gendarmerie. Montrez-vous, doucement !

Ridicule : on aurait dit un ado en mue. L'autre, imperturbable, continuait d'avancer. Je l'entendais souffler de plus en plus près. Le grincement m'évoquait le bruit de bottes en caoutchouc d'un paysan alcoolique s'enfonçant dans la gadoue à chaque pas. La panique m'étreignit. J'avais comme un réacteur nucléaire en surchauffe dans l'abdomen. 

Halte ou je fais feu ! (La phrase réglementaire à prononcer en sommation d'usage. On est censés le faire deux fois avant de tirer...). Le type n'obtempérait toujours pas.

Bordel ! 

Je gardais mon interlocuteur invisible en joue de ma bonne main, balayant hystériquement l'air dans toutes les directions tout en tentant d'attraper, de la main gauche, la torche Maglite posée sur le tableau de bord du trafic. Je me disais que le forcené allait profiter de l'aubaine pour me sauter dessus avec son fusil de chasse et qu'il allait me faire deux beaux trous à la place des yeux... Je finis par saisir la lampe que je braquais illico vers où venait le bruit, maintenant à quelques mètres de moi. Lorsque la lumière jaillit enfin, je découvris le monstre sanguinaire à quelques centimètres du fil de fer barbelé qui nous séparait. Il me regardait placidement, ruminant pour la énième fois je ne sais quel monceau d'herbe baveux et puant. Le flash de ma lampe se reflétait au fond de ses yeux vides, leur donnant un éclat verdâtre de cauchemar. Ma vessie faillit lâcher tout ce qu'elle contenait, mais tint bon, contre toute attente. Mon doigt ne se crispa pas sur la gachette. Seules mes lèvres se remirent à fonctionner :

Putain de saloperie de merde, j'ai eu la trouille de ma vie ! Espèce de connasse !

Soulagé, je respirais un grand coup. Je retirais mon index du pontet de l'automatique et appuyais frénétiquement sur la manette qui permettait d'escamotter le percuteur en toute sécurité. Puis je retirais le chargeur et actionnais la culasse de l'arme pour éjecter la cartouche logée dans le canon. Je le refis une deuxième fois, au cas où... (Sacro-saintes consignes de sécurité !)
J'avais failli coller un pruneau dans la tête d'un bovidé ! Bon sang mais quel idiot ! Un peu plus et je passais le restant de mon service militaire avec le doux sobriquet de "Mort aux vaches"...

Vexé de n'être qu'un petit froussard avec un pistolet, je remis tout en place puis rangeais le pétard dans son fourreau sur ma hanche droite et remontais dans le camion, que je pris soin de bien verrouiller, résolu à attendre le plus sereinement possible le retour de Trambert. 

Ce dernier revint d'un pas traînant un quart d'heure plus tard, clope au bec, sourire aux lèvres. 

Bon, tout va bien, ils se sont calmés... On peut aller se coucher. Tout s'est bien passé, ici ? 

Au poil, chef !

Je restais coi tout au long du trajet du retour. Je me suis évidemment bien gardé de lui raconter ce honteux épisode. D'ailleurs, personne à la brigade n'en a jamais rien su. On m'aurait retiré mon flingue illico et ça, il n'en était pas question.

Cela dit, cette petite histoire montre à quel point le fait de porter une arme peut être un poids, par moment... En fait, rétrospectivement, je m'aperçois que je n'aurais jamais pu être gendarme, justement à cause de ce poids. 

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