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  • : Xiberoland - ex CLP64
  • : Ce blog est celui d'un ex-correspondant local de presse des Pyrénées Atlantiques vivant en Soule, écrivaillon, gribouilleur et web-addict à ses heures. Mais surtout très casse-pieds...
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Un peu de pub perso...

 
 

"L'infection T2 : Pandémie",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

15 euros, 306 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Tandis que Patrice végète à l'hôpital psychiatrique, que Sébastien est tombé en disgrâce et que Pascal se morfond à Paris, Beau Smart revient de plus belle, causant de terribles dégâts sur toute la planète. 
Mais cette fois-ci, le président Obaba – à qui l’intelligence artificielle a eu la mauvaise idée de s’attaquer – est bien décidé à la traquer et la détruire coûte que coûte. Pendant ce temps, un autre tueur monstrueux et insaisissable est lui aussi entré en scène…

Cette fois-ci, exit les mondes virtuels en trois dimensions : le thriller fantastique écolo et nihiliste se déroule majoritairement aux États-Unis d’Amérique, en Soule et dans le monde réel !


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 l'infection

"L'infection T1 : Contage",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

16 euros, 378 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Patrice est tombé amoureux de Mathilde, une jeune femme qui vient d'arriver en Soule. Lui est tout sauf un Don Juan, mais il a plus d'un tour dans son sac, malgré les apparences...
Il va contourner ses défauts rédhibitoires grâce à Internet. Mais il va vite apprendre que tout se paie, en ce bas- monde.
Rencontré dans un monde virtuel en trois dimensions, un génie digital exauceur de voeux va se charger de le lui rappeler, en l'entraînant dans une spirale cauchemardesque sans fin...


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 mauvais-berger

"Mauvais berger!",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

10 euros, 90 pages, format A5

Le blog officiel du livre


Genre : tranche de vie

 

Résumé : Afin de s'installer en tant que berger, Etienne suit une formation agricole qui le conduit à effectuer des stages dans l'exploitation d'un berger éleveur en estives, dans les Pyrénées.
Mais petit à petit, le rêve de notre héros "néo-rural" s'émiette : les conditions de vie dans la bergerie sans confort sont difficiles, et le travail harassant est nullement reconnu.
Mais tout ceci ne serait rien sans les brimades de... la bergère!

 

Ce qu'en dit la presse :

 

Journal du Pays Basque, 12 avril 2008 : "(...) le style descriptif et le langage parfois cru donnent un ton réaliste à ce récit sans concession".

SudOuest, le 17 avril 2008 : "(...) un texte illustré par l'auteur lui-même, plein d'humour et d'autodérision (...)".

 

La Rébublique des Pyrénées, le 24 avril 2008 : "Une tranche de vie où toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant existés n'est pas fortuite..."

Magazine Vent d'Oc, septembre 2008 : "Une lecture qui se fait à la vitesse de la lumière, tant l'on veut savoir à quelle sauce sera mangé ce néo-rural!!!"


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DARK XIBEROA

 

19 septembre 2019 4 19 /09 /septembre /2019 20:30

J'ai toujours dans un coin de tête l'envie de faire ce livre sur les cabanes ouvertes de Soule. Ça me titille et je ne pense presque plus qu'à ça. Et je pense que j'ai contaminé Laurent Caudine, qui s'est proposé de m'aider sur ce projet avec les illustrations. Pour l'instant, je n'en suis qu'aux repérages, aux prises de contacts avec les intéressés (bergers, office de tourisme, élus, assos locales de randonneurs) et j'affine ma réflexion.

Il y a quelques jours, à la suite de cet article dans lequel j'évoque ce projet, j'ai reçu un message par mail d'un certain JL. Je vous le livre ci-après, tel quel : 

Cayolars ouverts en Soule (et ailleurs)
Bonjour, je me permets de réagir à votre article et votre désir de publier un guide touristique des cabanes ouvertes de Soule. Je vous en prie, évitez! Ces lieux doivent rester confidentiels.Publier à leur sujet par écrit (sur le net ou guide) les condamne à une dégradation inéluctable. A partir du moment où les lieux sont balisés, ils sont fréquentés. Dans une société idéale, ils seraient conservés et alimentés en bois, outils et denrées. Mais dans la société actuelle, ils sont rapidement utilisés comme des "spots bière - barbecue - biture" et autre décharges(exemple Ardane de Haut, Pista depuis la resto, Olhadubi avant resto, etc.). Bref, c'est comme les grottes archéo: "pour conserver, il faut se taire et pas la fermer (la grotte)." Eviter les cartes, les photos, les localisations et les noms. Cela n'empêche pas de partager les émotions. "Bortükariak" communique déjà bien assez, et leurs ouvrages sont répertoriés sur les cartes... Mais pour les autres, non rénovés et non répertoriés, il est important, de mon point de vue, de rester le plus discret possible. Continuez votre quête, créez un inventaire, transmettez un jour au SRA, mais je vous en prie, évitez le grand public. Merci et bonne continuation en Soule.

UN TRUC QUI ME REND FURAX !!!

Et malheureusement, JL a touché le point sensible. Car quelques jours auparavant, je suis allé avec Laurent sur les pentes d'Ahusky, pour qu'il puisse s'imprégner de l'ambiance, des odeurs, de la lumière, et je voulais également lui montrer ce que j'aimerais qu'il peigne/dessine dans le futur livre. Je comptais l'emmener à Potto et Udoya. Sur le chemin, nous nous sommes arrêtés aux dolmens d'Ithé (pour en savoir plus, je vous renvoie à ce superbe livre de Dominique Ebrard : "50 ans d'archéologie en Soule", aux éditions Ikherzaleak). Quelle ne fut pas ma surprise en constatant que le dolmen d'Ithé 1 (le plus beau, le plus gros) avait été dégradé pendant l'été ! Un ou plusieurs connards ont transformé ce monument funéraire historique en cabane de bushcraft, le recouvrant de branchages et de mousses. Et ce, alors même qu'il y a un immense panneau juste devant, qui explique clairement ce que c'est. Je répète qu'il s'agit d'une tombe préhistorique !

UNE.TOMBE.PRÉHISTORIQUE...

Ça devrait quand même inspirer le respect non ? N'importe qui de normalement constitué devrait se dire : "Wow ! Il faut préserver ce lieu car ce sont nos ancêtres qui l'ont construit il y a plus de 5700 ans pour honorer leurs morts !"

Eh ben non... Il existe encore, en 2019, des gens sans âme qui ne respectent rien et qui dégradent tout. Ça m'insupporte à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Ce sont des comportements de suppôts de Daesh et ce simple constat me rendrait ultraviolent.
En conséquence, je comprends parfaitement l'argumentaire de JL, ci-dessus. C'est d'ailleurs en substance ce que j'écris dans l'article précédent. 

Certains argueront que ce n'est pas très grave, qu'il n'y a rien de définitif (comme ces cités millénaires détruites par "L'État Islamique" au nom d'un ami imaginaire ou, dans une moindre mesure, comme les tags sur le Dolmen de Garde épée à Saint-Brice, près de Cognac) et qu'il suffit de tout enlever pour que les lieux reprennent leur aspect originel. Sauf que normalement, on ne devrait pas avoir à faire ça. Ceux qui se sont adonnés à ça n'auraient pas dû souiller cette tombe protohistorique et en tout état de cause, n'auraient jamais dû laisser de trace de leur passage.
Je pose la question : est-ce qu'on fait ce genre de chose dans un château qu'on visite ? Non ! Est-ce qu'on fait ce genre de chose dans un cimetière ? Non ! 
Alors POURQUOI ???

SEULS CEUX QUI TRANSGRESSENT SONT RESPONSABLES DE LEURS ACTES

Et c'est à ce moment-là de ma réflexion que je me dis plusieurs choses : 

1) Les individus qui ont commis ces dégradations ne peuvent pas dire qu'ils ne savaient pas. Les panneaux sont omniprésents sur place et à l'entrée du sentier qui mène au dolmen. Donc à moins de ne pas savoir lire (objection votre honneur ! C'est parfaitement évident qu'il s'agit d'un lieu historique important puisqu'il y a des schémas explicatifs sur les panneaux) ou de venir d'une autre planète (objection votre honneur ! Les extraterrestres n'existent pas - faute de preuve), ils n'ont aucune circonstance atténuante

2) Si ils ont commis ces déprédations alors même qu'il y avait ces panneaux de signalisation, ça veut dire qu'ils n'en ont rien eu à foutre. Même si un raconteur de pays était venu leur expliquer les choses, ça ne les aurait pas arrêté. Ils avaient envie de le faire, ils l'ont fait. Point. 

3) Est-ce que les personnes qui ont installé ces panneaux et qui ont balisé le sentier sont responsables des dégâts perpétrés par d'autres ? Et en l'occurrence, la réponse qui s'impose est "non". S'il n'y avait pas eu de panneaux instructifs, si le chemin n'avait pas été nettoyé ni fléché, ce monument aurait disparu pour toujours dans la Nature. On aurait perdu à tout jamais ce pan de l'histoire. Et ça n'aurait pas empêché des débiles de venir saccager les lieux (sans savoir ce qu'ils faisaient, cette fois).

4) D'autre part, on ne peut pas tenir les historiens, les archéologues, les professeurs, et ni les écrivains (ni même les auteurs de dessins satiriques) pour responsables des dégâts commis par d'autres, car sinon, autant interdire ces professions qui mettent en danger le patrimoine. Je pars du principe que l'éducation ne peut pas être responsable de la connerie humaine. Je pense même que c'est le contraire : ces panneaux sont là pour éduquer les moins débiles d'entre nous et ainsi réduire les chances de voir ces monuments, cette culture, ces traditions séculaires réduites à néant. Il est nécessaire qu'ils soient là
Des gens cons qui ne comprennent rien à rien et qui ne respectent rien, il y en a toujours eu et ce n'est pas prêt de s'arrêter. Ça fait malheureusement partie de la vie et on ne peut rien y faire, à part avoir la foi et continuer d'éduquer...

5) Partant de ce raisonnement, je pense que ce guide que je souhaite rédiger, ne pourra être que bénéfique dans la mesure où il sera réalisé à but éducatif. Ce n'est pas parce qu'un touriste aura acheté le livre qu'il ira forcément détruire les cayolars, pourrir les sentiers avec ses déchets et déjections, déranger la faune sauvage en poussant des cris hystériques dans la forêt... J'en passe et des meilleures.
Je pars du principe qu'une personne qui fait l'effort d'acheter ce livre respectera ce que nous y aurons écrit. Et donc au contraire : si j'y expose les règles de base, si je m'arrange pour ne montrer que les sentiers de randonnée (pas les accès par véhicules, par contre), je pense que seule une poignée de vrais passionnés de marche et de montagne pourraient aller voir sur place. Et peut-être que ce livre éveillera les consciences des moins informés ? 

6) Pour conclure et répondre à la dernière phrase de JL, les éditions Astobelarra éditent de façon presque confidentielle (300ex maximum pour un premier tirage. Souvent, c'est plus entre 50 et 150. Pour info, le livre qui a fait le plus de ventes - Mauvais berger ! laugh - a été retiré à presque 1000 exemplaires en tout)... Donc l'un dans l'autre, ce livre ne sera pas sur toutes les tables de chevets, mais seulement chez les personnes qui l'auront acheté auprès de nous (sur les marchés, dans les quelques librairies qui nous suivent ou sur le site).

Et vous, qu'en pensez-vous ? Partagez, commentez, argumentez... Merci !

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5 septembre 2019 4 05 /09 /septembre /2019 20:00

Comme je vous le disais dans le billet précédent, je suis en train de réfléchir sérieusement à l'écriture d'un guide touristique autour des cabanes ouvertes de Soule. J'ai envie de faire connaître ces vieux cayolars qui ont été restaurés par Bortükariak ou d'autres entités locales, mais surtout, j'aimerais que leur travail fasse des émules et que d'autres cabanes soient ainsi restaurées et mises à la disposition des montagnards ou des simples amateurs. 

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé les cabanes, la Nature, et même si je suis quelque part un enfant de la ville (une petite ville : Cognac), je l'ai toujours fuie (Cognac, Bordeaux, Saujon, et même Mauléon) pour m'isoler de cette société oppressante cannibale et rechercher une forme de solitude. C'est mon côté "gros ours grognon". Alors quand j'ai découvert l'existence de ces cabanes ouvertes en montagne, croyez-moi, ça n'a pas fait un pli dans mon crâne : c'est là que j'irai me réfugier chaque fois que j'aurai besoin de me ressourcer ! 

Mais je suis un être humain, comme vous tous, qui me lisez (à part Régis S., qui est un Reptilien, mais il ne faut pas le dire...). Et donc la solitude, l'isolement, ça va un moment.
Comme l'a écrit mon idole Chris McCandless (aka Alexander Supertramp) dans son journal intime : "Happyness only real when shared", le bonheur n'est réel que s'il est partagé.
C'est pour cette raison qu'a germé en moi l'idée de partager l'existence de ces cabanes avec le grand public : j'ai envie de partager le bonheur que l'on ressent lorsque après une longue et rude marche, on arrive enfin à ce petit refuge qui semble toujours avoir été là pour nous. Je voudrais partager cette joie d'allumer un feu de camp, le soir (dans l'endroit prévu à cet effet, s'il existe), sur lequel on fait griller ses saucisses, et les nuits parfaites pendant lesquelles vous ne verrez jamais aussi bien la voie lactée... J'ai envie que d'autre que moi puissent découvrir le bonheur d'abriter leur sommeil sous les toits en bardeaux de hêtre (ou en tôle pour certaines), à deux pas des sangliers et des isards, des brebis ou de l'ours, qui sait, mais loin de cet infernal monde bruyant, des chaînes d'info en continu, des bagnoles et d'Internet... 

Mais d'un autre côté, je suis moi-même partagé... En effet, quand je vois dans quel état certains connards laissent les lieux, je me dis que je ferais mieux de tourner 7 fois mon clavier dans mon derrière avant de le dégainer. Entre :

ceux qui chient partout, laissent leurs fèces et leurs PQ merdeux bien en évidence au milieu du sentier (vous vous prenez pour un hérisson ou quoi ? Faites plutôt comme les chats : enterrez tout !),

ceux qui laissent leurs déchets partout soit dans la cabane, soit n'importe où dans la Nature (NON ! dites-vous bien que personne ne viendra les ramasser à votre place - achetez-vous une âme, nom de Dieu !),

ceux qui écrivent leur nom sur les murs, qui le gravent dans le mobilier ou dans la charpente, comme en CM1,

ceux qui hurlent comme des veaux dans la forêt (respectez la quiétude des lieux),

ceux qui vont déranger les troupeaux en train de pacager tranquillement (respectez le travail des bergers !),

ceux qui font des cairns sur des sentiers super bien balisés (à quoi ça sert ?),

ceux qui cueillent des fleurs sauvages, les piétinent ou les détruisent à coup de bâton (quand on est con...), 

ceux qui dégradent ou volent le matériel laissé à la disposition des usagers des lieux,

- ceux qui lancent des cailloux dans le vide sans vérifier s'il y a quelqu'un en dessous,

- ceux qui vont marcher en montagne en tongs ou en talons,

- ceux qui brûlent tout le bois laissé dans les cabanes sans aller en chercher d'autre pour les suivants,

- ceux qui allument des feux hors des endroits prévus, 

- ceux qui carrément, s'approprient les cabanes alors qu'elle appartiennent à des groupements d'éleveurs, qui les laissent à disposition du public pour les cas de force majeure (brouillard, nuit, orages...)

- et j'en oublie certainement qui commettent d'autres exactions plus ou moins graves ; bref, entre tous ces cas-là, je me dis que mon idée est une fausse bonne idée.

À moins que je n'inclue une dimension éducative dans le livre... Car pour moi, il est essentiel que les gens comprennent que l'Homme doit laisser le moins de traces possibles de son passage dans la montagne. Il faut qu'il se considère comme un "invité" dans la Nature, et en tant que tel, ils doit s'y comporter correctement, presque avec humilité, un peu comme s'il allait visiter Notre Dame de Paris : on respecte les lieux parce que la forêt et la montagne sont aussi des cathédrales, mais naturelles.  Et au train où vont les choses, ce sont peut-être les dernières qui nous resteront...

Alors peut-être que je vais aussi faire un chapitre sur le bon sens et les règles de base du savoir vivre dans la nature sauvage et dans les cayolars, puisque apparemment, ce n'est pas inné chez l'Homme... Et vous, qu'en pensez-vous ? 

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1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 19:13

Depuis quelques temps, je me suis pris de passion pour les cabanes ouvertes qu'on peut trouver par-ci, par-là dans la montagne souletine. Au moins 8 d'entre elles ont été rénovées par l'association Bortükariak (avec l'aide de financeurs privés) et c'est grâce à deux de ses membres, Allande Soccaros et Jacques Hidondo que j'ai découvert trois d'entre elles cet été. Je commence par Harpia, parce que c'est ma randonnée la plus fraîche. 
Pour trouver ce cayolar, il y a plusieurs moyens :
- En voiture, par la "route" qui mène à la cabane de "Buruchieta" (prononcer Buchita), mais c'est vraiment pour les petits joueurs ou pour des raisons professionnelles... 
- A pieds, en partant de Logibar. Comme pour la cascade de Pista ou le vallon d'Ardane, cette randonnée peut se faire aller/retour dans la journée. Mais le mieux, c'est quand même de partir sur deux jours et de dormir sur place. La cabane d'Harpia est là pour ça ! C'est cette balade que je vous raconte ci-après. En dehors de l'aspect aventure et découverte, le but était d'y laisser un vieil exemplaire de "Mauvais berger !".

Je suis arrivé le 30 août 2019 à 9h15 au parking de Logibar, qui monte à la passerelle d'Holzarte. Il restait des places, ce qui n'est pas gagné, même en cette fin d'été. Il faisait un temps radieux, je ne pouvais pas demander mieux ! J'ai chaussé mes godillots de marche, puis ai posé mes sacs l'un sur le dos (le gros de 60L, avec tout le matos logistique - décrit plus loin), le "petit" (22L) sur le ventre avec toute la partie nourriture. J'ai sorti les chiens de la voiture, attrapé mon bâton de noisetier tout neuf et me suis élancé sur la piste. Au début, je suis parti un peu tout schuss, mais bien vite, j'ai dû calmer mes ardeurs. Les sacs étaient plus lourds que prévus. J'aurais pu faire plus minimaliste, mais on ne sait jamais ce qu'on va trouver une fois là-haut... Ni si on va y arriver...

J'ai croisé une dizaine de personnes sur mon chemin.  Cinq qui montaient, autant qui descendaient. Il est vrai que c'était encore un peu tôt pour le gros des touristes. Il m'a fallu une heure pour atteindre la passerelle. D'ordinaire, sans les sacs, je mets entre 35 et 45 minutes, selon si je cours ou non. Le score n'était pas si mauvais, au final, compte tenu de mon chargement (et de ma récente prise de poids). Cela dit, j'ai dû m'arrêter tous les 50 mètres pour reprendre mon souffle à partir de la zone où le chemin commence à grimper. J'ai eu du mal à monter certaines marches parce que j'avais mal serré ma ceinture de pantalon. Du coup, ce dernier glissait lentement de mes hanches et bloquait l'amplitude de mon pas.
Je porte toujours des pantalons cargo (genre treillis) pour partir en randonnée. C'est plein de poches et c'est plus efficace pour se protéger des ronces, des ajoncs, des orties, du soleil, des pollens, des tiques, voire des serpents. Et puis si on a le malheur de glisser et tomber, ça protège aussi un minimum. Certes, ça donne chaud et ça limite l'amplitude des pas. Mais je préfère quand même le contact du coton à celui des orties et il y en a pléthore, sur la route !

Une fois passée la passerelle, j'ai posé mes sacs et bu un demi litre d'eau d'un trait, presque sans respirer. Il faisait déjà une chaleur intense, et mon tee-shirt était trempé de sueur. Je l'ai ôté et tordu à plusieurs reprises pendant cette ascension. Je ne sais pas combien de litres d'eau j'ai perdu, pendant ces deux jours, mais quand je me suis pesé en rentrant hier soir, je faisais presque 2 kilos de moins que la veille... "La montagne, ça vous gagne !" Tiens, j'en profite pour remercier Décathlon de fabriquer du matériel de rando aussi fiable et aussi peu onéreux. Continuez, les gars !

J'ai repris mon ascension au bout de 15 minutes de pause. Il faut monter sec dans un bois glissant jusqu'à une piste en faux plat montant qui mène soit, à droite, au pont d'Amubi (vers les vallons de Pista ou d'Ardane), soit, à gauche, vers le cayolar et la boucle d'Olhadubi. Pour aller à la cabane d'Harpia, le plus simple, c'est d'aller vers Olhadubi. Il faut à peu près 50 minutes pour arriver au pont, en temps normal. J'ai mis une heure et demi. C'est un sentier plus ou moins plat, mais je sentais la fatigue me peser sur les épaules. La prochaine fois, je pèserai mon matériel avant de partir, pour voir...
Dans le gros sac à dos, j'avais : des fringues de rechange (slip, chaussettes, softshell, pull en maille polaire), un sac de couchage, un réchaud Butagaz et sa recharge, un oreiller Quechua, les laisses des chiens (au cas où j'aurais à traverser des troupeaux. D'ordinaire, mes chiens "tiennent" à la voix, mais... sait-on jamais : le brouillard s'invitant...), 3 litres d'eau, un maillet, une popote et une trousse de secours/survie. A l'extérieur, j'avais accroché mon matelas autogonflant, une tarp, une hachette.
Le sac ventral contenait : toute la bouffe des deux jours plus deux doses supplémentaires (au cas où je me retrouverais bloqué en pleine nature sauvage pour X raisons), une bouteille de vin (et alors ??? Y'a pas de mal à se faire du bien, si ?), une carte IGN 1446 ET, une lampe frontale, une scie pliante, mes clés, la bouffe des chiens, un livre (deux en l'occurrence) et une gourde supplémentaire d'un litre d'eau.

J'ai bu le reste de ma première bouteille et je suis monté directement au cayolar d'Olhadubi. Je voulais voir dans quel état il était et déjeuner à l'intérieur. J'ai viré mon paquetage, ôté mon tee-shirt devenu immonde de sueur que j'ai étendu sur le toit de la cabane (Allô l'INPI? Je viens d'inventer le sèche-linge solaire) et j'ai dévoré mes deux club sandwiches (je vous montrerai un jour ma recette exclusive, lol) et j'ai terminé par une Pink Lady bien sucrée et juteuse, pour la fine bouche. J'entendais un berger crier "txauri, txauri" (orth ? - ça se prononce "tchaouï") après ses brebis, plus haut sur les pentes de Sarimendi. (C'est là que je me rends compte que je n'aurais pas dû appeler mon chien Chewie... Y'a matière à confusion...)
Mais à part ça, pas un foutu bruit humanoïde... Et pourtant, la boucle d'Olhadubi est assez courue.
J'ai admiré les chauves souris qui dormaient, tranquilles, accrochées au plafond du Cayolar, puis je suis reparti à une heure de l'après-midi.

Je suis redescendu au pont d'Olhadubi (à 200 mètres sous la cabane) parce que l'ancien sentier qui monte à Harpia se trouve juste en face, on le devine vaguement entre les fougères. De jeunes gens chevelus pique-niquaient près du torrent. 
Ça grimpait et ça zigzaguait assez fort dans la forêt. Le sentier n'est pas toujours bien tracé. Il y a quelques cairns de temps en temps, et pour une fois, j'ai trouvé l'initiative utile ! Oui, parce que souvent, les gens font des cairns (petits tas de pierre) sur des chemins bien tracés et je trouve ça débile. Pas là. Ce sentier était autrefois utilisé par les bergers et leurs troupeaux pour monter à Buruchieta. Aujourd'hui, ils y viennent par la piste carrossable... Autre temps, autres mœurs...
Donc le sentier originel est de plus en plus rarement arpenté. Alors il se perd dans les méandres de la hêtraie. Il faut souvent chercher. J'ai la chance d'avoir mes chiens toujours avec moi. En particulier Joy, que j'ai héritée d'Isabelle Brogly après sa disparition, et qui a... Je ne sais pas. Un odorat infaillible ? Un sixième sens ? Une intelligence au delà de tout ce qu'on peut imaginer chez un chien ? Bref, elle ne se perd jamais. Et quand ça lui arrive, c'est parce que Chewie (grand dadais de 2 ans) l'a induite en erreur en allant à la poursuite d'un ruisseau ou d'un bout de bois quelconque. A ce propos, un chien qui aime autant le bois et l'eau devait sûrement être un castor dans une autre vie. J'ai failli l'appeler Castor, en référence à mon premier chien, Pollux et , bien sûr, aux jumeaux de la mythologie grecque. Y'a pas de fumée sans feu... 

A un moment donné, je suis sorti de la forêt dans une première clairière assez grande (longue de 150 à 200 mètres, large de 50 mètres), une prairie très pentue et très sale (une source coule dedans, donc on s'enfonçait dans la gadoue et on progressait très difficilement). Elle était suivie d'une nouvelle partie boisée (environ 100 mètres), puis d'une autre clairière, plus petite que la première (50x50 mètres ?) pleine de fougères cette fois, avec un sol moins glutineux mais quand même... La solution était de longer les clairières, de façon à éviter la boue. Ce que nous avons fait. Ces clairières sont bien signalées sur la carte IGN. Heureusement car le sentier s'y perd définitivement. Dès lors, pour atteindre Harpia, il convient de monter tout droit, à l'aplomb des clairières sans se soucier du tracé de l'ancien sentier sur la carte. On arrive automatiquement sur le plateau de Buruchieta, et donc à proximité de la cabane.

Au delà de la seconde clairière, il y avait encore une partie boisée (150 mètres ?) mais on voyait bien la lumière du plateau s'infiltrer en haut. J'ai donc marché en prenant une petite pause respiratoire tous les 20 mètres de dénivelé, et je déposais mon paquetage tous les 200, histoire de reposer mes épaules meurtries. Je suis enfin sorti de la forêt en empruntant une petite fougeraie, et je suis arrivé sur le plateau vers 15 heures. 
Le plateau était en pente. Aucune trace du cayolar, mais d'après la carte IGN, j'avais encore 200 à 300 mètres à parcourir sur ma droite avant de l'apercevoir. Sur ma gauche, j'ai repéré les ruines d'un ancien cayolar à environ 25 mètres, dans lequel un arbre a trouvé bon de pousser. C'est un coin ombragé, parfait pour se reposer 5 minutes. 

Tout comme moi, les chiens étaient heureux de sortir de la forêt, même s'ils n'avaient aucune idée de là où nous allions ni de combien il nous restait à parcourir. Ils couraient partout. Au loin, je voyais un troupeau de vaches qui avançait cahin-caha dans la direction de la cabane, faisant tinter leurs grosses cloches. Il allait falloir commencer à tenir mes toutous plus près de moi, pour éviter un accident idiot... Nous avons repris notre chemin vers la droite, contournant une avancée de la forêt sur le plateau. Nous avons dépassé les vaches par le bas, sans les déranger et sommes arrivés à la fontaine de Gnagui (rien à voir avec le présentateur de Taratata) avant elles ! J'ai pu y remplir mes quatre gourdes qui étaient à sec depuis une demi heure... Cette fontaine ne paie pas de mine (un pauvre tuyau en plastique sortant du sol), mais rien de tel que son eau fraîche et pure pour ressentir l'essence de la montagne au plus profond de soi !
Je tenais toujours les chiens à la voix, car il y a des plis et des replis dans le plateau, et on ne voit pas ce qui pourrait s'y trouver caché. Bien m'en a pris ! Les brebis étaient toutes rassemblées, à la sieste sous un gros arbre, juste derrière la cabane d'Harpia, que je voyais enfin. J'y suis entré et j'ai posé mes sacs sur la table à 15h30. J'ai ôté mon tee-shirt qui ressemblait désormais à une serpillière de lendemain de fêtes et je l'ai étalé sur le toit en bardeaux de la cabane. Il a séché en une heure. 

Depuis l'entrée de la cabane, on a une vue assez plongeante sur le pic de Saramendi (que je ne m'imaginais absolument pas comme ça) et sur l'antenne d'Otchororri, juste à côté. Sur la droite, on distingue la pointe du Pic d'Anie et peut-être (je n'en suis pas sûr), celle d'Utzigagne, juste devant. Lorsqu'on monte plus haut sur les pentes du plateau, on voit distinctement Bostmendietta ainsi que le pic de Salhagagne. J'ai commencé à faire un petit inventaire de ce qui se trouvait dans la cabane. Deux grands bancs, une table, un poêle, beaucoup de bois pour le feu, quelques bougies, une boîte d'allumettes, deux rouleaux de PQ... et deux grands bas-flancs en assez bon état pour servir de couchette. La cabane n'est pas souvent utilisée, en témoigne la poussière et les crottes de chauve-souris qui constellaient le bas-flanc. Ce qui m'a été confirmé par le dernier mot laissé dans le carnet de bord de la cabane. Le dernier passage datait du 7 août...
23 jours sans voir un seul randonneur, en plein été ??? Mais que demande le peuple !!!

Point de boite en fer ici. J'ai fini par dénicher le carnet de bord de la cabane dans le tiroir de la table, entre une boite de pâté, un jeu de Mus et deux stylos. J'ai laissé mon petit mot et j'ai placé mon vieil exemplaire de "Mauvais berger !" dédicacé dans le tiroir, avant de le refermer. Ensuite je suis passé au ménage. J'allais pas me coucher dans la fange, quand même ! J'ai commencé par me dire que l'allais dormir dans le bas-flanc du haut, mais devant la faiblesse de l'échelle et en pensant à mes kilos en trop, je me suis rabattu sur l'étage du bas. Du coup j'ai nettoyé les deux... Pour les prochains visiteurs, dans un mois ? 
Je n'ai pas fait de feu. D'abord il faisait très chaud (même la nuit) et surtout : j'avais la flemme (une des constantes de mon caractère)... Mais j'ai toujours une "boîte à feu" dans ma trousse de survie, au cas où. Je vous ferai aussi un topo sur ça, un jour, si vous êtes sages... Ensuite j'ai ouvert mon livre de chevet du moment, "Journal d'un vieux dégueulasse", de Charles Bukowski, et j'ai lu 50 pages. J'ai traîné un peu dehors, avec les chiens, j'ai remis en état le cercle du feu de camp à l'extérieur de la cabane, qui avait été éparpillé par les vaches, je présume... J'ai posté une photo sur Instagram (il y a la 3G là haut ! bordel de merde !)
Bref, j'ai pris le temps de vivre.

A 18h30, j'ai entrepris de préparer mon dîner. Du saucisson espagnol, du fromage de brebis de chez Azkorria, et des nouilles chinoises aux légumes pour finir de remplir l'estomac. J'ai ouvert ma bouteille de Château Ségur - Haut Médoc 2017 et c'est à ce moment là que le berger de Buruchieta et son fils sont passés devant la cabane, avec les vaches. Je ne sais pas si vous savez comment fonctionne le système des cayolars en Soule, mais en gros, ce sont plusieurs propriétaires qui se le partagent et qui, en semaine, louent les services d'un berger salarié qu'ils remplacent à tour de rôle les week-ends. Plutôt pas mal... Si je n'avais pas développé une "haine absolue" (va, je ne te hais point) des brebis, je pense que j'aurais trouvé cette gestion plutôt sympathique. C'est ainsi que j'ai appris que le berger de quart était originaire de Lichans, en Haute Soule, et également l'un des coopérateurs de la fromagerie Azkorria (voir plus haut). Il m'a raconté que son père était autrefois berger à Harpia et que la cabane de Buruchieta est assez récente. Je lui ai demandé comment rejoindre Pista le lendemain, ce qu'il m'a indiqué de bonne grâce. Il m'a confirmé que Harpia n'était pluss très souvent utilisée. Dommage... Ou tant mieux ? Puis il est reparti vers son cayolar tandis que je rejoignais le mien. J'ai fini mes nouilles, ai fait un peu de vaisselle et, étourdi enivré par le haut médoc, me suis couché aux alentours de 20h30...

La nuit a été très calme. Chewie et Joy ont dormi à mes côtés, au pied de la table. J'ai eu peur que Chewie ne pisse ou chie sur la terre battue (comme il le fait régulièrement dans mon garage...), mais il m'a épargné cette abomination. Gentil chien ! J'ai dormi comme un loir. D'ailleurs, je n'ai pas entendu le pet d'un seul de ces foutus rongeurs dans la nuit. Pourtant, plus tôt dans la journée, j'ai bien vu qu'il y avait des souris qui entraient et sortaient de la cabane. Merci les chiens, je pense...
Je me suis réveillé au milieu de la nuit pour aller évacuer le trop plein de Haut-Médoc dehors, dans la nuit étoilée et le silence absolu. Pisser au cul de l'espace, sensation inégalable que tout randonneur connait et apprécie.
Pas un seul sanglier fouisseur ni un seul ours à l'horizon... D'ailleurs je n'ai pas vu d'animaux sauvages pendant toute la randonnée, à part des souris (et des hommes).
Finalement, j'ai dormi jusqu'à 8h30. Le tour du cadrant : royal ! 

Le lendemain matin...

J'ai avalé 4 barres de céréales et un café instantané, puis je me suis réarnaché et j'ai décollé de Harpia à 9h15. Direction : la cabane de Pista Gagnekoa, tenue par des bergers de mon village ! J'ai donc suivi les indications à la lettre du berger de Buruchieta, tout en m'aidant de ma fidèle carte IGN, mais arrivé au col, au bout d'une heure, j'ai bien vu que le chemin avait l'air très, très "aérien" et surtout plein de brebis en plein petit-déjeuner.
Il y a deux choses à éviter, quand on randonne avec des chiens et deux gros sacs à dos : les sentiers herbeux vertigineux et inconnus et les moutons... J'ai essayé d'avancer un chouillat, mais très vite j'ai perdu le tracé du sentier. Le paysage (on voit distinctement le cayolar de Pista Pekoa tout en bas), si je le connais presque à la perfection pour l'avoir arpenté des dizaines de fois, ne ressemblait absolument pas à ce que je voyais sur la carte, ni à l'idée que je me faisais du trajet à accomplir. Je pensais déboucher entre le pic d'Otchogorrigagne et celui de Pista... Merde !
Ni une ni deux, j'ai rebroussé chemin sous les bêlements moqueurs (ou terrorisés) des ovins et j'ai décidé de redescendre par là où j'étais monté la veille. Je me suis trouvé courageux d'être monté jusque là-haut de bon matin, mais pas assez téméraire pour finir en bouillie en bas, bouffé par les vautours fauves (même si, dans le pire des cas, si je devais vraiment mourir dans la fleur de l'âge, je voudrais que ce soit comme ça). 
On n'est jamais trop prudent. Restait à retrouver les clairières puis le sentier vers le pont d'Olhadubi...

Alors je suis descendu avec mon attirail brinquebalant et mes clebs incrédules, espérant trouver le vieux cayolar en ruine. Heureusement, le brouillard est resté dans la vallée et je l'ai parfaitement distingué, à l'orée de la forêt. J'ai donc retrouvé la fougeraie, le premier bois, la petite clairière... Et je me suis perdu dans le second bois. J'étais allé beaucoup trop à droite. Heureusement qu'à ce moment d'incertitude, j'ai observé le comportement de Joy. Cette chienne, nom de Dieu ! Elle était comme en arrêt en direction de l'autre clairière. Genre : "Etienne, je te dis que c'est par là !". En regardant mieux, j'ai effectivement noté que la forêt s'éclaircissait vers le bas. Et c'était bien là... A partir de ce moment-là, j'ai pu retrouver le sentier (mais je n'ai pas fait de cairns car c'est contre ma religion...) et je suis arrivé à midi pile au cayolar d'Olhadubi. En sueur jusqu'au fond du caleçon, les épaules en vrac, les genoux en compote, mais vivant ! J'ai réétendu mon Tee-shirt sur le toit, j'ai mangé le reste de Fuet, du fromage et ma seconde pomme, j'ai traîné dehors, à regarder les manœuvres du berger qui était de retour sur les flanc de Sarimendi, puis à 13 heures, j'ai pris la décision de ne pas rentrer par Olhadubi mais de retourner à la voiture via la passerelle. Il y avait beaucoup de monde au pont d'Olhadubi. Un club de rando, des touristes... Je ne me voyais pas affronter toute ce monde-là sur le sentier très hasardeux - et surtout montant - de la boucle d'Olhadubi. 

Je me suis arrêté à la pile de la passerelle où j'ai bu la moitié du dernier litre d'eau de la fontaine de Gnagui qui me restait, devant un groupe de touristes bruyants. Lorsque je suis parti, l'un d'eux, le genre qui ne sait jamais quand la fermer, a eu cette réflexion : "eh mais pourquoi il a une hache dans son dos, lui !?" J'ai failli rétorquer que c'était "pour abattre les touristes qui posaient trop de questions", mais j'ai juste souri de ma couardise, l'ai ignoré et me suis engagé sur le pont d'un bon pas. La passerelle balançait fort, de gauche à droite, et Chewie a eu du mal à traverser, mais au bout de deux ou trois coups de sifflets, il a fini par se rendre à l'évidence : "ce gros con ne vas pas m'attendre ni venir me chercher ! Bon, j'y vais alors...".
La descente a été rude. Je sentais que mes genoux étaient épuisés et endoloris. Les lanières de mes sacs me sciaient les épaules et une petite inflammation commençait à me poindre à l'aine, mais ce n'était pas le plus dur. Ce qui me perturbait le plus, c'était le quart de litre d'eau qui me restait dans ma gourde au bout d'un moment. Alors je me suis décidé à économiser pour m'enfiler le reste une fois que j'aurais atteint la voiture. Ainsi fut fait ! A 15H30, j'étais à Logibar. La boucle était bouclée...

Pendant cette balade, plusieurs choses me sont venues à l'esprit : 
1) je sue comme un cochon (d'ailleurs, ça sent bien le saucisson au bout de 2 jours).
2) j'ai envie de faire connaître cette super cabane qui ne demande qu'à vivre une seconde vie.
3) Pour ce faire, je vais écrire un guide touristique au sujet de toutes ces cabanes, parler des itinéraires, de la faune, de la flore, montrer des photos, parler des "règles", faire un peu "d'histoire" quand c'est possible, partager mon expérience... 
4) Mais là aussi je suis très partagé : est-ce que je fais vraiment ce livre qui aura un succès fou (nul doute), ou je ferme juste ma gueule et je peux continuer à profiter de la tranquillité des lieux, comme un gros sachant égoïste ? La Soule doit-elle rester sauvage et préservée du tourisme de masse, là est la question... 
5) Qu'en pensent les tenants de Bortükariak, l'office de tourisme de Soule et les bergers voisins de ces cayolars ? Est-ce que ce projet serait utile, ou mon expertise complètement vaine, voire contreproductive pour leurs métiers ? 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 13:31

Lorsque j'étais enfant (il y a pas loin de 30 ans), je n'avais qu'une seule vraie peur (en dehors du fait de devoir montrer mon carnet de notes à mes parents) : que les autres gosses de mon quartier (qu'on appelait "la cité", lol) viennent casser ma cabane!

Autour de la maison de mes parents, il y avait (il y a toujours) un immense champ possédé par l'usine Saint Gobain, coincé entre l'hôpital, la voie ferrée du Cognac/Saintes, les vignes et le stade des Verriers. Ce champ (que l'on avait coutume d'appeler "les grandes herbes") est resté pendant de très longues années un tas de ronciers et d'arbustes inextricables, que nous avions conquis et transformé en terrain de jeu. Cet endroit était le point de départ de nos aventures de gamins.

Nous y jouions à San Ku Kai, à la guerre, au gendarme et au voleur, nous nous y gavions de "bonbecs" achetés au kilo chez Rocade, mais nous y construisions aussi des cabanes faites de bric et de broc, placées très judicieusement non loin de nos maisons et que chaque clan venait détruire dès que l'occasion se présentait. C'est à dire dès lors qu'une dispute éclatait dans "la cité", soit à peu près toutes les semaines...

 

Dans notre clan, "celui des Boyer", il y avait mon frère Renaud, son copain Emmanuel, mon copain Pascal et moi même.

Dans le clan de Sébastien (qui habitait un peu plus haut dans la rue), il y avait un autre Emmanuel, mais aussi Cyril et Frank. Plus haut dans la rue, il y avait d'autres gosses, mais on jouait rarement avec eux. Leurs parents ne les laissaient pas s'aventurer trop souvent dans les grandes herbes (surtout avec nous)... Même si on jouait parfois ensemble, c'était plus souvent la guerre entre les clans; sauf quand Xavier, Frédéric, Laurent et leurs copains débarquaient. Eux, étaient plus âgés que nous et prenaient un malin plaisir à nous monter les uns ontre les autres ou à détruire nos cabanes en petits morceaux, tout en emportant ce qu'ils jugeaient "de valeur", c'est à dire des confiseries ou des fusils en plastique.
Ils nous inspiraient une terreur bleue, parce que parfois ils nous poursuivaient avec des bâtons pour nous casser la gueule.

Et puis il y avait aussi "La bande à Ricard" dont il fallait se méfier, qui n'habitait pas dans la cité, mais quelques rues plus bas. Et je ne parle pas des gitans, qui eux aussi battaient le fourré de temps en temps avec leurs chiens.

 

A cette époque, hormis nos Goldorak géants ou nos collections de Big Jims, nos "cabanes" étaient ce que nous avions de plus précieux sur terre. Au lieu de faire mes devoirs, je passais mes soirées après l'école à surveiller l'entrée du champ devant chez moi, pour vérifier que personne ne vienne la mettre à sac en mon absence. Je surveillais même mon frère (qui avait bâclé son travail avant moi), parce qu'il y avait parfois des schismes au sein d'un même clan! Il était fréquent que Renaud et son pote frayent avec Sébastien et les siens pour me jouer de mauvais tours, tout comme il était fréquent que mon frère et moi nous liguions contre tous les autres pour les rouler dans la farine.

Parfois, nous organisions de grandes et épiques batailles rangées derrière quelque butte de terre, nous lançant des poignées de terre ou des petits cailloux. C'est ainsi qu'un jour où j'avais reçu sur la cheville une pierre de calcaire de la taille d'une balle de ping pong, j'ai répliqué en renvoyant "la grande soeur" -de la taille d'une balle de baseball- sur la tête d'une petite fille, qui jouait innocemment avec nous! Nous avons tous entendu un "POC!" (ah tiens, c'est quoi ce "poc!"?) sinistre, avant que la gamine ne se lève d'un seul coup en braillant, la tête en sang. Je tairais les détails sordides de la fessée cul-nu que ma mère m'a administrée (devant tous les gamins de la cité), à la suite de cet exploit. Bref, c'était le bon temps de l'insouciance et de l'égoïsme forcené...

 

En vieillissant, nos peurs évoluent en même temps que nos responsabilités et notre expérience de la vie. Le stress lié au boulot, à la routine, à l'éducation des enfants, et même aux nouvelles hideuses véhiculées au quotidien par les médias est un des vecteurs les plus importants de ces peurs.

Je ne vais pas pleurer que j'étais mieux quand j'étais gosse (alors je n'ai jamais été aussi bien dans ma peau que ces dernières années), mais parfois, quand j'y repense, je me dis qu'ils ont bien de la veine, les gamins, à n'avoir rien d'autre qu'eux-même à qui penser... Finalement, l'enfance, quand on est né en bonne santé, en europe occidentale au XXIème siècle, dans une famille aimante et pas trop pauvre, c'est presque le paradis!

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