Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Xiberoland - ex CLP64
  • Xiberoland - ex CLP64
  • : Ce blog est celui d'un ex-correspondant local de presse des Pyrénées Atlantiques vivant en Soule, écrivaillon, gribouilleur et web-addict à ses heures. Mais surtout très casse-pieds...
  • Contact

Un peu de pub perso...

 l'infection

"L'infection T1 : Contage",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

EN SOLDE! 9 euros, 378 pages, format 11.5x20

Le blog officiel du livre


Genre : roman fantastique

 

Résumé : Patrice est tombé amoureux de Mathilde, une jeune femme qui vient d'arriver en Soule. Lui est tout sauf un Don Juan, mais il a plus d'un tour dans son sac, malgré les apparences...
Il va contourner ses défauts rédhibitoires grâce à Internet. Mais il va vite apprendre que tout se paie, en ce bas- monde.
Rencontré dans un monde virtuel en trois dimensions, un génie digital exauceur de voeux va se charger de le lui rappeler, en l'entraînant dans une spirale cauchemardesque sans fin...


Commander le livre

 mauvais-berger

"Mauvais berger!",
par Etienne H. Boyer


Éditions Astobelarra - le Grand Chardon

10 euros, 90 pages, format A5

Le blog officiel du livre


Genre : tranche de vie

 

Résumé : Afin de s'installer en tant que berger, Etienne suit une formation agricole qui le conduit à effectuer des stages dans l'exploitation d'un berger éleveur en estives, dans les Pyrénées.
Mais petit à petit, le rêve de notre héros "néo-rural" s'émiette : les conditions de vie dans la bergerie sans confort sont difficiles, et le travail harassant est nullement reconnu.
Mais tout ceci ne serait rien sans les brimades de... la bergère!

 

Ce qu'en dit la presse :

 

Journal du Pays Basque, 12 avril 2008 : "(...) le style descriptif et le langage parfois cru donnent un ton réaliste à ce récit sans concession".

SudOuest, le 17 avril 2008 : "(...) un texte illustré par l'auteur lui-même, plein d'humour et d'autodérision (...)".

 

La Rébublique des Pyrénées, le 24 avril 2008 : "Une tranche de vie où toute ressemblance avec des personnages et des faits ayant existés n'est pas fortuite..."

Magazine Vent d'Oc, septembre 2008 : "Une lecture qui se fait à la vitesse de la lumière, tant l'on veut savoir à quelle sauce sera mangé ce néo-rural!!!"


Commander le livre

Rechercher

DARK XIBEROA

 

18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 20:08

Un vieux papier datant du 15 juillet 2005 (publié dans Sud-Ouest béarn et Soule et Euskobizia.com). C'est un article que j'aime bien, car j'ai passé un bon moment à interviewer la personne dont il est question ici ; je l'ai "shootée" comme un malade, et je suis assez content du résultat final. Je le republie ici sur demande de... ma Maman, qui a flashé sur ses créations!

Si certaines choses ont changé depuis, Battitta continue aujourd'hui de créer et vendre ses boucles d'oreilles un peu partout dans le pays, depuis le magasin Xibero Bio à Mauléon Licharre jusqu'à la galerie d'art de Lindy Gander (Le petit chien), à Navarrenx.


 

Battitta Guiresse, artisan créateur et fabricant de bijoux. Portrait


Battitta Guiresse : ''C’est à partir du moment où elles enlèvent leurs boucles d’oreilles que les femmes se sentent vraiment nues''Battitta Guiresse est bien connu des souletins pour son implication au sein notamment de Su Azia. Ce que les gens savent moins, c’est quel est son véritable travail. Il faut dire que l’homme est assez discret. Et pourtant, ses œuvres mériteraient d’être portées à la lumière. Battitta est artisan créateur et fabricant de bijoux pour dames depuis 25 ans. « Je suis tombé dans l’orfèvrerie complètement par hasard », raconte t-il. « J’ai toujours été un manuel, mais ce n’était pas vraiment mon truc. Mon idée, c’était de voyager à travers le monde, et d’être indépendant. Mais pour ça, il fallait des moyens. »

Et quoi de mieux que de produire des bijoux et les vendre directement pour gagner de l’argent et voyager léger ? Après ses études, il a décidé de s’offrir une année sabbatique avant d’entrer dans la vie active. En réalité, son break a duré 3 ans. Temps qu’il a mis à profit pour faire son tour du monde. « Comme je voulais faire une vraie coupure, il m’a semblé plus judicieux de partir vers l’ouest. » Direction les States, où il a vite fait de vider ses économies. Puis, c’est le Mexique et la Colombie qui l’ont  l’accueilli. C’est là qu’il a rencontré son destin. « Une personne qui faisait des bagues en laiton et les vendait dans la rue m’a appris les premières bases dans le métier», se souvient-il. Il a ensuite poursuivi ses pérégrinations le long de la côte pacifique jusqu’au sud du Chili, où il avait l’intention de s’embarquer à bord d’un voilier pour l’Australie, apprenant des uns et partageant ses connaissances avec les autres.


Le tour du monde


Savoir souder à la bougie est une chose, mais le gaz est tout de même bien pratique !« Sauf qu’arrivé à Valparaíso, je me suis rendu compte que ce type d’embarcation n’existait pas. Je suis donc reparti vers le nord, en passant par l’Amazonie, le Brésil, la Guyane… » Puis direction la Martinique où – à cause de la saison des cyclones qui se profilait il a dû faire une croix sur l’océanie. il n’a pu que rallier Saint-Malo en bateau. « J’y ai fait la saison estivale. Ça vendait assez bien, et j’ai pu découvrir qu’on pouvait parfaitement vivre de ça, ici aussi. Ensuite, je suis allé en Asie, où j’ai aussi appris quelques ficelles du métier. En Amérique du sud, c’était plus facile car les gens sont indépendants et travaillent d’un bout à l’autre de la chaîne. En Asie, c’est l’usine et chaque ouvrier ne s’occupe que d’un seul stade de la fabrication. Et puis le contact était plus difficile : il y a les barrières culturelle et linguistique et il n’y a aucun moyen pour un blanc de se fondre dans la masse ! »

Mais Battitta est un adepte du système D, et a toujours eu soif de techniques inhabituelles dans notre monde occidental, où tout est prémâché, et où on ne sait plus faire ce que nos anciens savaient faire par eux mêmes. « C’est une vraie chance d’avoir appris ce métier dans des pays où il n’y a aucun moyens. Avant d’apprendre à travailler, j’ai dû apprendre à me débrouiller. C’est la richesse des pays en voie de développement. Leur savoir est bien plus important que celui qui nous reste ».

 

Système D

 

Les bijoux de Battitta passent tous entre le marteau et l’enclume avant d’obtenir ce galbe noble et cette pureté conférée par la pierre semi-précieusePetit à petit, après avoir écumé les foires artisanales et les marchés de Noël, Battitta est revenu à Mauléon où il s’est sédentarisé. Il a amassé du matériel (bien souvent entièrement bricolé par ses soins, comme cette machine a café qui lui sert de bac d’électrolyse pour le plaquage or, ou encore ce tonneau de polissage fait avec une trappe de visite pour les eaux usées !) et des tas de techniques (comme la soudure à la bougie ou même au bidon d’essence, pratique assez dangereuse s’il en est) dont il n’utilise qu’un vingtième. « Je me suis passionné pour les pierres semi précieuses, et j’en ai acheté beaucoup au cours de mes divers voyages. Au fil du temps, je suis donc passé du bijou simple en laiton au pendentif en céramique, puis à la pierre. La pierre a une histoire, une provenance, une charge émotionnelle importante. Certains croient même à ses vertus médicinales. »

Après les bagues, les bracelets, les colliers et enfin les boucles d’oreilles, dont il a fait sa spécialité. Il n’y a pas de contraintes de tailles et c’est beaucoup plus simple à gérer en terme de stock. « Et puis des boucles, ça s’achète plus facilement. Les femmes en sont assez friandes et se sentent nues sans elles. D’ailleurs, c’est la seule chose que les hommes oublient de leur ôter ! » sourit-il.

 

A l’instinct

C’est dans cette ancienne saboterie que Battitta crée et assemble ses modèlesBattitta fabrique lui même dans son atelier (qui fut autrefois le repaire du dernier des sabotiers de Soule) chacune des pièces qui composent ses bijoux (en laiton plaqué or ou argent, ou en argent massif), et les assemble ensuite. Tous sont ses propres modèles qu’il crée à l’instinct, hors des courants de modes relayés par la presse féminine ou de la typicité basque. Il est constamment en recherche aussi de nouvelles idées de formes et d’assemblages, qu’il teste sur ses clientes.

Et comme il est habile de ses mains, il va même jusqu’à fabriquer ses propres présentoirs qu’il livre en kit à ses dépositaires. On peut trouver ses bijoux* jusqu’en Dordogne ou même en Bretagne, mais au Pays Basque, seuls deux lieux privilégiés en vendent : les ateliers du Moulin à Espelette, et –bien sûr- le magasin des produits régionaux d’Allande Etchart à Mauléon.


* Dans une fourchette de prix entre 20 et 50 euros pour environ une cinquantaine de modèles de boucles d’oreilles.

 

E.H.BOYER

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 09:00

Pas mal de choses ont changé depuis cette interview datant de mai 2007, mais si je la re-publie ici, c'est que c'est une de mes préférées : aussi irréelle que le personnage. J'ai toujours aimé les sujets atypiques.
Je n'ai plus de nouvelles de Marko Emedy depuis qu'il a quitté la Soule, mais je suppose qu'il vit toujours sa vie comme une grande aventure nomade...

 

MAULÉON :  Mark Emedy, comédien au sein de la troupe Tokia théâtre, est aussi auteur de bandes dessinées.

 

Un parcours presque surréaliste

 

Marco-Emedy présente AzpikeriaSa gorissime prestation lors du carnaval de Tardets n’a laissé personne de glace. Marc-Thomas Delizy-Iparraguirre alias Marko Emedy de son nom d’artiste (mais qui signe MDY), cumule deux casquettes : il est l’un des tout nouveaux comédiens recrutés par la troupe Tokia-théâtre, mais il est aussi auteur-dessinateur de bandes dessinées. Sa toute dernière autopublication, Il sera en rencontre dédicace avec sa dernière oeuvre « Azpikeria » sur la place des Allées lors du festival théâtre Mai en scène. Interview d’un artiste globe-trotter atypique :

 

Etienne H. Boyer : Marko, Qui es-tu, d’où viens tu ?

Emedy : Je suis né en 1971 à Brest, dans le Finistère. Mais j’ai appris à marcher à Marseille, et à faire du vélo à Hendaye. Plus tard, je suis parti dans le Jura, au Havre, à Paris, où j’ai acheté mon premier disque de Kiss. A ce propos, j’ai évolué dans un monde de consommation de l’image, à la grande époque des punks, skins, et autres psychobillies. Je suis passé par  Lyon, Bayonne, et ai même vécu en communauté avec mes parents, près de Montfroc, dans la Drôme provençale.

 

EHB : Comment en es-tu arrivé au théâtre, et à l’art en général ?

Emedy : J’ai commencé à dessiner à l’âge de 5 ans. Beaucoup plus tard, j’ai intégré les Beaux Arts à Cergy-Pontoise où j’ai appris « la performance » . Une forme d’art qui donne comme point de départ une idée et une forme, mais dont le rendu est totalement improvisé. Moi, je me suis foutu à poil, pour confronter la nudité à l’identité, et j’ai été viré ! Ce qui tombait à pic, parce que je ne supportais plus Paris… Alors je suis parti à la campagne, à Grenoble, dans un squat d’artistes. C’est là que j’ai découvert Jimmy Hendrix et les Doors. La musique a toujours été très importante pour moi. A cette époque, j’ai été sataniste, puis nihiliste…

J’oubliais de dire qu’entre temps, je suis parti en Inde pendant presque quatre mois pour me confronter avec moi même et rencontrer les Saadus. Ils se sont bien foutus de moi, ces punks religieux, et m’ont même donné des hallucinations ! Mais l’expérience a changé mon mode de vie, et j’ai acquis une espèce de Liberté, une certaine autonomie.

 

MDY-Azpikeria1.jpgEHB : Tu as la bougeotte, on dirait !

Emedy : Oui, et ce n’est pas fini ! J’ai été diplômé des Beaux Arts de Grenoble, alors que la guerre au Rwanda faisait rage. Je suis parti faire ma troisième année à Valencia, en Catalogne sud. J’ai aussi beaucoup squatté en Italie, en Espagne, Hollande, Angleterre, Suisse, Allemagne… Bref, partout en Europe occidentale. Beaucoup plus tard, je suis même allé jusqu’en Turquie en camion, histoire de découvrir l’Europe de l’est. Et puis j’ai eu envie de partir à la recherche de mes racines. Je suis retourné au Pays Basque, à Gernika, pour y apprendre l’Euskara. De mon bout de topinambour, j’ai fait un arbre… C’est très dur, pour un nomade comme moi, de se sédentariser. Du coup, j’ai vécu en camion pendant quatre ans en Labourd. Pendant cette période, j’ai enseigné aux Beaux Arts de Bayonne, et appris les rudiments de l’informatique.

 

EHB : C’est là que tu as créé ta première bande dessinée…

Emedy : En 2000-2001, j’ai appris qu’il y avait un concours de bédé en Navarre, organisé par la ville de Pampelune. Je m’y suis donc installé temporairement afin de pouvoir y participer, et j’ai gagné. « Ameslari Haurra » (le rêveur enfant en basque) est un genre de conte dessiné de 20 pages qui traite du parcours initiatique qui confronte ses rêves à la réalité. Je l’ai auto-éditée à 200 exemplaires aujourd’hui épuisés, et vendue de la main à la main et en dépôt. Elle était en basque, traduite en français, anglais et espagnol. Mais ce premier prix m’a encouragé à continuer dans cette voie. J’ai donc intégré Debrü Art, l’équivalent d’Uztaro en Labourd. Mais l’association s’est arrêtée en 2003. Parallèlement, j’ai été travailleur indépendant pendant 5 ans. Je faisais des illustrations, des arts décoratifs, et toujours de l’enseignement. Mais je ne gagnais pas suffisamment ma vie. J’ai dû recourir au travail salarié.

 

EHB : Puis tu as rencontré Tokia…

MDY-Azpikeria2.jpgEmedy : La troupe m’a contacté car elle cherchait un acteur pour « Kautera ». Comme je suis un Rmiste assidu, j’ai été embauché il y a trois ou quatre mois en tant qu’artiste dramatique en Contrat Avenir… Actuellement, on remonte Debrü Ixila (Sacré Silence en basque), avec Eric Gelos.

 

EHB : Parle-nous de ta nouvelle bande dessinée « Azpikeria » (« anguille sous roche » en basque) ? Quelles sont tes influences ?

Emedy : C’est une bédé en noir et blanc (avec couverture en quadrichromie au toucher velouté), au format 17x25. Je l’ai auto éditée à 200 exemplaires. Plus sérieusement, c’est un peu comme une bédé de gare.  J’ai choisi le noir et blanc pour symboliser le regard impartial et sélectif des gens, un peu comme une empreinte digitale : unique et sectaire… Le fait qu’il n’y ait pas de cases autour des dessins a aussi son importance : c’est pour donner un effet de transpiration des images sur tout le livre, qui donne un écho à la propre vie du lecteur. Le montage et le découpage sont très cinématographiques, avec des travellings, des plans d’ensemble, etc. L’histoire en elle même est conçue un peu comme une structure d’ADN : le fil conducteur de l’intrigue se sépare et se rejoint en plusieurs lieux, autour d’une créature marine mythologique.

Azpikeria est un mélange des genres, entre la bédé européenne, les mangas japonais, et les comics américains. Ce qui m’inspire ? La surconsommation des images…

 

EHB : Où peut-on la trouver ?

Emedy : Elle est au prix de 12 euros. On peut directement me la commander par téléphone (au 06.17.35.12.28), ou par e-mail (markemedy@hotmail.com) , ou tout simplement l’acheter au magasin des produits régionaux chez Allande Etxart, place des Allées à Mauléon. Mais faites vite, car ça part comme des petits pains !

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 09:00

Je vous ai déjà entretenu à plusieurs reprises de ce petit (mais grand) livre et de son auteure il y a un certain temps. "Les Nouveaux hérétiques" est resté un de mes livres de chevet. Je le conseille à tous ceux qui doutent, tous ceux qui veulent des réponses. Cet article est paru en octobre 2007, mais le thème est toujours très actuel.

 

MAULÉON : Mari Otxandi a présenté son second livre « Les nouveau hérétiques », un essai qui veut désacraliser la valeur sociale du travail…

 

Réflexion révolutionnaire sur le travail

 

MariOtxandi-LesNouveauxHeretiques.jpgNageant complètement à contre courant de la mode actuelle, qui veut que les français soient « un peuple qui se lèvent tôt », Mari Otxandi est « au chômage »*, mais elle est pourtant loin d’être oisive. Ce qu’elle prouve haut la main avec son second livre « les nouveaux hérétiques », qu’elle vient de publier aux éditions Gatuzain, et qu’elle est venue présenter samedi dernier au magasin des produits régionaux, à Mauléon. « En réalité, c’est une resucée de mon mémoire de DEA en sociologie du travail, écrit en 2001. Il s’appelait à l’époque « le droit à la paresse » », explique l’auteur. Et pour cause, son livre s’inspire beaucoup du fameux pamphlet éponyme de Paul Lafargue, qui fut –entre autre- le gendre de Karl Marx…

Le texte, globalement assez universitaire et détaché a subit quelques modifications, et Mari lui a ajouté une introduction.

« Les nouveaux hérétiques, ce sont ceux qui, hors du cadre du salariat, mènent des actions (souvent collectives) en faveur de la société, et ce sans gagner d’argent. » explique t-elle. « Par exemple, j’ai des amis qui vivent dans les Cévennes, et qui ont entièrement retapé un village abandonné. Ils vivent du RMI, mais ils y ont recréé la vie et du lien, et c’est entièrement bénévole. » Pour l’auteur, comme pour beaucoup d’autres personnes, le bénévolat, c’est aussi du travail !

 

L’utopie du possible

 

Le but avoué de ce livre ? « Plus que d’y voir un éloge à la fainéantise, j’aimerais que les gens réfléchissent à la thématique du travail sous un autre angle ». Mais c’est une pure coïncidence si « les nouveaux hérétiques » sortent à point nommé, alors que la valeur travail a été mise en avant par tous les candidats à la dernière élection présidentielle !  Au sempiternel « travaillez plus pour gagner plus » que Nicolas Sarkozy a érigé en nouveau credo du progrès social, elle oppose un « ne perdez pas votre vie à la gagner ! ».

Car pour elle, qui est un peu anarchiste, et osons même le dire « révolutionnaire », il est bien là, le fond du problème : s’il n’y avait pas d’argent, les choses seraient bien différentes, et les rapports humains aussi ! Pour autant, « les nouveau hérétiques » ne donne pas de solutions, mais dresse un constat d’actualité, et veut lancer quelques pistes de réflexion. « On dit toujours que c’est une utopie, que de vouloir changer la société. Mais ça se discute… Si ça doit se faire, ça se fera sur le long terme, sur plusieurs générations et de manière responsable.» Et de reprendre cet autre credo situationniste : « Soyons réalistes : demandons l’impossible ! »

Ce petit livre qui se dévore en à peine quelques heures a très vite trouvé son public, et est même en cours de traduction en langue espagnole…

 

E.H.BOYER

 

*Mari Otxandi vit à Saint-Sébastien et va s’installer à son compte en tant que traductrice indépendante. Elle a d’autres projets d’écriture, notamment un recueil de nouvelles, et un livre plus personnel, retraçant l’histoire de ses grands parents.

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 21:00

Comme promis : la suite du dossier au sujet de Marc Lahore, écrit en 2005 dans les colonnes de SudOuest Béarn et Soule, et dans feu Euskobizia. Depuis, Morgan Priest a fait du chemin... Je vous conseille de vous attarder un peu sur son travail. On aime ou on déteste, mais ça ne laisse jamais indifférent!

 

MAULÉON :  Morgan Priest, acteur parisien, campe l'un des personnages emblématiques de « Pirates »

 

JCVD est son idole...

 

Morgan Priest -fan de Jean-Claude Van Damme- a accepté de porter des « fringues vintage » et de se faire tondre pour jouer bénévolement dans le court métrage de Marc Lahore            On l'a vu, Marc Lahore a employé une quarantaine de comédiens et figurants amateurs dans son court métrage. L'un d'entre eux, Morgan Priest, a sa spécificité. Agent de sécurité à Cergy-Pontoise (pour manger), ce beau ténébreux de 25 ans a débarqué cet été en Soule pour jouer l'un des cinq rôles principaux de « Pirates ». « Mon personnage est le premier des sans-abris recruté par Maia », décrit-il. « Il n'est pas très fin, mais assez têtu. Très influençable, il ne retient que les paroles du dernier qui a parlé. Il n'a peur de rien, et est capable de tout, même du pire... Mais au fond, il n'est pas mauvais. C'est juste un simple d'esprit très balèze! » Et des muscles, Morgan en a, lui qui est tombé amoureux du septième art en visionnant Bloodsport, le premier grand film de Jean-Claude Van Damme!

 

Son propre style

 

            « A l'époque, je souffrais d'un déficit d'affection. Grâce à lui, j'ai compris que rien n'était impossible à un esprit réellement déterminé. » Depuis lors, c'était décidé : il ferait du cinéma! Alors il a tout fait pour avoir un physique d'athlète : régimes alimentaires à base de protéines,  entraînements quotidiens... Il s'est mis au Karaté (qu'il pratique depuis 13 ans) et au culturisme. « Attention, je ne veux pas être un second Van Damme », affirme t-il. « J'ai mon propre style. » Outre un besoin impérieux de reconnaissance au travers du cinéma, Morgan caresse un rêve : celui d'enfin rencontrer son idole, et même jouer un rôle à ses côtés dans un grand film! Il se démène corps et âme pour arriver à ses fins : toutes les pistes, même les plus improbables sont bonnes pour le contacter! Il a même créé le site Web français de « l'aware star du action-movie! »

 

Donnez lui sa chance!

 

 Morgan Priest 2005           En Soule, Morgan ne se sent pas particulièrement dépaysé : « je vais souvent à Belle Île en mer pendant mes vacances. C'est aussi beau, aussi vert, avec plein d'animaux sauvages. On se croirait presque dans un décor du Seigneur des anneaux! On y resterait des heures rien qu'à regarder. Rien à voir avec Paris! », conclut t-il... Pour autant, il sait bien que c'est par cette case obligée qu'il doit passer s'il veut percer un jour. Et d'affirmer : « je sais que le monde du cinéma est fait pour moi. C'est assez compliqué de se faire remarquer dans le milieu si l'on n'a pas ses entrées familiales. » Mais Morgan se sent capable de tout jouer. Et il y croit dur comme fer : après tout, Jean-Claude Van Damme est parti de rien, et c'est aujourd'hui une star internationale! C'est sûr, si on lui donne sa chance, à l'instar de son idole, l'on verra un jour Morgan  à chaque coin de rue sur des affiches de 10x4 m. 

 

E.H.BOYER

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 17:44

Voilà un papier que j'ai adoré écrire! D'abord parce que comme un certain nombre de souletins, j'ai figuré dans le court-métrage (je jouais le rôle d'un clochard alcoolique, ça ne s'invente pas...). Ensuite parce que le sujet était franchement passionnant, et sortait vraiment de l'ordinaire (les AG et autres fêtes locales que j'ai trop écumées). Enfin, parce que Marc Lahore est un copain, et surtout parce qu'il a un talent fou! Allez voir sa chaine de vidéos sur son site pour vous en persuader!
Cet article a eu une suite... Je vous la livrerai le prochain coup ;-)

 

MAULÉON : Marc Lahore tourne en Soule « Pirates », un premier court métrage qui risque fort de rester dans les mémoires

 

Marc Lahore passe à l'abordage !

 

            1) Outre la caméra, Marc Lahore a déjà la barbichette et la casquette, comme tout réalisateur qui se respectePassionné de cinéma depuis son plus jeune âge (il est tombé dans le chaudron en 1989 avec Indiana Jones), Marc Lahore -garindinois de 24 ans qui a même été projectionniste au cinéma Maule Baitha alors qu'il passait le bac- se lance enfin dans la réalisation de petits films. Titulaire d'un BTS audiovisuel et monteur de formation, Marc n'en poursuit pas moins des études d'anglais à Paris, où il a rejoint sa compagne Maia Levasseur, étudiante en japonais. Son premier véritable court métrage intitulé « Pirates » a été en partie tourné à la capitale bien sûr, mais aussi à 75% en Soule. « Il comporte des scènes d'actions assez incompatibles avec la vie parisienne. Je n'aurais probablement pas pu avoir toutes les autorisations nécessaires là bas », explique t-il. Et effectivement, comment imaginer -en pleine période de renouveau du plan Vigipirate- une équipe de doux-dingues armés jusqu'aux dents faire une série de hold-ups fictifs en plein Paris? A Mauléon au moins, Marc à obtenu toutes les autorisation de tourner  dont il avait besoin, même les plus improbables : du maire Denis Barbé Labarthe, mais aussi du directeur régional de la caisse d'épargne, qui lui a donné(après moult tractations tout de même...) le feu vert pendant une heure pour filmer son casse du siècle virtuel dans l'agence mauléonaise. Enfin, le gunfight final sera tourné dans la maison de maître de M. de Menditte à Garindein.

 

Une vague de hold-ups

 

2) Une scène de « Pirates » où l'héroïne recrute un sans-abris pour l'aider à mener à bien sa petite révolution contre la société            Mauléon va donc subir jusqu'au début du mois d'Août une vague d'attaques à main armée pour les besoins du film. Ça a d'ailleurs déjà commencé, puisque le magasin Roman Sport de Jean-Bernard Perez, ainsi que le hall de presse de Jean Etchart à Chéraute en ont déjà été les premières victimes. Un long plan séquence de 4 minutes sera tourné dans les jours prochains à la pharmacie Béguerie-Lahargoue, où le casse tournera mal (lire plus loin). Marc a bien fait les choses, distribuant à ses financeurs potentiels des copies de son storyboard* très détaillé, il a réussi à obtenir d'importantes subventions afin de pouvoir concrétiser son projet : Marc a pu toucher 3000 euros du Défi-Jeunes (Ministère de la jeunesse et des sports),la communauté des communes lui en a donné 1000, tandis que la commission syndicale de Soule a aussi mis la main à la poche à hauteur de 500 euros! « J'avais économisé 1000 euros dans l'année, que j'ai ajouté au pactole. Mais 6000 euros, c'est vraiment un budget ridicule pour un court métrage », reprend notre cinéaste. « Nous avons donc eu recours à énormément de système D, et avons eu la nécessité absolue de n'employer que des comédiens bénévoles. » Mis à part les quatre acteurs qu'il a fait venir de Paris pour l'occasion, Marc s'est débrouillé pour faire participer tous ses amis souletins à son projet.

 

 

« Pirates », l'histoire

 

3) Action chez Roman Sport : on ne s'y attend pas tous les jours à devoir affronter des clients aussi exigeants...            Le film raconte les errances d'une jeune femme (Maia Levasseur) qui vient de perdre son travail et l'homme de sa vie. Elle rencontre une bande de zonards et là, tout bascule : elle épanche sa colère, et leur parle de révolution. Elle recrute les plus volontaires d'entre eux, et part dans une croisade antisociale qui consiste en des petits casses crapuleux. Le petit groupe s'amuse bien, jusqu'à la bavure fatale où deux personnes restent sur le carreau. Du coup, la peur au ventre et les poches pleines, ils se réfugient dans un squatt à la campagne pour tout oublier, refaire leur vie. Le décor enchanteur permet à tous (spectateurs y compris) d'attendre un certain état de grâce, de fausse rédemption, et l'on se plaît même à croire que tout va bien finir pour eux. C'est peine perdue, puisque le film se termine en terrible et sanglante fusillade lorsqu'une escouade de la police les déniche enfin et passe à l'attaque en mode furtif. « La ligne narrative est assez mince, et le scénario n'a pas beaucoup d'intérêt », reconnait Marc, « mais je recherchais surtout le coté plastique et dynamique de la chose, en filmant en cadre urbain et rural des évènements réalistes, oniriques, ou surréalistes. L'image en elle même sera en noir et blanc, refilmée puis recadrée afin de lui donner un aspect sale et Rock n'roll, proche de l'expérimental. ».

 

les ficelles du film

 

4) Le storyboard de « Pirates », objet assez inhabituel pour un court métrage, a certainement aidé à trouver des financements            « Pirates » en chiffres, c'est 5 acteurs principaux, 5 rôles secondaires, une trentaine de figurants, 600 plans, et trente séquences. Filmé à l'aide d'une simple caméra DV grand public, le film (quasiment muet, avec un doublage sonore indépendant entièrement réalisé à la guitare) sera monté « à la maison ». Le doublage sonore et la musique (composés par Romain Larregain, guitariste de Worms et Carnage, entre autres) seront ajoutés une fois cette étape terminée. Le résultat final -raisonnablement attendu pour Octobre- sera projeté lors de divers festivals, mais une séance spéciale pourra éventuellement être prévue au cinéma Maule Baitha, pour tous les souletins qui l'auront bien mérité, après tant d'émotions! Marc Lahore a d'autres projets en vue, et non des moindres. Il a d'ores et déjà pris contact avec Mézières et Christin, auteurs de bande dessinée afin de tourner un documentaire sur leurs célèbres personnages « Valérian et Laureline, agents spaciotemporels ». Ensuite, ce fan de « clones » ou « d'androïdes » tournera un prochain court métrage purement expérimental dont l'univers narratif pourrait bien être la science fiction.

 

(*) Storyboard : livret contenant les découpage des plans et scènes sous forme de dessins et de paragraphes explicatifs.

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 09:00

Décembre 2001. Deux mois plus tôt, je prenais le poste de Correspondant Local de Presse laissé vacant par mon pote Gille Choury, temporairement parti vers d'autres horizons. Ce portrait décalé de mon dentiste (qui est devenu un ami, ce qui est assez paradoxal) est l'un de mes tout premiers articles de fond. Déjà, ça tournait autour de la musique, l'un de mes sujets de prédilection (de l'époque).
 

 

MAULÉON :

 

Les dents du rock

 

Il arrive parfois qu'on soit surpris lorsqu'on découvre les gens sous un autre angle. Jean-Pierre Honoré est dentiste, mais c'est un rocker avant tout

 

          Jean-Pierre Honoré : dentiste, et batteur (Photo E.H.Boyer)Nul ne pourrait soupçonner la passion dévorante de ce grand homme moustachu à la crinière immaculée lorsqu'on le croise dans la rue, promenant son chien. Père de famille, il semble bien sous tous rapports et parfaitement rangé. Tout au plus a t-on entendu dire qu'il exerce la profession de chirurgien-dentiste. Et pourtant, Jean-Pierre Honoré -qui n'arbore sa mythique boucle d'oreille qu'au moment des week-ends, et en dehors des obligations de son cabinet- a un parcours particulièrement atypique.

Outre la tristement célèbre roulette, les couronnes et autres anesthésies, Jean-Pierre a plusieurs violons d'Ingres. Et ce n'est pas de violon qu'il est question justement, mais plutôt d'un instrument qui, s'il est au moins aussi compliqué à maitriser, n'en n'est pas moins assez bruyant : il s'est choisi la batterie comme défouloir!

"Quand j'étais jeune, j'ai fait l'école de musique, mais c'était mon cauchemar. A l'âge de 16 ans, j'ai redécouvert la musique avec le rock de Chuck Berry et son éternel Johnny B. Goode. Mon premier album acheté c'était "Shhhh" des Ten Years after", se souvient-il. "Ça a été la révélation!" Mais c'est aussi l'âge auquel il a passé son bac, deux ans en avance donc. "J'ai commençé par des tout petits groupes composés de copains de lycée, et au chant tout d'abord. Mais comme notre batteur n'était jamais là aux répétitions et que je chantais comme une casserole, je suis passé derrière les fûts. J'ai repris les cours avec des professeurs de musique, et puis après, ça c'est enchaîné." Tout ça en entamant des études de médecine à Bordeaux qui l'ont mené sept ans plus tard à la spécialisation que l'on sait.

"On répétait 20 heures par semaines. Il n'y a que comme ça que ça fonctionne. Le talent et l'envie sont les points de départ essentiels, mais ensuite il faut travailler sans relâche si l'on veut espérer percer un jour... Il n'y a pas de mystère, surtout en musique", conseille t-il avec le sourire. Par la suite, il a joué dans plusieurs groupes énervés comme "Phallus Dei", "Rictus" ou encore "Strychnine", accompagnant parfois en première partie de concert des artistes qui ont laissé leur empreinte dans l'histoire du Rock, dont Téléphone.

De fil en aiguille, de groupes en groupes, de piges pour Sheila en passant par un "trip" peinture, Jean-Pierre a traversé toutes les mouvances du rock n'roll avec une certaine préférence pour les groupes punks coriaces comme les Stooges, ou encore les maîtres du hard-rock psychédélique et expérimental que sont les Blue Oyster Cult ou encore les planants Pink Floyd.

 

Dentiste à mi-temps

 

           Jean-Pierre Honoré, légende méconnue du Rock (Photo E.H.Boyer)Ensuite, pour des raisons que l'on qualifiera de familiales, il a laissé tomber la musique pendant cinq années où il s'est consacré à plein temps à sa profession, en alternance avec quelques errances à l'étranger.

En avril 1984, la vie a fini par le ramener à ses sources, Le Rock n'roll.

Comme il avait gardé des contacts dans le milieu musical bayonnais, il s'est remis à travailler à mi-temps et a repris ses activités de musicien-batteur au sein d'un groupe qui a connu -l'espace d'un instantané- les affres d'un début de célèbrité malheureusement avorté dans l'oeuf. "Nous nous sommes donnés le nom de "Soul Clichés" et nous étions en formation trio : un guitariste, un bassiste, et moi", se souvient Jean-Pierre avec un brin de fierté empreint de nostalgie. "On a répété pendant quinze jours. En suivant, on est allé participer à un tremplin Rock à Bayonne avec entre autre les hardeux de Killers -qui avaient gagné sur vote du public et qui existent encore sous un autre line-up- et un excellent groupe de New-wave montois du nom d'Emma Bovary qui a fini comme beaucoup de groupes : le nez dans la farine... Beaucoup de guitaristes ont voulu imiter Keith Richards, mais lui, il est encore vivant!" Jean-Pierre a donc participé à pas mal de festivals Rock, accompagnant parfois sur la route des grands du genre comme Itoiz, ou encore Rory Gallagher... Jusqu'à ce fameux tremplin palois au milieu des années 80 qui a révélé le rock engagé des Soul Clichés aux yeux des journalistes spécialisés présents. "On a pu grâce à ce succès d'estime enregistrer un mini album "ep" dans un grand studio landais, et puis nous sommes passés à la télé, et avons fait un clip vidéo... On devait même enregistrer un album chez Virgin, et à ce moment là, sans que j'aie compris pourquoi, le groupe s'est séparé."

Et si le guitariste s'est accroché à sa destinée en fondant le groupe pop "William Pears", Jean-Pierre a tout simplement arrêté pour se consacrer à sa famille et à son métier originel : "too old to rock, too young to die"*, comme disait le leader des Jethro Tull. Mais quelquepart, dans l'une des pièces de sa maison, sa batterie professionnelle l'attend toujours. Et peut-être que s'il trouvait d'autres gens dans son cas, âmes musiciennes esseulées, peut-être qu'alors la folie de la scène le reprendrait, histoire de rejouer les grands classiques et s'assurer que le loup n'est pas mort.

 

Coeur de vinyle

 

           la grande époque des Soul Clichés (Archives JP Honoré)A partir des années 70, Jean-Pierre a commencé à collectionner les disques. Et il en a amassé des vinyles collectors originaux importés des USA ou du Royaume Uni! Ces somptueux albums, véritables oeuvres d'art à part entière avec leurs pochettes originales bigarrées, font la fierté de son impressionante collection. Un trésor pour les afficionados! Tout ce qui a un jour fait du Rock doit se trouver quelquepart dans sa discothèque. Quelques Jimmi Hendrix par-ci, un The Rust par là, à coté d'un tiercé des Ramones, sans oublier l'intégrale de Neil Young, "Et encore, on m'en a piqué quelques-uns lors d'un déménagement!" se souvient-il, dégoûté. Si la plupart des jeunes d'aujourd'hui sont perdus dès que l'on évoque la musique des années 70 à 80, Jean-Pierre lui, a su rester au jus sur l'actualité : "Je suis les nouveautés par la presse spécialisée et les amis. J'écoute du Radiohead, Noir désir, Metallica ou encore Zebda par exemple".

Et de rager sur la soi-disant longévité des nouveaux supports audios : "Aujourd'hui, j'achète des CD, comme tout le monde, mais je reste persuadé que la qualité des vinyles est bien supérieure à celle de ces galettes en polycarbonates qui ne supportent pas une seule variation de température. On peut toujours rafistoler le sillon d'un 33 tours rayé avec une aiguille et une loupe, tandis qu'avec un CD, une fois qu'il est abîmé c'est sans espoir : on peut le jeter à la poubelle!" 

 

          E.H.BOYER

 

*Trop vieux pour le rock, trop jeune pour mourir...

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 16:19

Encore un de mes articles préférés (réalisé en avril 2006), au sujet d'un souletin très attachant et talentueux qui suit tranquillement son petit bonhomme de chemin, sans prétention ni faire de vagues. J'ai pris un grand plaisir à le passer à la question, tout en le regardant accomplir quelques-uns de ses chefs d'oeuvres qui méritaient bien d'être (re)montrés au grand jour! Suite à un planté de disque dur, j'avais carrément perdu le texte. Je me suis amusé à tout le retaper ce dimanche après-midi pluvieux. Coup de bol, j'ai retrouvé les photos dans les archives d'Euskobizia... 

 

OSSAS – Peio Vicondoa inonde la Soule de ses pièces d’échecs sculptées dans des manches à balais ! Portrait :

 

Une petite trace pour l’éternité

 

Peio Vicondoa s’adonne à son passe-temps favori dans le bar de Jean-Pierre Aguergaray, pour qui il a d’ailleurs fabriqué un jeu d’échecs complet. Fils du bûcheron Koxe Vicondoa, recordman mondial de coupe à la hache suspendu la tête en bas, Peio Vicondoa a de qui tenir en matière d’excentricité ! La marotte de ce charpentier menuisier de 34 ans, c’est de sculpter des pièces de jeu d’échecs dans des manches à balais. En dehors de son travail, cette passion constitue l’occupation de ses journées, un peu comme nos grand-mères et leurs tricots.

Ça lui est venu  en 1991, alors qu’il était « au trou », pendant son service militaire : « On m’avait enlevé les lacets de mes Rangers, mais j’avais pu cacher un canif dans ma semelle. Je m’ennuyais sec dans ma cellule, alors je me disais que je serais le plus heureux des hommes si je pouvais avoir ne serait-ce qu’une allumette à tailler. C’est comme ça que m’est venue l’idée : les balais, c’était pas ce qui manquait à l’armée ! » Bref : un bois blanc facile à travailler. Aussi loin qu’il se souvienne, c’est par des pions d’échecs qu’il a commencé. D’abord par des figurines classiques, puis de plus en plus complexes, détaillées et personnalisées. Il a même fini par faire des dessins avant de tester ses nouvelles idées. « Je me suis servi de mes discussions avec les gens –en particulier avec Jean-Pierre Aguergaray- pour réaliser et faire évoluer ces modèles. Il me faut environ une journée pour faire une pièce. J’en fais avec des croix basques, mais aussi sur le thème breton ou occitan, ou encore les sports, comme la pelote ».

 

Les choses en grand

 

Avec son père Koxe Vicondoa, aiskolari recordman, il voit les choses en grand et à la tronçonneuse !Point n’est besoin d’outillage spécifique et compliqué pour arriver à ses fins : un simple canif, un bout de scie à métaux, beaucoup de patience et de minutie, et le tour est joué ! « Au départ, je me coupe un bout de balais de la taille d’un pouce environ. Puis, à la pointe du couteau, j’y applique de petites encoches qui me servent de marquage. Je dégage grossièrement les formes de la pièce, et je dessine au stylo à même le bois les parties les plus ciselées (croix, crâne, cheval, etc.). Ensuite, je gratte les dernières aspérités, mais pas trop : il faut que la pièce finale garde un aspect rustique, naturel et fait à la main ! »

Son travail saisissant a déjà inspiré quelques souletins, dont son père Koxe, avec qui il reproduit ses modèles en grande taille et à la tronçonneuse. « C’est du brut de brut, on fait ça à l’arrache, mais c’est assez joli à voir », s’amuse t-il. La sculptrice Odile Lascaray s’est elle aussi servie de ses figurines pour la base de son spectacle, en mettant en scène des pièces d’échecs en bas-flancs. « Je n’ai pas de copyright, et je n’ai pas l’intention d’en faire commerce ! Pour ça, il me faudrait faire du stock, et comme je donne tout ce que je fais une fois terminé… » S’il est flatté, Peio est tout de même conscient que –comme son père qui collectionne les records- semer ses petites œuvres d’art à travers la Soule, c’est sa façon à lui de laisser sa trace dans le monde, et d’accéder ainsi à l’immortalité.

 

Etienne H. Boyer

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 21:18

En 2002, je rencontrais Pierre Daguerre chez Niko Etxart. Le personnage m'a plu, et je me suis juré d'aller le déloger dans son antre. En décembre de la même année, Pierre m'invitait à découvrir le trésor qu'il garde précieusement dans sa maison tardésienne. Il y a aussi des gens comme ça, en Soule!
Comme c'est un de mes sujets préférés (de tout temps), je me suis dit que je ne pouvais pas le laisser pourrir dans mon disque dur externe ad vitam aeternam. Sur le web, il accèdera à l'immortalité. D'autres vieilleries du glorieux temps de Sud-Ouest suivront.

 

TARDETS


Mélomane. Logique : le souletin Pierre Daguerre ne vit que par -et pour- la Soul-Music

 

Pour l’amour des musiques noires

              Pierre-Daguerre.jpg Jamais l’on ne pourrait imaginer qu’un être aussi décalé que Pierre Daguerre puisse vivre en Haute-Soule.  Et pourtant, ce "Soulitaire" -comme il se plait à se nommer- a préféré sa maison tardésienne natale pour assouvir sa passion dévorante pour la musique noire, plutôt que la grisaille parisienne. A presque 50 ans, ce petit homme souriant -cheveux au vent et éternelle cigarette au bec- ne vit que pour la Soul-Music depuis près de 40 années. Tout petit déjà, il prenait ses bonnes pour des juke-boxes, et chantait avec elles à longueur de journée. Car pour lui, le plus beau des instruments restera la voix. Puis, en 68, alors qu’il usait ses fonds de culottes au collège Saint-François à Mauléon, il était déjà fasciné par les disques. "Ce sont très certainement les curés –qui n’appréciaient pas ma crinière- qui m’ont inculqué le sens du rythme à coup de pieds dans le derrière ! Le seul qui avait le droit d’avoir les cheveux longs à l’époque, c’était Jésus Christ ! C’étaient vraiment mes années noires", ironise t-il.  Car alors que tous ces camarades se pâmaient devant les Beatles, (mais aussi Deep Purple, Jimmy Hendrix ou les Stones), Pierre –qu’ils surnommaient crânement "le négrophile"- avait commencé à collectionner des vinyles, jetant son dévolu sur James Brown, Ottis Redding, Aretha Franklin ou Percy Sledge.

 

Des vinyles comme s’il en pleuvait

               "Après le collège, j’ai fait des études de droit à l’université de Pau. Avec l’argent que mes parents me donnaient pour manger, j’achetais d’autres disques", sourit-il, malicieux. Travaillant par la suite dans diverses usines locales, il dépensait une grande partie de ses salaires en galettes musicales. Et sa fringale de musique et de disques ne s’est jamais arrêtée, à tel point qu’on peut aujourd’hui évoquer une collection de plusieurs dizaines de milliers de 33 tours et de CD. Si la majorité de ce trésor est conservé bien à l’abris dans différentes salles à température idéale, et sous blister protecteur, la maison en est par ailleurs truffée. Il n’est pas une pièce de cette immense demeure qui n’abrite quelque part –au fond des tiroirs, sous les lits…- un objet ayant un rapport avec la musique ! Une passion qui frise presque l’obsession ! En 1977, il a même crée "Osiris-disques", sa propre société d’importation et de vente de disques en gros qui rayonnait sur toute la France. Faisant venir quasi-exclusivement ses rondelles des États Unis il a su faire tenir son entreprise une quinzaine d’années. "Il y a eu beaucoup plus de bas que de haut", se souvient-il. "Le disque était un objet de luxe, et j’ai commis l’erreur de vouloir être le moins cher en France ! Mon désir aurait été de vendre ce que j’aimais, mais il n’y avait pas assez de clientèle, et j’ai été contraint de vendre du rock, et de la country !"Un crime de lèse-majesté pour ce puriste !

 

Meilleur promoteur de la Soul

              Pierre-Daguerre--2-.jpg Mais être mélomane n’était pas l’unique destinée de Pierre Daguerre : il lui fallait faire plus encore pour sa musique de prédilection. "J’ai commencé à écrire des articles dès l’âge de 17 ans pour la revue Soulbag, spécialisée en  Soul, Gospel et Blues. J’y collabore encore. J’ai été chroniqueur et discographe pour Jazz Hot et Rock n’Folk avec mon ami et mentor Kurt Mohr, qui a interviewé tous les artistes noirs américains qui passaient par Paris, de Louis Armstrong à Mickaël Jackson !" Pierre a lui même interviewé Percy Sledge ou encore BB King. En 1980, il fut producteur chez Musidisc-Europe près de Paris, et assume depuis 10 ans le poste de consultant pour EMI à Los Angeles, la plus grosse firme de disques du monde. Résultat, l’homme a à son actif des tonnes de discographies extrêmement complètes, des compilations, des textes de pochettes, plusieurs traductions de biographies, et la consécration : le prix du meilleur promoteur de la Soul-Music qu’il obtint en 96, lors du célèbre festival de Soul italien de Porretta. Plus local, il fut contacté en 1982 par l’association Uhaitza lors de la création de Radio Soule, (l’actuelle Xiberoko Botza) où il officia bénévolement en tant qu’animateur pendant près d’un an. "Je n’ai jamais passé deux fois un seul même morceau de musique dans mes émissions. C’est un tort, car je n’ai pas réussi à fidéliser mon auditoire", assume t-il. Une expérience qu’il a pu renouveler sur d’autres antennes. Qui sait, peut être un jour aurons-nous la joie de pouvoir à nouveau partager avec lui sur les ondes souletines cette Soul-Music qui le dévore.

 

E.H.BOYER

 

Photos : Pierre Daguerre : "Même dans la misère la plus noire, je préfèrerais vendre mes organes plutôt que mes disques. Lorsque je ne serais plus, ma collection ira dans un musée." (Photos E.H.Boyer)

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 13:54

Un article que j'avais écrit en octobre 2004 sur Euskobizia (qui va fermer dans quelques jours), sous le pseudonyme Batxugaitz.

A l'heure où la Loi Hadopi vient d'être adoptée, il est plus que jamais d'actualité, même si les mesures (en terme d'amendes) sont beaucoup plus réalistes que celles pratiquées à l'époque ! En témoigne ce billet publié dans numérama, qui, non content d'expliquer par A+B que le P2P ne mourra jamais, et que la fumeuse Loi sera de toute façon contournée, montre une fois de plus que le terme "piratage" est toujours aussi galvaudé...

Car enfin : peut-on mettre sur un pied d'égalité une personne qui télécharge des films et les mets en partage, et un gang de truands qui enlèvent et séquestrent des gens contre une rançon?

 

Véritables pirates du Web ou simples utilisateurs qui profitent du système sans penser à mal ?

La punition ne fait pas de distinction !

 

Dès que les journaux commencent à parler d’un sujet qui fâche, c’est la panique : la guerre en Irak, le SRAS, la rage... C’est aujourd’hui au tour du Peer 2 Peer (réseaux d’échange de fichiers informatiques entre particuliers) de faire les choux gras des médias et d’alimenter la sacro-sainte peur de la foudre divine. Sur le modèle -pas toujours reluisant- des Etats Unis d’Amérique, ça procédure à droite et à gauche, ça juge à tout va, ça saisit des disques durs à tire-larigot, et ça parle d’accords entre FAI (Fournisseurs d’Accès Internet) et ayant droits pour coincer les pirates... Encore faudrait-il dissocier ceux qui font commerce éhonté de ceux qui se constituent "innocemment" une bibliothèque personnelle à moindre frais ! Bref, la nouvelle psychose en France, c’est de se faire pincer en train de télécharger des divx, ou des mp3 gratuits. C’est que la punition réservée aux "délinquants informatiques" est somme toute assez élevée. Seulement voilà...

Le piratage ne date pas d’hier

Dans les années 80, sont apparues les radios libres, qui diffusaient à longueur de journée les tubes de notre jeunesse. Qui n’a jamais enregistré sur cassettes audio ces milliers de chansons pour pouvoir se les repasser ad vitam aeternam sur son autoradio, infligeant par là même une sévère déculottée au marché mourant du 45 tour ? Et ne parlons pas de la télévision publique ! Qui n’a jamais enregistré une énième rediffusion de la Soupe aux choux, ou des Bronzés sur une vidéo cassette, histoire d’en apprendre les dialogues par cœur et de briller en société ? Ce phénomène, quoi que connu de tous (même de l’industrie du disque) n’a pour autant jamais entraîné de poursuites judiciaires ! Malgré tout, si l’on observe bien la mécanique, il s’agit aussi d’une forme de piratage. Sauf qu’aujourd’hui, les enregistrements proviennent de véritables réseaux d’échanges organisés. Ce qui fait dire aux lobbies de la musique et du cinéma que le marché subit une perte sèche assez conséquente à cause de cette « piraterie » (SIC !), le tout au détriment des artistes (célèbres s’entend, puisque l’on trouve rarement les oeuvres d’artistes underground en téléchargement "illégal" sur Internet). Artistes qui sont loin d’être malheureux, si l’on en croit leurs déclarations des revenus en 2004... Mais que l’on se rassure, le P2P n’empêche en rien ces fameux pirates de finir bien souvent par acheter le produit du commerce, même s’ils l’ont déjà téléchargé auparavant. Car pour certains collectionneurs, rien ne remplace le plaisir de possession du produit fini.


Paradoxalement, le lecteur DVD compatible DivX et XviD est bien moins cher que le lecteur de DVD basique. Quant au graveur de DVD, le géant SONY (qui est aussi une maison de disque de type "Major", tout comme Warner ou Universal) le fabrique en série sans sourciller...

La mauvaise foi de l’état n’est plus à prouver

Mais je persiste. Si l’on n’a rien dit pour les cassettes audios et vidéo, pour quelles raisons les copies sur CD seraient-elles plus illégales ? Surtout à l’heure où les fabricants d’électronique rivalisent d’ingéniosité lorsqu’il s’agit de concevoir des réseaux informatiques plus rapides, de créer le tout dernier lecteur mp3 portable, les graveurs de DVD, et autres machines à tricher (avec la bénédiction des maisons de disques, souvent partie prenante, soit dit en passant...) ! Il ne faut pas oublier non plus les petits clandestins de l’informatique qui eux, ne perdent jamais de temps à trouver la brèche qui corrompra le système. Finalement, cette polémique du P2P n’est qu’une nouvelle hypocrisie cautionnée par l’état (et raccoleusement relayée par la presse), au même titre que la vente de tabac ou d’alcool aux mineurs, les radars fixes, le trou de la sécu, les insignes religieux à l’école, la légalisation du cannabis, l’interdiction du mariage homosexuel, ou le procès Juppé.

Deux poids deux mesures

Tiens, puisque j’aborde malicieusement la politique, laissez-moi vous conter cette histoire que j’ai fortuitement lue dans le journal Le Monde N°18357 de début février 2004. Souvenez-vous : C’était le bon temps où l’ancien premier ministre Alain Juppé avait été reconnu coupable de "prise illégale d’intérêt" dans le dossier des emplois fictifs du RPR. Cette fraude se serait élevée à 2,4 millions d’euros... En punition, Alain Juppé avait été condamné -entre autres- à 14 mois de prison avec sursis. Rappelons que ce verdict jugé trop sévère avait fait un tollé auprès des huiles et des militants UMP qui avaient alors monté une campagne de soutien. Le président Jacques Chirac avait même été jusqu’à intervenir à la télévision à ce sujet ! Parallèlement, un autre article dans la même édition racontait la mésaventure d’un internaute, Bruno Dugas, (38 ans, veuf et père de trois enfants) condamné à six mois de prison ferme (et à verser 1000 euros de dommages et intérêts à la société civile des producteurs de phonogrammes indépendants en France - SPPF) pour vente illicite de CD obtenus par le biais de MP3 téléchargés illégalement. Le montant de son « escroquerie » s’élevait seulement à 5511 euros. Finalement, peut-être notre corsaire du Net aurait-il mieux fait d’aller voler des CD aux étalages des magasins, où le risque d’une punition déraisonnable est infime... M. Dugas a été jugé « pour l’exemple », et cela démontre encore une fois que la société bien pensante sait où sont situés ses intérêts et ses amis, et n’hésite pas à faire deux poids deux mesures en matière de justice... Mais ceci est une autre histoire !

Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article
29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 21:03
Cela faisait un bail que je n'avais pas écrit un article journalistique sur un sujet polémique. Un de ces articles d'investigation bien long, qui demande des heures de boulot d'enquête (au péril de ma seconde vie!!!), des confrontations d'opinions, des tonnes de photos choc (je vous en fait grâce, j'ai trop la flemme de les retailler pour ce blog), etc. Je n'étais pas certain d'être capable d'en refaire un, un jour.
En effet, faire du journalisme, c'est comme faire un sport à haut niveau : le manque d'exercice peut vite devenir fatal, et tuer toute velléité de s'y remettre dans l'oeuf.
Bon, je vais pas me la jouer "je pète plus haut que j'ai le cul fait" plus longtemps, mais je trouve le rendu (ici et ci-dessous) pas trop mal...
Je dis ce qu'il y a à dire sans trop me mouiller. Z'en pensez quoi, vous?  


Nouveaux tarifs Linden : la résistance s’organise…

Contestations et manifestations après l’annonce faite sur le blog officiel de Linden Lab, d’augmenter les tarifs des LowSIMs. Une “journée sans Second Life” est même annoncée le 31 octobre, afin de contrer l’éditeur du jeu, accusé d’appliquer une logique marketing néolibérale…

Alors que la crise financière mondiale fait toujours rage, que la bourse se mord la queue, Linden Lab annonce dans son blog officiel une augmentation des honoraires des openspaces de 66%, ces « îles light » destinées théoriquement à n’héberger que des mers, ou de petites îles non habitées… Selon l’éditeur de Second Life, l’engouement pour ses SIMs a été tel, et leurs utilisations à tel point détournées de leur but initial par certains résidents, que cela génère de gros soucis d’ordre technique (comme le « lag », par exemple). Et ce serait essentiellement à des fins d’améliorations de service que la société californienne, leader dans son domaine, aurait l’intention d’augmenter ses tarifs dès janvier prochain.
Une décision unilatérale loin de faire l’unanimité, même chez les entreprises clientes, et qui en tout état de cause ne semble pas être du goût des résidents (toutes nationalités confondues), qui, depuis que la nouvelle est tombée (à quelques heures d’Halloween, « la fête des morts »…), ont pris d’assaut la SIM Linden Estate Service 128/128/38, organisent les représailles, et manifestent leur mécontentement par diverses actions graphiques (drapeaux explicites, jets de particules, Pinocchios géants, Tee-shirts, flood…) qu’on n’avait plus vues depuis les élections présidentielles françaises, en 2007 !
A l’heure ou nous rédigeons ces lignes, des rencontres organisées par le collectif SOS (monté pour la circonstance) ont eu lieu un peu partout sur SL. Mais on rapporte déjà que des avatars manifestants auraient été définitivement supprimés pour cause d’atteinte à l’ordre public, qui constituent une « violation des Terms of Service ».

Le temps des représailles

La communauté des blogueurs SL n’est pas tendre non plus (lire ici, ici, et là, par exemple), avec ces nouvelles mesures, en incitant notamment au boycott de Second Life jusqu’au 31 octobre, à ne pas acheter de Linden Dollars pendant une semaine, ou carrément à quitter Second life pour venir s’installer sur des grids OpenSim (comme OpenLife grid, où il y aurait déjà eu 800 inscriptions depuis l’annonce, paraît-il !). Le but étant bien entendu de marquer sensiblement un impact sur les statistiques de Linden Lab.
« Les statistiques, c’est le seul langage qu’ils comprennent », explique Netpat Igaly, propriétaire des 25 îles du continent Admicile 128/128/28, et dont 20 d’entre elles sont des openspaces. Pour lui, cette augmentation est synonyme de catastrophe : « Cela va nécessairement entraîner la destruction de tout ce qui n’est pas “rentable” et empêcher tout projet créatif à but non lucratif : adieu la librairie, les musées et galeries, les accueils ; exit les bacs à sables, les zones à freebies, les espaces créateurs… » Pour Netpat, il est évident que Linden Lab ne pouvait pas être naïf au point de penser que ces LowSIMs resteraient des mers ou des îles jonction non-peuplées entre les continents.
Mais la décision touche aussi les petites entreprises virtuelles qui fleurissent dans Second Life, et qui se disent d’ores et déjà en situation précaire face à la crise.

La fin des haricots pour les créatifs ?

Takumi Heberle ne possède qu’une seule SIM openspace (AphRomu Paradise 73/74/22), sur laquelle elle a implanté sa boutique de hair-design. Elle était elle aussi parmi les manifestants : « Je suis verte ! Déjà que le commerce ne marche pas trop bien ces temps-ci, alors si en plus ils augmentent les “fees”, ça va causer notre perte ! Avant la crise, j’en vivais assez bien. J’ai eu des mois à 500 euros de gains, -quand même- auxquels il fallait invariablement déduire 80 euros de loyer. Mais là, avec la crise, et l’augmentation à 125 euros, ce ne sera plus jouable ! Avec ces tarifs je vais sûrement être obligée d’augmenter mes locations. Ce qui est dommage car ici il y a beaucoup de jeune créateur pas très riches, et si sa devient trop cher, ils ne resteront pas. Et donc cet endroit n’aura plus lieu d’exister.» En gros, si Linden Lab ne peut pas être taxée de « responsable de la crise », la société est néanmoins accusée d’y contribuer, ou du moins de l’injecter dans Second Life…
Pour Marc Moana, du collectif artistique Aire, si les activités sont différentes, la finalité est la même : « ça fait un moment qu’ils nous prennent pour des vaches à lait, et appliquent une logique néolibérale de “profit à tout prix”. Je crois que ce coup-ci, ils ont oublié que ce sont les résidents qui font SL ! ».
De son côté, Merlin Tilling est un particulier qui veut offrir du rêve sur ses parcs d’attraction. Il ne tient pas à répercuter ce surcoût à ses résidents, pour lesquels il vient de faire l’effort d’investir en lowSIMs. « Je ne suis pas là pour faire du fric, mais pour jouer ! Et Linden vient de changer les règles ! »

Exit les tarifs « SIMs éducatives »…

Même combat pour les SIMs qui bénéficient actuellement de tarifs éducatifs âprement négociés. Sur Arcachon 210/224/25, par exemple, le mécontentement est très palpable… Les drapeaux et les Pinocchios géants ont poussé un peu partout. Nocsorg Razor, qui fait partie du groupe en touche quelques mots : « Comme tout le monde on ne sait pas si on va pouvoir continuer, car on est sans subvention, et c’est dommage de gâcher autant de travail. Surtout que Linden Lab ne fait que ramasser après ! Ce sont les gens qui créent et qui font avancer tout ça. C’est vraiment idiot de nous tomber dessus par derrière, après nous avoir fait une ristourne ! Tout ce qu’ils vont gagner, c’est qu’on va aller sur Opensim, qui se monte et évolue bien… »
A Tahiti, sur France Paradise 126/108/102, Leroy Noël, qui n’a pas monté de commerce et qui souhaite favoriser l’entraide qualifie la méthode de Linden Lab de plutôt maladroite : « Les openspaces devraient avoir une utilisation plutôt esthétique que business. Disons que c’est plus facile de s’acheter une île light lorsqu’on veut faire un truc sympa, artistique, culturel ou social. Mais là, c’est devenu du gros business de vente, de location et de sous location. Je pense que c’est pour ça que Linden a voulu faire le nettoyage. Malheureusement, là, ce sont tous ceux qui ont des projets créatifs qui vont en pâtir ! »
Bref, il est encore trop tôt pour pouvoir dire où cela va mener, mais il semble que les résidents SL n’aient pas l’intention de laisser passer l’affaire, et se sont même entendus pour mener une action boycott d’envergure le 31 octobre… A suivre ?

EHB
Repost 0
Published by E.H.BOYER - dans PRESSE ECRITE
commenter cet article

Mes liens

Persos :

Etienne H. Boyer

Mon Flickr

Mon Dailymotion

Mon Facebook


Immersive Lab

Immersive Lab

E-commerçons

David Castéra

Pette Etcheverry

Richard Malterre

J-Pierre Etchegoyhen

 

CLP :

la vie rennaise (Blog de Manon)

Asso interdépartementale des CLP

Glossaire journalistique

Obtenir la carte de presse

Le droit et l'image

CLP : ce qu'en dit l'URSSAF

PresseNews

le site de GBR

Categorynet

Le site d'Estelle, écrivain public et CLP

Le BloG de Sharon

Le BloG de Flo

Le BLoG de Cadichon001

Le BloG d'un autre CLP énervé

Le BLoG de J-L. Modat

 

Écrire :

Dictionnaire

Encyclopédie libre

Synonymes

Conjugueur

Grammaire

Locutions

Proverbes

Traducteur universel

Ponctuation!!!

Retourne au CM1!

 

Pays Basque/Béarn :

Les éditions Le Grand Chardon - Atobelarra

Paroles d'écolos
Le forum du SAM

Pirenifoto

Barnekaldedik

La Communauté de communes Xiberoa

Karaté Mauléon

Le BLoG de Bil Xokoa

Ekhi Electronic

Langues au chat

Mairie de Mauléon-Soule

Commune d'Ordiarp

Radio Xiberoko Botza

 

Mes potes :

Le BloG de LaureG

L'autre BloG de LaureG

Le BLoG de Cyclotor

Le BLoG de Maaatch

Le BLoG de "monsieur"

Le BLoG de Laurent Caudine

PireniFoto BloG

Pruneau cuit, pruneau cru...

 

J'en suis fan :

Le BloG de Laurel

le site de Peggy Cardoso

le site de Peio Serbielle

Les "pensements" de Laurent Caudine

Le site de Marc Large

Xan de L'ours

Dessins de presse de Large

Sigrid Daune, aka Willow Ahn

Matthew Tyas

 

L'info, la vraie :

Rue89

AgoraVox

Médiapart

la Mèche

France Info

 

Ecolos :

Covoiturage 64

Collectif Anti-OGM du Pays Basque

Réduire nos déchets

La cuisine Amapienne!